04/06/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (129/140) : WAIMES (Belgique) : Un honneur et un style uniques

 

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 

C’est la commune la plus haute de Belgique, héritière d’un passé mouvementé et d’un patrimoine riche et insolite.

Saint Saturnin ou Sernin, envoyé en Gaule par le pape, évangélisa Pampelune, puis Toulouse où une basilique magnifique lui est dévolue. Refusant d’honorer Jupiter, qui était le culte officiel, il fut attaché à un taureau dit du sacrifice. Traîné sur les marches du Capitole, le cou brisé, Saturnin devint l’un des premiers évêques martyrs en Gaule et son culte s’y développa très rapidement.

En France, près de cent villages, villes, églises et monastères portent le vocable du saint, et, en Belgique, c’est la seule église de Waimes qui a ce privilège, paraît-il.

Alors, pour que cet honneur soit à la hauteur de la situation, l’église Saint-Saturnin, construite en 1554, fut érigée dans un style, aussi unique en Belgique, sur base de deux nefs dont les voûtes d’arête prennent appui sur des piliers centraux.

 

Eldorado ardennais

 

L’immense zone de 100 000 hectares située entre Waimes, Stavelot, la Baraque Fraiture et Manderfeld, est considérée comme aurifère, c’est-à-dire contenant de l’or.

S’agirait-il d’un eldorado ardennais ?

Certes, il y eut des « laveries d’or » à l’époque celte, voire romaine, des pépites furent aussi recueillies par Julius Jung, orpailleur prussien, au XIXe siècle, néanmoins, la production s’avéra assez faible (0,5 gr par tonne de résidus), malgré quelques trouvailles relativement exceptionnelles dans l’Amblève, le Rû des Fagnes, le Steinbach, la Warchenne, le Goldbach… (Source : « La ruée vers l’or » sur waimes.be).

Aujourd’hui, les balades dans les Fagnes valent bien de l’or et puis, il y a également un tourisme « particulier » qui attire les visiteurs, comme l’expliqua « Le Soir Magazine » à l’été 2013 :

« Visite au Perron, à Waimes, le paradis wallon des « tout nus et tout bronzés ! », en précisant qu’il s’agit d’un camping naturiste, « le seul en Wallonie » et qu’il y a environ 230 000 naturistes belges (500 000 en France, selon la Fédération française de naturisme) dont 192 000 passent leurs vacances Outre-Quiévrain chaque année.

 

Hymne à l’Amblève

 

La région de l’Amblève a été merveilleusement chantée par Marcellin La Garde (voir bibliographie) et je ne résiste pas à vous livrer quelques notes de cet auteur :

 

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La joie de lancer des petits cailloux dans l’Amblève…

 

« L’œil n’admire pas seulement dans la Vallée de l’Amblève des rochers escarpés et des collines arrondies, que découpent des gorges mystérieuses où serpentent des ruisseaux murmurants ; - des bois touffus et des champs cultivés ; - de vertes prairies et de sombres bruyères ; - des villages accrochés aux flancs des montagnes ou gracieusement assis au bord de l’eau ; - des hauteurs où l’on voit se dérouler de splendides panoramas ; - enfin, les tableaux les plus riants, les plus sauvages, les plus variés et les plus romantiques que puisse évoquer l’imagination.

On y rencontre encore des cascades aux larges nappes d’argent ; - des grottes aux merveilles cachées ; - des eaux minérales aux propriétés salutaires ; - des chantoirs (avens de petites tailles) aux profondeurs inconnues ; où s’engouffrent de rapides torrents ; - de vastes moraines aux énormes blocs erratiques dont la présence en ces lieux est un des témoignages les plus éclatants des révolutions du globe ; - d’importantes ruines féodales ; - des châteaux, des églises et des chapelles gothiques ; - des restes d’anciens monastères… »

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

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« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (128/140) : VRESSE-SUR-SEMOIS (Belgique) : Au fil du temps et des pierres

 

Endroits et histoires magiques

 3.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 La promenade « didactique » intitulée « Au fil du temps » retrace 500 millions d’années racontés par les pierres et elle s’étend sur quelque trois kilomètres le long de la Semois.

 Elle débute au « Pont Saint-Lambert » avec sa légende assez particulière.

Ce pont enjambe le ruisseau du Ruaumoulin et il se raconte que saint Lambert, patron de Vresse, estimait que sainte Agathe, patronne de Laforêt (voir ci-après), venait trop recruter des paroissiens sur ses terres.

 Alors, il désira lui interdire l’accès à Vresse (Où était la « charité chrétienne » dans tout ça ?, pourrait-on se demander) et il fit construire ce pont étroit, accessible seulement pour son propre passage à cheval et non plus du tout pour la calèche de sainte Agathe !

 

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Le Pont Saint-Lambert.

 

Le pont actuel comporte trois arches et fut construit en 1774 en lieu et place de celui qui fut emporté par les glaces hivernales.

Trois arbres remarquables et vénérables encadrent le Pont Saint-Lambert : un érable, un frêne et un chêne.

 

La promenade nous apprend que l’histoire des Ardennes s’inscrit « dans des vastes mouvements des plaques continentales » et qu’il y a 370 millions d’années, une mer peu profonde, tropicale, domaine de récifs de coraux les couvrait. Une mer peuplée de poissons primitifs, des agnathes (sans mâchoire, dont le seul représentant actuel est la lamproie).

 

À deux reprises, il y a 450 et 300 millions d’années, les Ardennes étaient une chaîne montagneuse probablement aussi élevée que les Alpes.

En résumé, on peut aussi dire qu’il y a 550-500 millions d’années, les Ardennes faisaient partie d’un continent situé au voisinage du Pôle Sud !

 

Village d’Art

 

À l’entrée du village (côté Parc National Membre-Bohan), on découvre l’immense statue « Le Peintre » d’après une œuvre du sculpteur André Bartiaux.

Quelque quarante reproductions d’œuvres de peintres l’accompagnent et mettent en valeur, sous le titre générique « Village d’Art », la nature, Laforêt, Vresse, Opont, Oizy, Joly…

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Le Peintre.

 

Ode à la hure et « Le Belge »

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Église et sanglier de Vresse-sur-Semois.

 

Non loin de l’église érigée en 1837, on découvre une œuvre due au sculpteur A. Denis : « Ode à la hure »

 

« Quel est ce monstre à face hirsute qu’on dirait taillé pour la lutte ou pulvériser les rocs… ? »

 

Et puis, de l’autre côté du village, voici « Le Belge » !

La Belgique est fière d’avoir eu sur son territoire le premier chemin de fer d’Europe, y dit-on.

« Effectivement, le 5 mai 1835, les trois tronçons du train inaugural Bruxelles-Malines étaient remorqués par les locomotives « La Flèche », « Stephenson » et « L’Éléphant » construites en Angleterre » par Georges Stephenson (1781-1848), ingénieur britannique, inventeur du chemin de fer moderne, ainsi que « La Rapide » et « L’Éclair » livrées par après.

« Le Belge » fut la première locomotive belge sortie des ateliers Cockerill à Seraing, le 30 décembre 1835.

La réplique de celle-ci, présentée à Vresse-sur-Semois, a été réalisée entièrement en bois dans les ateliers de la boissellerie Cognaut par des artisans bénévoles à l’occasion des festivités du 150e anniversaire de l’indépendance de la Belgique, en 1980.

« Il a fallu 1 500 heures de travail pour aboutir à cette reconstitution qui s’est faite minutieusement d’après les plans et les photographies de la locomotive originale. »

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« Le Belge »

 La Semois légendaire

 Laforêt est une superbe commune située à un kilomètre de Vresse-sur-Semois. Elle propose une « Promenade des Légendes », en juillet et août, qui débute à « L’Atelier de Pinocchio », rue Sainte-Agathe. En voici la présentation : « Votre promenade commence ici. L’Ardenne, avec ses forêts profondes, ses rivières, avec ses ciels sombres ou sa lumineuse clarté, a suscité bien des légendes contées aux veillées d’autrefois.

Les esprits, les génies ravissent encore la mémoire et éveillent la création artistique. »

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Vue prise du Belvédère de Laforêt.

Les quatorze étapes :

 

  1. Le Chasseur Sauvage expie le mal qu’il a causé en parcourant à cheval la forêt toutes les nuits. Il est suivi d’une meute de chiens féroces. La symbolique réside dans la punition de la cruauté, par exemple, ou, encore, parce qu’une légende raconte qu’un comte au lieu d’aller à la messe un dimanche matin se rendit en forêt pour chasser...

 

 

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Plus haut que le clocher de l’église de Laforêt et que les nuages du ciel ardennais…

 

« Depuis que j’ai franchi le pas vers l’au-delà,

Plus haut que vos clochers,

Plus haut que les nuages,

Escorté par les chiens hurlant à mon passage

Seigneur de ce pays qu’anoblit la légende,

J’erre, puni mais libre,

Hors du temps et sans but,

Cavalier marginal rivé à son cheval.

La monture m’emporte

La lune m’auréole

La légende me fait

Prince d’éternité. »

 

  1. La Dame Blanche est un être surnaturel jouant le rôle de fée, ou de sorcière, lavandière de nuit, messagère, spectre…

 

  1. Le Verbouc est une sorte de démon féroce, parfois gardien d’un trésor, il peut également être le serviteur du diable, un être fantastique mal défini (voir, aussi, le chapitre consacré à Theux « Avioth et Franchimont : un même Vert Bouc ? »)

 

  1. Le Diable, ennemi des hommes, malgré ses ruses, est souvent vaincu !

 

  1. Les Nutons sont des petits génies (nocturnes) bienfaisants qui habitent des grottes et des souterrains.

 

  1. La Toursiveuse ou sorcière aux longs doigts branchus. Pour rappel, une sorcière n’était pas obligatoirement un personnage maléfique, comme l’a fait croire l’Église catholique et son impitoyable Inquisition !

 

  1. Le Chemin des dalles est parsemé de citations à méditer.

 

  1. Le Chemin des billots pour se reposer quelque peu.

 

  1. L’Ouyeu des bois est l’esprit (âme) d’un revenant qui supplie d’entrer au paradis où il n’a pas été accepté. En attendant, il hante les Ardennes…

 

  1. Le Loup-Garou, homme-loup qui a passé un pacte avec le démon. Mais, si sa vocation première est de propager le mal, il lui arrive de remettre sur le bon chemin des égarés…

 

  1. Les Sorcières : voir mon avis à la sixième étape et « Sorcières et inquisiteurs » en première partie du présent ouvrage.

 

  1. La Mawhotte ou un gros veau ressemblant à un lézard qui ne quitte pas les eaux. Hélas, quand elle se montre, ce n’est pas bon signe…

 

  1. Les Fées sont généralement de gentils êtres surnaturels qui habitent dans les rochers, souterrains…

 

  1. Le Pépé Crochet qui tente d’entraîner les enfants au fond de l’eau (puits, rivières…) au moyen d’un crochet qui fait office de main. En vérité, il s’agit d’une ruse des parents pour apeurer les enfants afin qu’ils n’aillent pas au bord de l’eau !

Vresse8.JPGPépé Crochet.

 

 

 

 

 

 

Étrange et Tradition à Bohan

 

Outre un microclimat et un superbe cadre touristique, Bohan est une cité située à quelque cinq kilomètres de Vresse-sur-Semois et qui est pleine d’anecdotes et de légendes.

Avec sa sympathique église du XVIIIe siècle, plus précisément de 1760, Bohan présente une première particularité typique de certaines maisons ardennaises : un œil-de-bœuf !

C’est unique au monde, paraît-il, quand on sait que cette ouverture ronde ou ovale pratiquée en façade de la cuisine plus ou moins à hauteur de l’évier, permettait le passage d’une conduite de l’eau pour la pompe et, parfois, un système d’écoulement dudit évier.

 

Que j’évoque les maisons ardennaises, les habitants et nombreux touristes connaissent certainement la « Maison du Marichau » située non loin de l’église.

« Classée depuis mai 1973, cette habitation est l’une des dernières représentantes de la vieille architecture ardennaise. Sur un soubassement de moellons de schiste qui constitue le rez-de-chaussée, on a dressé des pans de bois, remplis autrefois de torchis, mais qui le sont à présent de pierres. »

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La Maison (classée) du Marchau.

 

Et puis, en bordure de Semois, on distingue deux mégalithes. Ils ont une très longue histoire qui remonte au temps où ils étaient placés dans le « Pré Mariette » où l’on procédait à la « saudée », c’est-à-dire à une petite scène humoristique lors de la proclamation des bans de mariage.

Ainsi, les heureux nouveaux mariés s’asseyaient dos à dos sur un mégalithe appelé « Pierre à marier » pour écouter cette proclamation puis, à deux, ils tiraient une source d’arbre jusqu’à leur logis.

 

Sur place, cette ancienne tradition est quelque peu explicitée : « Constitué de deux blocs, l’un de schiste et l’autre de quartz, ce double monolithe est la seule pierre de fécondité existant en Belgique. Après la cérémonie religieuse, les mariés devaient sacrifier à la coutume du « saudage ». Ils s’asseyaient dos contre dos sur le bloc de quartz pour être fertilisés. On attachait à chacun d’eux une socquette « souche d’arbre » ou un caillou symbolisant les contraintes de leur union. »

 

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La Pierre à marier.

 

De l’autre côté du pont qui surplombe la Semois, en allant vers la France toute proche, on aperçoit un… ours statufié. En voici l’explication : « Pendant le transport des Hautes Tatras (Slovaquie) au Zoo Royal de Paris au printemps 1760, un ours brun (Ursus horribilis) s’échappa aux environs de Strasbourg. Sur sa route à travers le Jura français, l’ours tua douze soldats français, deux chasseurs et un berger. Il semblait invincible.

Tout à coup, il apparut dans les forêts de la Semois. Un pèlerin, transportant des fûts de bière de Bouillon pour la fête de l’inauguration de la nouvelle église, fut surpris par l’incroyable bête.

Il ouvrit vite deux fûts et grimpa dans un chêne séculaire. L’ours but tellement de bière qu’il s’endormit sur la charrette et fut capturé ! ».

 Aujourd’hui, l’ours de Bohan est une bière et le « Bâton de l’Ourson » est un nougat !

 

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Cette histoire est même contée par « Bières du Monde » au Canada !

 

De nombreuses promenades dans la forêt omniprésente agrémentent le séjour des visiteurs. Parmi elles, il y a celle dite de « La Table des Fées » (5 km, parfois assez difficiles – « Les pentes sont raides dans les Ardennes… » -, partant et revenant à l’église, passant par la Route de Membre, le Châtelet, la Cheminée, la Table des Fées, la Membroise, Quelhan, le Mont-les-Champs…).

 

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Splendide vue sur la Semois depuis la promenade de « La Table des Fées » tracée sur les hauteurs de Bohan.

 

Dans la forêt, on découvre donc des sites « fabuleux » et des points de vue exceptionnels sur la Vallée de la Semois.

 

. Le Châtelet : jadis, en ce lieu, est-il indiqué sur place après avoir escaladé un sentier très pierreux et bordé de chênes magnifiques, s’élevait une forteresse antique.

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Le Châtelet.

 

Établi sur une hauteur escarpée, ce promontoire était inaccessible de tous côtés, sauf au Sud où il était défendu par une double rangée de fossés.

Lorsque la population locale était menacée, elle se réfugiait en cet endroit et y plantait des pieux pour en augmenter les défenses naturelles.

 

. La Cheminée : ce promontoire faisant partie d’une succession de monolithes pittoresques tient son nom du passage creusé dans la pierre, faisant penser à une cheminée, est-il aussi indiqué sur les hauteurs de Bohan.

 

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La Cheminée.

 

Ces pierres comptent parmi les curiosités du Parc National Bohan-Membre.

 

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Énigmatique pierre sur le trajet de « La Table des Fées ».

 

Bohan recèle encore d’autres « particularités »…

 Il y a un pont endommagé, qui démontre, si besoin est encore, de la violence des destructions lors de la Seconde Guerre mondiale, quelques vestiges de séchoirs à tabac, le « Tabac Semois » étant, naguère, très… prisé !, et puis, cette anecdote : « Dans les années ’70, il fallut restaurer le coq surmontant la flèche de l’église car, à chaque mariage, la tradition voulait que les chasseurs le criblent de plombs !

La tradition fut déplacée auprès de « La Pierre à marier » pour saluer l’heureuse union. »

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(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

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Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

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« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (127/140) : VOUZIERS (France) : Ombre et lumière, Verlaine et Garros

 

Endroits et histoires magiques

 2.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 

Au « Pays de l’arbre roi », Vouziers permet, sur des voies du XIXe siècle, des voyages nostalgiques grâce à l’autorail « Picasso » avec (re)découvertes de la Vallée de l’Aisne. Des départs sont fixés à Amagne et Attigny, de fin juin à fin août/début septembre.

 

Et puis, situé entre Vouziers et Grandpré, le Parc Argonne Découverte (Olizy-Primat) offre une magnifique occasion de « reprendre goût à la Nature », de jour comme de nuit, avec des animaux dits sauvages.

Une petite meute de loups est même au programme !

Ce site unique en Europe, permet encore d’apprécier la vie nocturne des chouettes, des chauves-souris, des rats et des mulots.

Des « hamacs à bonds » (des vêtements adaptés sont requis !) sont aussi disposés le long d’un sentier forestier, alors qu’une enquête « Mission Chercheur » met en scène des martres, des grenouilles et des blaireaux.

 

Le loup et sa riche symbolique

 

À l’occasion d’une émission radiophonique, j’ai développé la symbolique du loup…

 

- Outre l’animal tant redouté, mais parfois admiré par l’homme, c’est une figure emblématique qui parsème des romans, des sagas, des traditions, les arts et, aussi, certains cauchemars, ce n’est pas le loup-garou qui me contredira !

 

- Ces fameux hommes transformés en loups ?

 

- Non seulement des hommes, mais, également, des femmes métamorphosées en carnassiers par la magie d’un onguent maléfique appliqué par le diable ou un sorcier ! Les loups-garous, personnages terrifiants qui, de nuit, traversaient nos champs en traînant derrière eux une longue et bruyante chaîne et qui retrouvaient leur forme humaine le jour…

 

- Nous voici, effectivement, dans l’imaginaire et les croyances populaires !

 

- Pourquoi le diable est-il boiteux, selon vous ?

 

- Vous allez nous le révéler !

 

- Parce que c’est lui qui donna la vie au loup et que celui-ci le mordit à un pied ! Et, dans nos Ardennes, il se disait qu’un loup blanc installé au pied d’un hêtre, attendait le promeneur et qu’il ne fallait surtout pas lui parler, car il vous sautait au cou et vous emmenait au fin fond des ténèbres. De plus, prononcer son nom durant la nuit de Noël, signifiait que le loup allait apparaître au milieu d’un proche troupeau.

 

- L’expression « Quand on parle du loup, on en voit la queue » proviendrait-elle de là ?

 

- Exactement ! Mais, je ne veux pas terminer cette chronique dans l’horreur, en rappelant que les Romains le consacrèrent à Mars, le dieu de la Guerre, qui fit nourrir par une louve les jumeaux Remus et Romulus, fondateurs de Rome et, aussi, emblème de La Louvière, la cité des Loups.

 

- Mais, n’y aurait-il pas une légende à ce dernier sujet ?

 

- Il se dit que des fouilles anciennes à la recherche de vestiges romains se déroulant dans cette cité hennuyère, auraient permis de découvrir les restes d’une louve allaitant un enfant ; néanmoins, ceci n’a jamais été confirmé officiellement et la légende subsiste dans les croyances populaires.

Pour en terminer, et puisque vous parliez de queue du loup, il se disait encore, dans nos régions, que les poils de la queue de cet animal étaient un puissant philtre d’amour !

 

Verlaine et Garros

 

À Vouziers, terre natale d’Hippolyte Taine, historien et philosophe, et d’Albert Caquot, dit le « père des ingénieurs », son théorème faisant encore autorité, l’ombre de Paul Verlaine plane toujours : n’a-t-il pas été condamné, en 1885, à un mois d’enfermement à la prison de la cité pour avoir menacé de mort sa mère ?

Un autre personnage est, lui, mis en lumière de manière plus solennelle : Roland Garros dort pour l’éternité au cimetière de Vouziers.

Le pilote avait été abattu lors d’un combat aérien, le 5 octobre 1918 (à quelques semaines de l’Armistice, donc), à Saint-Morel.

 

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Sur ce document de la Bibliothèque Nationale de France, on voit Roland Garros, sportif accompli, devant un avion « Demoiselle B.C. », quatre ans avant sa mort tragique en terre ardennaise.

 

Il repose non loin de l’église Saint Maurille et son splendide portail Renaissance (1517-1565) qui montre des habitants du bourg au XVIe siècle ou des donateurs : un bourgeois, un artisan, une paysanne, un militaire, un pèlerin, un artiste portant un bonnet d’âne, un moine, un évêque…

Plusieurs monuments rappellent la « Bataille de Vouziers », l’une des plus importantes lors de l’offensive des Alliés.

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

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