04/06/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (123/140) : VILLERS-SUR-SEMOIS (Belgique) : Que de Villers !

 

Endroits et histoires magiques

 3.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Outre l’église Saint-Martin classée (voir ci-dessous), une ancienne halte ferroviaire, la particularité de ce village réside dans l’homonymie (même forme graphique ou phonique qu’un autre, mais qui en diffère par le sens) de son nom. J’ai compté ! Il y en a une trentaine en Belgique (Villers-le-Temple, Les Bons Villers, Villers-devant-Orval, Villers-la-Ville dans le Brabant wallon, qui existe aussi en France en Haute-Saône…) et cent vingt-trois en France (Villers-Bocage, Villers-devant-Mézières, Villers-en-Ouche, et quatre Villers-le-Sec : dans l’Aisne, la Marne, la Meuse et la Haute-Saône…)

Villers est aussi un patronyme (nom de famille) assez répandu.

Mais, d’où provient ce nom ?

Il vient du gallo-romain « villare », dérivant de « villa » ou grand domaine rural.

 

Les rats et sainte Gertrude

 

Le Cercle Médiéval est une très intéressante source de légendes et celle concernant une invasion de rats ardennais fait référence à Villers-sur-Semois.

Au XIXe siècle, des meuniers et fermiers étaient littéralement agressés par ces mammifères rongeurs qui, bien entendu, convoitaient surtout leurs réserves de céréales. Alors, certains se protégeaient de pareille désastreuse invasion en entourant leurs fermes, demeures, moulins, silos… d’eau dite de Sainte-Gertrude, eau bénite près de la statue de la sainte (moniale franque et fondatrice de Nivelles au VIIe siècle) trônant à l’église de Villers-sur-Semois.

Cette église datant du XVe siècle est érigée non loin d’un lavoir, également classé tout comme le mur de soutènement bâti en pierres du pays.

 

Saint-Martin est l’une des premières églises de la région et son intérieur est remarquable. On y distingue des représentations de l’aigle de l’Empire germanique, la tiare d’Espagne, la Croix de Bourgogne, un chaînon du fameux collier de la Toison d’Or, une pierre à feu…

 

 

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Détail d’un collier de la Toison d’Or.

 

 

L’église a pour support du maître-autel un bloc de pierre, l’Ara Romana, sculpté à l’effigie d’Apollon, d’Hercule, de Minerve et de Diane, selon l’abbé Lenoir qui, en 1906, écrivit « Histoire de Villers-la-Ville ».

À la sortie du village et en se dirigeant vers Mortinsart, un autre abbé, Burtombois, fit parler de lui en introduisant le culte à Notre-Dame de la Salette (Grenoble), là où la Vierge serait apparue à deux petits bergers. Une chapelle a été érigée et elle est la réplique de celle érigée à l’endroit de l’accident qui coûta la vie à la reine Astrid en 1935, en Suisse.

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

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« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (122/140) : VIELSALM (Belgique) : Histoire et Mémoire

 

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 C’est du cours d’eau « Salm » (de salwa en celte : noir, voire, saumon en allemand, d’ailleurs les armoiries de Vielsalm représentent deux saumons) que viennent les noms Vielsalm et Salmchâteau.

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La Salm au cœur de Vielsalm.

 

Une région marquée par l’Histoire : polissoirs du néolithique, enceinte celte, exploitation de l’or, château (disparu) au Moyen Âge, vestiges d’un château du XIVe siècle (à Salmchâteau), vieille ferme du XVIIIe siècle, pavillons de chasse du XIXe siècle et, aujourd’hui, si « Vielsalm ne vit pas dans le passé, même s’il aime s’en souvenir », la commune également composée de vingt-trois villages, est tournée vers l’exploitation forestière, le traitement du bois, l’enseignement, le tourisme…

 

Trois endroits de « Mémoire » sont à visiter :

 

. Musée du Coticule à Salmchâteau (voir Lierneux) ;

. Musée du Pays de Salm : géologie, histoire, folklore, sorcières (macralles), sabbats…

. Musée d’histoire et de la vie salmienne (situé dans une maison du XVIIIe siècle) : costumes, chasse à courre, aspects anciens de la localité…

 

Également à souligner :

. Maisons ardennaises typiques.

. Éléments anciens dans l’église Saint-Gengoux : dalle funéraire du XIVe siècle, fonts baptismaux gothiques…

 

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Fonts baptismaux.

. Cadran de l’horloge de l’église : les chiffres sont remplacés par des figures en métal doré.

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Cadran spécial de l’église Saint-Gengoux

. Kiosque du parc à l’architecture « Expo 58 ».

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Kiosque.

 

. Fontaine miraculeuse de Saint-Gengoux.

 

Qui était Gengoux ?

 

Ce prénom est d’origine germanique : geno ou gena = race et wulf = loup, donc « celui qui est de la race des loups ».

Gnagon ou gengoul, martyr au VIIIe siècle, devenu saint Gengoux, supporta avec patience et tolérance l’infidélité de son épouse. Il quitta la cour de Bourgogne, se retira sur ses terres, fut assassiné par l’amant de son époux, qui avait commandité le crime. Il est le patron des « mal-mariés » et est prié pour le rétablissement de la paix dans les ménages.

 

Certains villages ou hameaux présentent diverses spécificités :

 

. Le Vieux Château de Commanster dont le site fut déjà occupé au temps des Romains.

. La chapelle ancienne de Farnières rappelle la légende (classique) de la statue de la Vierge qui ne voulait absolument pas être déplacée malgré les tentatives des hommes.

. Fraiture (555m d’altitude) : ski, randonnées, grand feu (brûlage du Bonhomme Hiver), église ancienne (clocher restauré en forme d’obus !), chapelle, croix, maisons anciennes, vestiges industriels (Thier de la Forge).

. Halleux : Domaine du Monti (faune ardennaise).

. Ottré : mondialement connu par les géologues qui y ont découvert l’ottrélite (espèce minérale).

. Povedroux et sa demeure ayant appartenu à un entrepreneur au service de Louis XIV.

. Salmachâteau : vestiges du château du XIVe siècle, rochers, Musée du Coticule…

 

L’insolite Glacière

 

Endroit insolite et unique en Belgique, voici la Glacière de Hermanmont à l’entrée de Vielsalm.

Ce bâtiment fut construit à une époque où l’électricité n’existait pas et qu’il fallait conserver en été la glace découpée dans les étangs du château de Hermanmont, cette glace servant à rafraîchir (pas à consommer !) les boissons estivales, et certains mets, du baron de Hermanmont, des siens et de ses invités.

En effet, c’est en 1820 qu’Ampère découvrit l’électrodynamique, en 1868, que la dynamo fut imaginée par Zénobe Gramme, en 1879, l’ampoule à incandescence fut inventée par Edison alors qu’était inaugurée la première centrale hydraulique à Saint-Moritz, puis, en 1883 et 1889, il fut question de lignes électriques et dans les années 1900, l’électricité s’étendit à l’industrie, à l’éclairage public, au chemin de fer, dans les foyers…

Cette glacière de forme hexagonale à l’extérieur, circulaire à l’intérieur, haute de cinq mètres, accueillant quelque 55 m3, construite avec un vide ventilé entre deux murs de maçonnerie, avec d’imposantes dalles de schiste et une toiture suspendue favorisant l’aération…, fut abandonnée vers 1930, se dégrada et, heureusement, elle fit l’objet d’une restauration en 1992. Indéniablement, elle fait partie du Patrimoine !

 

N’oublions pas !

 

Différents monuments, objets, lieux… témoignent que Vielsalm et ses environs furent le théâtre de nombreux faits d’armes.

 

« Combattants, non Combattants, souvenez-vous qu’ils sont morts dans une lutte commune contre l’agression et l’oppression. À vous, jeunes générations, souvenez-vous que leur sacrifice a assuré l’avenir commun pour un monde plus fraternel. »

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Plusieurs hommages sont rendus à l’Armée secrète des Ardennes, aux soldats américains (« Le char invincible, le courage invincible »), aux Chasseurs Ardennais, à tous ceux qui ont résisté, parfois jusqu’à donner leur vie, contre l’envahisseur, contre les nazis et leurs sbires…

 

 

Sorcières et macrales

 Vielsalm12.JPGLe folklore de Vielsalm est étroitement lié aux sorcières, les fameuses Macralles ou Macrales. Ici, on dit qu’elles sont les « Reines de Vielsalm » !

Ainsi, les Macralles du Val de Salm, la Fête des Myrtilles, cortège folklorique (chars, danses, musiciens…), un son et lumière, le Sabbat, moment durant lequel le maire remet symboliquement les clefs de la ville aux sorcières pour vingt-quatre heures… rappellent la légende de ces jeunes de Vielsalm qui ne trouvaient pas de myrtilles dans les bois, aperçurent Gustine Maka, que l’on disait être une jeteuse de sorts, qui leur offrit tout un panier !

Ils l’acceptèrent, ainsi qu’un petit verre (ou deux, ou trois…) de genièvre. Mais, les fruits sauvages étaient « emmacrallés » et ils furent transformés en « macralles ». Les Macralles du Val de Salm participent aussi à de nombreuses festivités en Belgique (Nieuport, Houffalize, Bastogne, Liège, Arlon…), en France (Arras, Maubeuge, Sélestat, Disneyland-Paris…), aux États-Unis, en Allemagne, en Suisse, en Grèce…

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Non loin de la statue d’une Macralle, on découvre une stèle consacrée à un… coureur cycliste ! « Hommage à Sean Kelly. Meilleur coureur cycliste classique de sa génération. Double vainqueur de Liège-Bastogne-Liège en 1984 et 1989. »

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

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03/06/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (121/140) : VIANDEN (Grand-duché de Luxembourg) : Sur les traces de Victor Hugo

 

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Le nom « Vianden », ville située dans un site splendide (la Vallée de l’Our), proviendrait du gaulois « vien » qui signifie « rocheux ».

Du château (XIe siècle) aux bords de l’Our et aux remparts, c’est une suite de lieux incontournables : l’église des Trinitaires (XIIIe siècle) avec son remarquable cloître gothique, l’Hôtel de Ville datant du XVIIe siècle, l’église Saint-Nicolas (XIIIe siècle) et, bien sûr, la Maison de Victor Hugo où il résida durant son exil de 1871.

 

Puissance et noblesse

 

L’imposant (et magnifiquement restauré depuis quatre décennies) Château de Vianden, construit dès le XIe siècle, repose sur ce qui fut un refuge carolingien et un petit château romain.

 

Sur place, on n’hésite pas à clamer, avec justesse : « Ce château-palais est l’une des plus imposantes et jolies résidences féodales des époques romanes et gothiques européennes. »

Et de préciser qu’il fut la demeure des puissants comtes de Vianden, la chapelle, le Petit et le Grand Palais, bâtis aux XIIe et XIIIe siècles, en étant les pièces les plus remarquables.

 

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Le Château de Vianden, splendidement restauré.

 

Au XIXe siècle, cette splendide construction perdit de sa superbe et tombait en ruine.

« Aujourd’hui, dans son paysage splendide que viendra visiter un jour toute l’Europe (quel visionnaire !), Vianden se compose de deux choses également consolantes et magnifiques : l’une sinistre ruine, l’autre riante, un peuple. »

 

Elle devint propriété de la famille grand-ducale avant d’être reprise de manière efficace par l’État luxembourgeois.

 

Tout feu, tout flamme

 

Victor Hugo vint à quatre reprises à Vianden : il fut tout d’abord ravi et enthousiaste de découvrir un environnement aussi magnifique et grandiose, mais il fut également attristé par la vue des ruines du château, ensuite, il apprécia une aubade donnée en son honneur par la société philarmonique locale…

Lors de l’un de ses séjours, il fit descendre ses proches à l’hôtel alors que lui s’établissait dans une maison voisine, proche de l’Our et du pont, et c’est là qu’il écrivit en partie « L’Année Terrible ».

Il s’agit d’un recueil de poèmes publié en 1872, où il évoque l’année 1870 (conflit entre la France et la Prusse, guerre civile à Paris…), qui se compose de plusieurs parties : Sur une barricade, Bêtise de la guerre, À qui la faute ?, Chose du soir, Le Lion de Waterloo.

En voici quelques passages :

 

« As-tu donc oublié que ton libérateur, c’est le livre ? »

 

« Lorsqu’un homme est traqué comme une bête fauve, fût-il mon ennemi, si je le peux, je le sauve. »

 

« Pourquoi tant de combats, de larmes, de regrets, et tant de tristes choses ;

Et pourquoi Dieu voulut que je fusse un cyprès, quand vous étiez des roses. »

 

« Je n’ai pas d’ennemis quand ils sont malheureux. »

 

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Victor Hugo.

 

Fait marquant : le 14 juillet 1871, Victor Hugo dirigea les opérations pour combattre un incendie qui ravageait une dizaine de maisons à toit de chaume situées dans la partie basse de la cité.

Il organisa une chaîne humaine de porteurs de seaux d’eau puisée dans l’Our jusqu’au sinistre.

Si, neuf ans après ce 14 juillet, la « Fête nationale de la France » fut instaurée en souvenir de la Prise de la Bastille le 14 juillet 1789, c’est, aussi, à Vianden que Victor Hugo, séducteur patenté, vécut une relation amoureuse avec Marie Mercier, une jeune fille de 18 ans, compagne de Maurice Garreau, directeur de la Prison Mazas (maison d’arrêt à Paris où Arthur Rimbaud fut détenu sous le motif d’être un espion prussien !) sous la Commune de Paris (insurrection populaire contre le gouvernement), fusillé à la fin de la Semaine sanglante (21-22 au 28 mai 1871, avec des massacres en masse des « Communards »).

Pour la petite histoire, ce fut à Vianden, le 11 août 1871, que Victor Hugo se serait fait arracher sa première dent…

 

Fidélité aux traditions

 

Vianden a été une cité florissante au Moyen Âge et elle comprenait près de 140 villages, ses frontières allant jusqu’à Prüm et Bitbourg (Allemagne).

Ensuite, la ville compta quelque 3 000 personnes et était connue pour ses nombreux artistes et artisans : orfèvres, serruriers, tanneurs, tonneliers, maçons, tailleurs, drapiers… Il existait sept corporations d’artisans et leur puissance allait jusqu’à bénéficier du privilège d’avoir des mesures et poids spécifiques.

Au Syndicat d’Initiative, on est fier de ce passé glorieux :

 

« Aujourd’hui encore, les Viandenois font preuve de la même originalité et de la même fidélité aux traditions que leurs ancêtres, et en automne, après le départ des touristes, ils s’apprêtent à fêter les coutumes folkloriques d’antan : Marché aux noix, Feux de la Saint-Martin, carnaval, Tour des Crécelles, brûlage du « Jaudes » (arbuste de l’églantier)… »

Pour cette dernière coutume, célébrée le Vendredi saint, une explication s’impose quand on sait que l’églantier est le rosier sauvage et qu’il symbolise le renouvellement de l’ouverture à soi et aux autres, le grand amour...

À dire vrai, « Jaudes » signifie un bouquet composé d’épines d’églantiers, de fleurs de papier, de rubans... et, d’après la tradition locale, les garçons se rendent à midi dans leur quartier et brûlent leur « Jaudes ».

Cette coutume qui était déjà célébrée au Moyen Âge, fut inspirée par l’histoire de l’apôtre Judas. En effet, le but de la manifestation des jeunes de Vianden, est de montrer la désapprobation des citoyens face à la trahison envers le Christ. Le sort de Judas est, donc, d’être symboliquement projeté dans les flammes de l’enfer.

 

Une question se pose à ce sujet, et elle est de taille : sait-on, à Vianden, que de hautes personnalités religieuses, même au Vatican, se penchent sur une possible réhabilitation de Judas ?

Voici ce que j’écrivais à ce sujet dans l’un de mes ouvrages (« Le Diable et la Sorcière ») :

 

« Une information est parue à la fin du mois de janvier 2006 et spécifiait que Monseigneur Walter Bradmuller, le président du Comité papal des sciences historiques au Vatican, demandait la réhabilitation de Judas Iscariote, qui avait reçu trente deniers pour dénoncer Jésus et le trahir.

Pourquoi réhabiliter celui qui est considéré comme un traître par l’ensemble de la communauté chrétienne ? Réponse de Monseigneur Walter Bradmuller : « Judas ne mérite pas le rôle qui lui est attribué depuis des siècles, car il faut tenir compte du fait qu’il aurait trahi Jésus pour voir les prophéties s’accomplir. C’est pourquoi il est temps de relire l’histoire de Judas. »

 

L’étonnant Ordre des Trinitaires

 

À Vianden, l’église des Trinitaires, une église-halle, fut bâtie dès 1248 à l’instigation des Trinitaires.

À voir : au dessus du portail, une superbe Vierge à l’Enfant du XIVe siècle, l’autel du Saint-Sacrement datant du XVe siècle, seize stalles dont les dossiers sont ornés d’instruments de musique à vent, à cordes…

 

Mais, qui sont les Trinitaires ?

Cet Ordre fut fondé en 1194 en Picardie afin de racheter les chrétiens captifs des Maures. Précision : tractations se déroulant sans armes à la main !

Le symbole de cet Ordre est une mosaïque du début du XIIe siècle montrant Jésus libérant deux prisonniers, un Blanc et un Noir.

 

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Symbole de l’Ordre des Trinitaires.

 

Il y a, encore, à découvrir l’église Saint-Nicolas qui est une création des Templiers de Roth. Elle est placée sous la protection de saint Nicolas, patron des enfants mais, aussi, des marchands et des bateliers, et de saint Jean Népomucène, protecteur contre les dangers de l’eau.

 

Et, encore : l’Hôtel de Ville (mairie), les musées d’Histoire, de la caricature et du cartoon, le télésiège, la centrale électrique souterraine qui est considérée comme la plus grande d’Europe du genre…

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

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