31/05/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (105/140) : SAINT-MENGES (France) : Un intérêt majeur du Patrimoine

 

Endroits et histoires magiques

 2.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

Saint-Menges est un village situé au nord de Sedan et à sa mairie on m’a directement évoqué l’église qui se trouve juste en face du bâtiment civil officiel :

 « L’église Saint-Memmie constitue un élément important du patrimoine sedanais, tout en incarnant la conjugaison de différents types d’architecture, communion des cultures ardennaises et champenoises, union du schiste et de la pierre calcaire.

Un monument à faire connaître et à respecter, toujours empreint du souvenir des terribles Guerres de Religion, témoins des vicissitudes d’un passé foisonnant… »

 

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L’église Saint-Memmie.

 

Saint Memmie ou saint Menge (s)

 Romain de naissance, il fut envoyé en Gaule et il prêcha l’évangile. Il devint le premier évêque de Châlons en Champagne et premier évangélisateur de la région.

D’abord repoussé par la population, il se retira dans les bois, attendit, pria, travailla… ressuscita le fils du gouverneur qui s’était noyé.

D’autres miracles émurent les habitants : l’heure de l’évangélisation avait donc sonné !

Memmie est mort à la fin du IIIe siècle.

Depuis 1318, ses reliques sont contenues avec celles de sa sœur, sainte Pome, dans une châsse.

 

Prison ou Palais ducal

 

Au XVIe siècle, Saint-Menges, situé aux portes de la principauté souveraine de Sedan, protestante, fut la cible de bandits, on craignait des heurts entre catholiques et calvinistes, des incursions de mercenaires allemands...

L’église a été fortifiée, ainsi que le mur d’enceinte du cimetière, comme celui de Douzy, de Floing, d’Illy… 

Alors, le mur pignon de l’édifice religieux fut soutenu du côté nord par un fortin, percé de petites canonnières, le tout nommé « Prison » ou « Palais ducal ».

La tour carrée contient un escalier en colimaçon fabriqué de vieux chênes datant du XIVe au XVe siècle.

Cet endroit servit de mairie, Saint-Menges fut « débaptisé » à la  Révolution et s’appela « Union » et l’église transformée en « temple de la déesse Raison ».

 

Sur le linteau du grand portail, une inscription fut peinte : « La Convention reconnaît l’existence d’un Être suprême et l’immortalité de l’Âme ».

Au XIXe siècle, l’église fut restaurée, mais, durant la guerre 1914-1918, une infirmerie allemande y fut installée, les cloches volées par l’occupant, les vitraux détruits lors de la Seconde Guerre mondiale...

 

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Prison ou Palais ducal.

 

Aujourd’hui, on remarque le chœur gothique du XIIIe siècle et sa piscine liturgique, des colonnettes à crochets, un reliquaire contenant des ossements sacrés de saint Memmie, des fonts baptismaux en marbre rouge du XVIIIe siècle, des dalles tumulaires…

 

La Maison forte

 

À quelques mètres de la frontière belge, en traversant la Forêt de Sedan, une maison fortement détériorée où flotte un drapeau tricolore français attire l’attention. Il est même demandé au passant de se souvenir…

De se souvenir de l’offensive allemande du 10 mai 1940, que les Allemands entrèrent dans Bouillon le 11 mai, foncèrent vers la Meuse à l’Ouest avec pour but : atteindre Dunkerque au plus vite.

Quelques maisons avaient été construites tardivement à la veille des hostilités, le long de la frontière, et elles n’étaient fortes que de nom. Bien sûr, elles ne purent que retarder brièvement l’avancée inexorable du torrent humain et mécanique nazi.

 

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« Ici, le 12 mai 1940, sont tombés glorieusement au combat, pour la défense de tes libertés : le lieutenant Boulenger, le brigadier Collette, le pointeur Guilbert, les canonniers Bellenou et Le Gleut. »

Ici, sur le territoire de Saint-Menges, le 12 mai 1940, le lieutenant Boulanger et ses quatre hommes ouvrirent le feu sur les premiers chars ennemis au débouché de la forêt.

À vrai dire, ils firent le sacrifice de leur vie en résistant jusqu’au bout pour la liberté, pour notre démocratie. Il faut, effectivement, s’en souvenir avec respect.

 

Militaire ou pacifiste ?

 

À Floing, un village situé entre Saint-Menges et Sedan, le monument du Général Margueritte attire surtout l’attention par sa dédicace :

 

 « La famille du général Margueritte, qui porte le nom d’une commune des environs de Nîmes, est originaire du Gard, mais les hasards de la vie l’ont fait naître dans le département de la Meuse en 1823.

 

Brillant officier de cavalerie, il prend part à la campagne du Mexique en 1867 avant de prendre le commandement du 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique en Algérie.

 

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Le général Margueritte.

 

Rappelé en France comme général de brigade, il est nommé général de division le 29 août 1870 pour prendre la tête de la 2ème Division de réserve de cavalerie formée en toute hâte de quatre régiments d’élite et de deux batteries d’artillerie.

C’est au moment où la cavalerie va s’élancer contre l’infanterie ennemie qu’il est mortellement blessé, au début de l’après-midi du 1er septembre. Transporté en Belgique, il meurt à Beauraing le 6 septembre.

 

Cette belle statue pleine d’ardeur tragique, rendue à la France par l’Algérie en 1968, a été transportée de Kouba à Floing pour être placée au cœur même de la commune : elle est celle d’un chef exemplaire qui, avec ses cavaliers, se sacrifie pour que l’honneur soit sauf alors qu’il savait la situation sans espoir.

 

Quelques-unes de ses plus belles paroles ont été : « Je crois que ma véritable vocation n’est pas d’être soldat. Je n’aime pas la guerre. J’en ressens l’entraînement quand je suis soumis à son action, mais de sang-froid j’en ai horreur : bâtir, planter, cultiver la terre, faire des travaux d’utilité, voila ce qui me convient, et c’est à cela que j’ai trouvé satisfaction dans ma carrière. Signé : Général Margueritte. »

 (*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

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« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (104/140) : SAINT-HUBERT (Belgique) : Le chasseur et le cerf blanc

 

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 

Saint-Hubert et sa région abondent de lieux fabuleux et de légendes, parfois mystérieuses et insolites, fantastiques et merveilleuses.

C’est que, ici, les fées, les sorcières, le Diable, les nutons, mais, aussi, des hommes sages et des femmes extraordinaires, bref, tous des personnages sortant de l’ordinaire, ont un terrain propice à vivre et à raconter des histoires, des contes et des fables formidables puisqu’ils fréquentent de manière régulière, voire habitent, les immensités boisées des Ardennes.

 

Les gémissements du cerf

 

Bien entendu, la légende de saint Hubert plane à chaque coin de la jolie petite ville et de ses environs.

Une légende qui traverse les siècles…

 

« Vers l’an 700, le duc Hubert, arrière-petit-fils de Clovis, roi des Francs devenu le premier roi barbare – étranger pour les Grecs et les Romains -  chrétien à l’issue de son baptême à Reims, fut nommé évêque à Liège. Il participa même à la fondation de cette ville, que l’on nomme également « Cité Ardente ».

 

Mais, avant cela, un Vendredi Saint (jour de la crucifixion de Jésus), Hubert, 28 ans, qui n’était pas encore chrétien, aimait bien faire la fête et était passionné de chasse, alla traquer l’animal dans une forêt ardennaise, à un endroit où le gibier était important.

Soudain, il vit un superbe cerf blanc et il s’apprêta aussitôt à tuer l’animal d’un vigoureux coup de lance entre les deux yeux ou dans le flanc. Faisant patienter ses lévriers, il réfléchit un peu à l’endroit exact où il allait planter l’épieu, se disant, finalement, que le côté de l’animal était bien plus facile à atteindre. Il se régalait à l’avance d’entendre gémir le cerf… Il leva le bras droit, pointa, mais, avant qu’il ne puisse lancer son arme, une voix lui parvint du ciel et envahit toute la forêt, alors qu’une croix se dressait entre les bois développés et ramifiés de l’animal, car c’était déjà un cerf assez âgé :

 

- Hubert ! Pourquoi poursuis-tu les bêtes dans la forêt ?

- J’aime chasser !

- Et, surtout, les faire souffrir en leur infligeant d’atroces blessures !

- Rien ni personne ne peut m’interdire de pourchasser cet animal !

- Pourquoi cette passion alors que tu ne te préoccupes même pas de ton âme !

- Que dois-je faire ?

- Sois bon, charitable, prie. Convertis-toi à la foi catholique ou tu descendras plus rapidement en enfer !

 

Impressionné par cette voix venant du ciel, mais, également, par la croix du cerf, Hubert tomba à genoux et fit la promesse de ne plus jamais pourchasser les animaux. Il devint évêque de Liège et, en remerciement pour son geste, il reçut d’un ange une étole (bande d’étoffe portée par des religieux) tissée au ciel par la Vierge, puis, saint Pierre vint en personne lui donner une clef, signifiant par là qu’Hubert avait le pouvoir de guérir certains malades.

Ainsi, un jour qu’il était en procession, celle-ci fut perturbée par une femme qui était devenue folle. Dans un geste d’apaisement, Hubert lui rendit la santé.

Abandonnant ensuite toutes ses richesses, il vint s’établir dans les bois près de Champlon, tout en continuant à vivre une existence de charité et de bonté.

Quand il mourut, son corps fut dirigé vers l’abbaye d’Andain (ou Andage), qui deviendra Saint-Hubert, mais il a étrangement disparu en 1568.

Néanmoins, dans la basilique de Saint-Hubert un immense monument-tombeau attend sa dépouille…

 

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Cet imposant monument est prêt à recevoir les restes de saint Hubert.

 

D’étranges gisants noirs

 À la « Maison du Tourisme du Pays de Saint-Hubert », on propose aux visiteurs neuf « immanquables » : la Basilique Saints-Pierre-et-Paul, le quartier abbatial et le parc à gibier de Saint-Hubert, le Musée des Celtes à Libramont, le Domaine provincial de Mirwart, le Musée de Fourneau-Saint-Michel (ancienne forge restaurée, bâtisses rurales, chenets, crémaillères, plaques de cheminées, croix de cimetière, le « maka », marteau de 200 kilos…), les Réserves naturelles de Basseille et de Mochamps et le Sentier didactique du Bois de la Fontaine à Laneuville-au-Bois.

Si les fêtes de fin d’année rendent Saint-Hubert encore plus féérique, c’est tout au long de l’année que se déroulent des événements aussi prestigieux que le Pèlerinage à saint Hubert, le cortège historique, la Fête des Bouchers, le « Juillet musical »…

 De plus, si Saint-Hubert, capitale européenne de la chasse et de la nature, est une source florissante de culture et d’art, elle garde fièrement, aussi, dans sa basilique somptueuse, la fameuse étoffe tricotée par Marie et remise à Hubert…

Cette basilique considérée comme « patrimoine exceptionnel » est un édifice érigé au XVIe siècle suite à l’incendie de l’abbatiale.

La nouvelle église abbatiale, devenue paroissiale en 1809, fut ensuite élevée au rang de basilique mineure en 1927, titre accordé par le pape Pie XI afin de commémorer le 1.200e anniversaire de la disparition de saint Hubert.

Sur la façade, on lit plusieurs citations, dont : « La mort est certaine et le jour incertain, et ce n’est pas toi qui en diras l’heure ». Cette phrase est placée sous l’horloge !

L’intérieur de ce lieu de pèlerinage fort fréquenté (quelque 100.000 visiteurs par an) est fait de lumière et de gris, rose, blond, noir, rouge-brique, et accueille plusieurs reliques saintes.

 Ce très long vaisseau avec tours carrées, porche, nefs, travées, déambulatoire, chapelles rayonnantes…, possède aussi une remarquable crypte sous le chœur.

 Cette crypte romane (1064) et deux gisants attirent l’attention parmi de nombreuses dalles funéraires d’abbés, de moines, de donateurs…

Ces gisants à tête noire sont passablement polis (lisses), conséquence d’une croyance ancienne qu’en les frottant on se protégeait des maux de dents ! Aujourd’hui, plusieurs dentistes se partagent la patientèle saint-hubertoise !

 

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Crypte romane et étranges gisants.

 

Quant aux stalles qui meublent le chœur liturgique, ce sont des sièges occupés naguère par les moines bénédictins lors des offices et elles datent de 1733.

 Il y a, encore, des représentations d’animaux gracieux ou franchement fantastiques (culs-de-lampe), de têtes grotesques (clefs de voute), d’un lynx malicieux (écoinçon), d’un dominicain et d’un bénédictin recevant, chacun – afin de ne pas faire de jaloux ? -, un rosaire, l’un de la Vierge, l’autre de son Fils…

 Le « Raphaël des fleurs »

 Pierre-Joseph Redouté est né à Saint-Hubert le 10 juillet 1759 et mourut à paris le 19 juin 1840, soit plus de quatre-vingts années d’une vie exceptionnelle au point que ce peintre, célèbre pour ses aquarelles de fleurs, fut surnommé le « Raphaël des fleurs » !

Ce fut dans l’adolescence que Pierre-Joseph Redouté habita Paris où il orienta son art vers l’illustration botanique.

Il fréquenta même le Jardin Botanique de Kew (Grande-Bretagne) pour y étudier les plantes de plus près.

En 1788, il entra à la Cour de Versailles et la reine Marie-Antoinette, épouse du roi Louis XVI, surnommée, tour à tour, « L’Autrichienne », « Madame Déficit » et « Madame Véto », devint sa protectrice, puis, dix ans plus tard, ce fut au tour de Joséphine de Beauharnais, la première épouse de Napoléon Ier, qu’il répudiera car elle ne pouvait avoir d’héritier, de le prendre sous sa coupe.

Outre d’autres personnalités, Pierre-Joseph Redouté devint le professeur de peinture de l’impératrice Marie-Louise, la deuxième épouse de l’empereur.

Un musée, une rue, une fontaine et une roseraie sont consacrés au génial illustrateur.

Une roseraie comprenant une cinquantaine de variétés de roses, fleur qui était devenue sa spécialité. C’est tellement vrai, que, grâce aux illustrations de Pierre-Joseph Rédouté, on peut encore « contempler » des espèces aujourd’hui disparues !

Assurément, une fameuse destinée pour le peintre saint-hubertois !

 Non loin de ces lieux, on peut voir ou visiter l’église Saint-Gilles (XIe siècle), l’une des plus anciennes églises romanes de Wallonie, la statue du Cerf crucifère, le Palais abbatial…

Ce dernier faisait partie du quartier abbatial, un endroit fort tourmenté : incendies, pillages, destructions, rénovations et « fonctions » multiples comme celles, actuelles, d’abriter des archives de l’État belge et un Service culturel, après avoir été « chancellerie abbatiale », hôtellerie pour les visiteurs de marque, administration, tribunal, sous-préfecture et, même, maison dite de redressement pour la jeunesse !

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De part et d’autre de la porte d’entrée du Palais abbatial, on trouve deux fontaines identiques avec d’étranges représentations…

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

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« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (103/140) : SAINTE-ODE (Belgique) : Nature, terroir et traditions

 

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Quatre sites sont recommandés par le Tourisme local : Champimont, le centre d’interprétation du champignon, l’église romane d’Amberloup, le site des éoliennes et la Chapelle de la Bonne Dame.

 

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Le champignon à Champimont…

 

À ce sujet, voici une légende qui traverse les décennies :

 « Au VIIe siècle, il existe une communauté de vierges installée dans la forêt de Freyr s’étendant de la Barrière de Champlon vers Saint-Hubert, Mochamps… On y trouve des hêtres, chênes, aulnes, des landes sèches et humides, de la tourbe, des cigognes noires, des chouettes, pics noirs, libellules, papillons…

Tous les jours, à la tombée de la nuit, une cloche retentit afin de permettre aux gens égarés de rejoindre la demeure communautaire et y recevoir l’hospitalité. Comme à la Baraque Michel (voir ce chapitre), comme à la Dômerie d’Aubrac (« Cloche des Perdus »)…

Hélas, durant une nuit hivernale, des bandits envahissent le refuge. C’est une véritable nuit d’horreur dont, seule, Ode échappe.

Depuis lors, elle vit en ermite dans la forêt, non loin de Lavacherie où elle se rend parfois pour quémander un peu d’aide.

Un jour, un nouvel arrivé au village, la rabroue. Le soir-même, cet homme tombe totalement aveugle. Il se remémore son attitude à l’égard d’Ode, fait le lien avec son mal et, plein de regrets, s’en va aider la jeune femme.

Aussitôt, elle fait jaillir une source d’eau et dit au villageois : « Tu peux te laver les yeux avec cette eau ! » L’homme retrouve la vue. »

La source existe toujours et l’eau est recueillie dans une cuvette en forme de coquillage. Un sanctuaire rend hommage à la Bonne Dame et l’endroit est l’objet d’une certaine dévotion. Il se dit qu’Ode, devenue sainte, était la tante de saint Hubert, mais ce serait davantage une légende qu’un fait historique.

 

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                                                                                          L’Ourthe à Sainte-Ode.

Concernant le patrimoine religieux, il est aussi recommandé :

 

- Le Domaine de Beauplateau : ancien couvent (1880) détruit partiellement et qui est devenu un Centre d’activité sociale et touristique.

- Le vitrail de l’église de Houmont : réalisé en 1945, il représente l’emblème de la 17e Division Airborne ayant combattu dans la région en décembre 1944 et décembre 1945 lors de la Bataille des Ardennes. C’est le point de départ de la Route du Souvenir de Sainte-Ode (55 kilomètres) retraçant les moments forts de cette formation militaire.

 

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Emblème de la 17th Airborne Division.

 

- L’église de Lavacherie, ses vitraux, son chemin de croix, et une première chapelle (1692) dédiée à Saint-Aubin et à Saint-Antoine de Padoue.

- L’église de Tillet : dédiée à saint Ouen (VIIe siècle), évêque de Rouen, familier de Dagobert et conseiller de la reine Bathilde.

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La jonquille, emblème de Sainte-Ode.

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

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