04/06/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (126/140) : VIRTON (Belgique) : Un totem indien en Gaume

 

Endroits et histoires magiques

 3.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 

Virton, capitale de la Gaume (Tintigny, Étalle, Saint-Léger, Meix-devant-Virton, Virton, Musson, Rouvroy…) ou, encore, de la « Douce Gaume » grâce au soleil que l’on dit le plus ardent de Belgique - il fait, en moyenne, 1,3°C plus chaud qu’ailleurs dans le royaume -, ville d’enseignement avec plus de vingt écoles pour une dizaine de milliers d’habitants, est aussi une cité particulièrement riche en vestiges gallo-romains.

 Virton1.JPG

 

 

Dieu Hélios du Soleil et de la Lumière conduisant le quadrige céleste (Saint-Mard-Virton)

Le Musée Gaumais (qui, en 2012, fêta ses 75 ans) reflète cette richesse et bien d’autres aspects socioculturels remarquables, dans ses quatre sections bien distinctes : ethnographie et artisanat, beaux-arts, archéologie et arts industriels.

 

Mais, ce qui surprend davantage le visiteur, c’est le totem qui est érigé non loin du syndicat d’initiative.

 Virton2.JPG

 

 

 

Fragment d’un monument funéraire (Vieux Virton, IIIe siècle) et symbolisme indien dans la capitale de la Gaume.

 

Généralement, un totem est une représentation sculptée ou peinte (ou les deux) d’un animal, d’une plante ou d’un objet considéré(s) comme protecteur(s) d’individus ou comme des ancêtres mythiques.

Virton3.jpg

 

 

 

 

 

L’animal totémique est le premier animal sacré, prouvant par là que l’homme et l’animal apparaissent comme indissociables, dit-on aussi.

Quoi qu’il en soit, le totem virtonais, unique en Belgique, est un cadeau de départ  de militaires canadiens fort enchantés de l’accueil et de l’hospitalité locales lorsqu’ils étaient basés à Marville, non loin de la capitale de la Gaume, de 1954 à 1967.

C’est devant quelque 5 000 personnes que, le 11 mars 1967, fut inauguré ce totem authentifié comme étant « indien ».

Une dernière anecdote à ce sujet : parmi les invités, il y  avait un certain Simon Baker, dit Khot-la-Cha, un authentique chef indien qui avait été recruté par la Compagnie Canadian Pacific Airlines pour faire la promotion du Canada et, aussi, démythifier, le « méchant » indien auprès des publics, surtout  auprès des amateurs de films du style « gentils cow-boys contre affreux indiens » !

 Il y a encore deux autres « particularités » à Virton, comme le signale François De Kock, écrivain de la région : rue Bouvier, au monument aux morts on distingue un Christ faisant étrangement penser, selon lui, à un thérapeute donnant un soin de reiki (mot japonais signifiant « Force de vie universelle » ; par extension : outil de guérison et de développement personnel), et, au bâtiment du CPAS des petits dragons en fonte.

Symboliquement, le dragon est très complexe et ambivalent : d’une part, il symbolise le mal et des tendances démoniaques, d’autre part, il évoque les rythmes de la vie. Mais, à y réfléchir, parfois les uns ne vont pas sans les autres chez certains êtres...

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

15:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (125/140) : VIROINVAL (Belgique) : Un courant d’émotions, d’idées et d’ardeurs

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Viroinval (Vallée du Viroin), centre géographique de l’Union européenne au temps où elle était composée de quinze pays (voir ci-dessous), est également formé de huit communes : Nismes, Dourbes, Olloy-sur-Viroin, Treignes, Mazée, Vierves-sur-Viroin, Oignies-en-Thiérache et Le Mesnil.

Les autorités locales précisent : « Viroinval, un courant d’émotions », « Viroinval, un courant d’idées, un flot d’ardeurs, une cascade de sensations dévalant les pentes entre Calestienne et Ardenne. »

Au micro de Philippe Delmelle sur VivaCité (RTBF-Radio), j’ai présenté deux de ces communes.

 

Oignies-en-Thiérache : Le Village des Veuves

 - Alliant des faits historiques, des légendes, des anecdotes et des informations patrimoniales, vous nous invitez à Oignies-en-Thiérache.

 

- L’histoire écrite de ce village remonte jusqu’au VIIIe siècle quand on apprend qu’il faisait partie, tenez-vous bien, de la célèbre Abbaye de Saint-Germain-des-Prés située dans la banlieue de Paris ! Ceci étant précisé, dans le guide touristique communal, sous le titre « Oignies, le village des ardoisières », j’ai lu ces jolies phrases à l’encontre de cette entité nichée au cœur de l’immense forêt ardennaise : « Oignies, un espace gagné par la forêt, où la couleur des schistes n’a d’égale que celle des frondaisons. Marchez sur la pointe des pieds, décelez l’empreinte du gibier, puis percevez l’écho de ces Ardennais qui fendaient la pierre dans les ardoisières. »

 

- Un village qui était le centre de l’Europe des 15, mais, au juste, pourquoi l’appelait-on aussi « Village des Veuves » ?

 

- L’industrie de l’ardoise était omniprésente à Oignies avec, par exemple, quelque 300 artisans, ouvriers et employés œuvrant dans les ardoisières à la fin du XIXe siècle. À cette époque, il n’y avait pas encore de protection des travailleurs et les accidents et maladies professionnelles, telles la schistose et la silicose, étaient nombreux et beaucoup se soldaient par la mort d’ouvriers dans la quarantaine, d’où la dénomination de « Village des Veuves ». Cette industrie périclita et il ne reste que des vestiges de cette époque.

 

- Tel le site du « Trou du Diable », paraît-il...

 

- Effectivement, c’était une ancienne ardoisière sur la route de Fumay, et, ô hasard qui fait bien les choses, la Cathédrale de Lumière n’est pas très éloignée d’elle.

 Oignies-en-Thiérache1.JPG

 

 

 

 

La Cathédrale de Lumière.

 

- À savoir ?

 

- Sur cette même route se trouve un symbole de l’unité européenne, à savoir, une étoile réalisée en pavés de granit et, au milieu d’elle, il y a la « Cathédrale de Lumière », une œuvre en verre dont chaque branche représente un pays des 15 et la longueur est proportionnelle à sa date d’entrée dans l’Union Européenne. Le tout est entouré de chênes, un arbre éminemment symbolique sur le plan de la puissance.

 

- Pouvez-vous nous rappeler ces pays et ces dates ?

 

- En 1958, il s’agissait des pays fondateurs : la Belgique, la France, l’Italie, l’Allemagne, le Grand-duché de Luxembourg et les Pays-Bas, puis, en 1973, le Danemark, le Royaume-Uni et l’Irlande, ensuite, en 1981, la Grèce, en 1986, l’Espagne et le Portugal, et en 1995 , la Suède, la Finlande et l’Autriche. C’est Bernard Tirtiaux l’auteur de cette « Cathédrale de Lumière », un artisan et, aussi, un merveilleux auteur dont j’ai apprécié les romans historiques « Le passeur de lumière », « Les sept couleurs du vent », « Aubertin d’Avalon »…

 

- D’autres précisions concernant sa Cathédrale de Lumière ?

 

- C’est l’artisan lui-même qui évoque une cathédrale rassembleuse, qui se veut annonciatrice d’un monde plus solidaire, plus égalitaire, plus équitable… « Ma grand-mère me parlait déjà du concept de l’Europe avant qu’il ne soit réellement mis en pratique… », précisa Bernard Tirtiaux.

 

 Oignies-en-Thiérache2.JPG

 

 

Une cathédrale « rassembleuse ».

 

- Et, on retrouve Toine Culot cher à l’auteur Arthur Masson dont il est question à Treignes…

 

- Sur une pierre prétendue tombale, on peut lire : « Le 1er mars 2002, avec mes amis, j’ai enterré le dernier franc. » Signé : Toine Culot, maïeur de Trignolles.

 

Treignes : Village champion du monde !

 

- Aujourd’hui, Pierre Guelff nous invite à  le suivre à Treignes, le village des musées…

 

- Pour un village de quelque sept cents âmes, on y compte quatre musées et, comme il est clamé sur place, le village a probablement le rapport musées par habitants le plus élevé au monde ! Et, ajoutez-y encore la Villa Gallo-romaine et des fours à chaux.

Treignes1.JPG

 

 

 

 

 

 

L’un des trois personnages de la Toinade.

 

- Quelle est la première visite à laquelle vous nous conviez, Pierre ?

 

- À l’Espace Arthur Masson.

 

- Un écrivain de terroir comme vous les appréciez !

 

- Je ne vous le fais pas dire ! Si comparaison n’est pas raison, Arthur Masson est dans la lignée des Daudet, Pagnol, Signol, Michelet… sauf que lui évoquait des sagas wallonnes avec Toine Culot, son personnage principal, et non provençales ou bretonnes. Il se définissait de la façon suivante : « Troubadour de la bonne heure, chantre des humbles beautés de mon pays, jongleur de Wallonie. »

Ceci précisé, l’Espace Arthur Masson est une place qui accueille, entre autres, la Maison de Trignolles et un parcours-spectacle avec l’atmosphère ardennaise de 1930 à 1960, l’École d’Autrefois, celle de 1932, avec son règlement interdisant aux élèves de cracher à terre, d’introduire dans l’oreille le bout d’un porte-plume ou d’un crayon, d’essuyer les ardoises en crachant dessus, de tenir dans la bouche des pièces de monnaie, etc.

 Treignes2.JPG

 

 

 

Une classe de 1932.

 

Quant à la fontaine, elle évoque trois personnages de la Toinade issus des sagas de l’auteur. Des expositions thématiques ont également lieu, avec celle, par exemple, de la reconstitution de la pièce principale de la famille Culot.

 

- Et la deuxième étape ?

 

- Il s’agit de l’Écomusée, une sorte de trait d’union entre le passé, le présent et l’avenir avec ses métiers traditionnels, des centaines d’outils, de machines, etc. Avec, également, des expositions thématiques, comme « Marmites, cocottes et Cie » !

Puis, troisième étape, le Musée du Chemin de fer à vapeur. Je me souviens que, quand j’étais enfant, il y a six décennies, j’empruntais ce type de transport et, c’est avec une certaine émotion que j’ai retrouvé des locomotives et des voitures à voyageurs dont les banquettes en bois avaient plein de charme, à défaut du confort de nos TGV et en sachant qu’il fallait quasiment une journée pour rejoindre les Ardennes où j’habitais à Ostende !

 Treignes3.JPG

 

 

 

 

 

Un jour pour rejoindre la Mer du Nord depuis les Ardennes !

 

- Et le quatrième musée ?

 

- C’est celui du Malgré-Tout ! Ici, on vous invite à remonter le temps jusqu’à l’Homme de Néanderthal et à la période gallo-romaine. Et, à l’extérieur, on visite le Parc de la Préhistoire.

 

- Pour en revenir à Arthur Masson, je sais que vous voulez le citer pour terminer notre chronique…

 

- Effectivement, j’ai retrouvé dans les archives du journal « Le Soir » sa définition de l’humour…

 

- Nous vous écoutons !

 

- « Dire d’un homme qu’il a de l’esprit n’est pas toujours un compliment, car cela peut signifier qu’il en a trop ou qu’il en use mal. Dire d’un autre qu’il est humoriste est autrement sympathique ! »

 

Il est défendu de…

 

 Avec l’aimable autorisation de l’Espace Arthur Masson de Treignes (www.espacemasson.be), voici la reproduction du texte affiché dans l’école de 1932 :

 

 

 

Aux élèves des écoles

 

IL EST DEFENDU

 

  1. De cracher à terre ;
  2. De mouiller ses doigts dans sa bouche pour tourner les pages des livres et des cahiers ;

 

  1. D’introduire dans son oreille le bout d’un porte-plume ou d’un crayon ;

 

  1. D’essuyer des ardoises en crachant dessus ou en y portant directement la langue ;

 

  1. De tenir dans sa bouche les porte-plumes, les crayons, les pièces de monnaie, etc.

 

Voulez-vous savoir maintenant pourquoi ces défenses vous sont faites ?

Demandez-le à vos maîtres qui vous donneront les explications nécessaires.

 

Souvenez-vous enfin que vous ne devez pas seulement obéir vous-mêmes à ces prescriptions, mais que vous avez encore le devoir de les faire connaître à tout le monde.

Treignes4.JPG

 

 

 

 

Défendu de cracher à terre à l’école de Treignes !

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

15:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (124/140) : VIREUX-MOLHAIN (France) : Des feux comme des phares bretons

 

 Endroits et histoires magiques

 2.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

À une douzaine de kilomètres de Charleville-Mézières, à Ham-les-Bois, il se disait qu’au « Trou-du-Diable », un château aurait été habité par les frères Aymon, qu’ils y allumaient d’immenses feux au sommet de la plus haute tour afin de communiquer avec leur château de Vireux-Molhain.

 

 Vireux-Molhain1.JPG

 

La collégiale.

 

Ce village, à la pointe des Ardennes, non loin de Givet, est dominé par le Mont Vireux et a été occupé dès le Ier siècle grâce à un centre métallurgique. Le site était protégé par les fortifications élevées au Mont.

Cependant, un incendie ravagea le château au XIVe siècle (voir ci-après).

 

La Collégiale Notre-Dame-et-Saint-Ermel est très ancienne, sa crypte date du VIIIe siècle et on y vénérait avec ferveur les reliques de saint Ermel.

Elle avait été fondée en 752 par Dame Ada, protégée de Pépin le Bref, dont la dépouille avait été ensevelie sous l’église primitive.

Exemple de crypte pré-romane et d’architecture carolingienne, ce lieu sacré mérite la visite (dalles funéraires, statues du XVIe siècle, retable du XVIIe siècle…).

 

« La plus ancienne pierre tombale est celle d’Allard de Chimay (fin du XIIe siècle). Pillée par des troupes protestantes au XVIe siècle, la collégiale conserve néanmoins une riche collection de statues de bois, polychromes.

Le décor intérieur a été entièrement remodelé en 1762-63 masquant la période gothique. Des parties romanes subsistent ainsi qu’une crypte carolingienne. Le Collège de onze chanoines a été dissout en 1790. »

 

Pourquoi Pépin le « Bref » ?

 

Pépin le Bref était roi des Francs et l’époux de « Berthe au grand pied » (elle avait un pied plus grand que l’autre).

Pourquoi « le Bref » ? Parce qu’il était petit de taille, dit la légende.

Il fut d’abord inhumé devant l’entrée de la future Basilique Saint-Denis, près de Paris, en signe d’humilité avant d’être ramené à l’intérieur, au XIIIe siècle, avec la reine Berthe. Leurs gisants sont de pures merveilles !

 

 

Vireux-Molhain2.jpg 

Pépin le Bref.

 

 

Tout ceci précisé, les feux allumés au « Trou-du-Diable » devaient ressembler à de puissants phares des côtes bretonnes car la distance séparant les deux châteaux est quand même de trente-cinq kilomètres à vol d’oiseau, par monts et par vaux…

 

Naissance d’un royaume

 

Pourquoi « Vireux » ? Parce que référence est faite au cours d’eau Viroin qui se jette dans la Meuse en cet endroit.

Vireux-Molhain3.JPG

 

 

 

 

L’église de Vireux-Wallerand sur la rive droite de la Meuse.

 

À vrai dire, il y a deux Vireux. Ce sont des villes jumelles, Vireux-Molhain se situe sur la rive gauche de la Meuse, Vireux-Wallerand sur la rive droite.

Le tout est dominé par le Mont Vireux.

 

« Il est considéré par les archéologues et les historiens comme un site exceptionnel par la qualité des renseignements qu’il fournit sur le bas empire romain, à la période charnière entre l’Antiquité tardive et le Haut Moyen Âge.

 

Divers murs d’enceinte des habitats, ainsi que les bâtiments religieux de l’éperon nord, ont été dégagés et montrent une occupation de la fin du IIIe siècle au début du XIVe siècle.

 

Les pièces de monnaie, les équipements militaires et les restes divers exhumés lors des fouilles ont facilité la reconstitution des phases importantes dans l’occupation du site, dont la forteresse de Vireux a été le théâtre.

Jusqu’au début du IVe siècle, celle-ci est un élément du système défensif de l’empire mis en place par Dioclétien (245-313, empereur romain), et sert aussi de refuge pour la population.

 

Après une période de calme, elle sera incendiée sous Constant (320-350, empereur romain) en 342, puis occupée de façon moins importante jusqu’en 380.

 

Elle accueillera ensuite une forte garnison d’origine franque jusqu’en 450.

La découverte d’objets du IVe au IXe siècle indique une occupation mérovingienne et carolingienne.

 

Aux XIIIe et XIVe siècles, la forteresse sera transformée en château avec son village fortifié par l’édification d’une grande enceinte maçonnée avec les habitats qui lui sont accolés.

 

 Vireux-Molhain4.JPG

 

 

 

L’imposant Mont Vireux.

 

Sur l’éperon nord, les fouilles ont permis de mettre au jour plusieurs édifices à vocation culturelle, ainsi qu’un cimetière entourant un édifice de plan rectangulaire qui peut être considéré comme une chapelle. Des pierres romaines en réemploi dans la maçonnerie, un segment de colonne en pierre calcaire de Givet, ainsi que des trous de poteaux de forme rectangulaire nous laissent à penser aux bases d’une colonne dédiée à Jupiter.

 Cet éperon nord offre une chronologie longue de la fin du IIIe siècle au XIe siècle. »

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

11:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)