19/05/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (86/140) : NEUFCHÂTEAU (Belgique) : Un passé exceptionnel

3.jpgEndroits et histoires magiques

 Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Neufchâteau, ville moyenâgeuse (Tour Griffon), ancienne sous-préfecture du département français des Forêts (1795-1815), a beaucoup souffert lors de la Première Guerre mondiale (des dizaines de victimes et de maisons détruites) puis tomba à nouveau aux mains des Allemands le 11 mai 1940.

Tout ce passé n’est pas oublié à Neufchâteau et dans villages environnants, tout en n’oubliant pas certains attraits offerts par la nature : Musée de la vie rurale, église Saint-Michel, lac, Circuit des Fortins, Circuit de la Mémoire (cimetières, fortins, monuments, chapelles, calvaire…), observatoire d’astronomie, Musée du Jambon, Musée du Téléphone, verger de conservation (150 espèces d’arbres fruitiers), promenades, Moulin Klepper, lavoirs, grotte Notre-Dame, Maison Bourgeois (1806), chapellerie Perrin (art-déco), palais de justice  (mondialement connu depuis l’affaire Dutroux : voir mes ouvrages sur ce sujet judiciaire) et, ce document exceptionnel qui représente la terre de Neufchâteau : la Carte d’Arenberg datant de 1609, dont une reproduction est extérieurement exposée à la Maison Bourgeois-Office du Tourisme…

 Neufchâteau1.jpg

 

 

Carte d’Arenberg.

 

Les premières tombes à char en Belgique

 Au Musée du Cinquantenaire à Bruxelles, j’ai lu cette présentation particulièrement intéressante consacrée au passé de la région de Neufchâteau :

 « Dans le groupe sud des Ardennes, au centre de la province de Luxembourg, les tumulus recouvrent souvent plusieurs sépultures et le mobilier est nettement plus riche que dans le groupe septentrional : céramiques peintes, torques et bracelets en bronze, fibules, agrafes de ceinture, lances et coutelas en fer. Les femmes sont aussi bien équipées que leurs époux.

Près de Neufchâteau, vingt tombes abritaient un petit char de combat à deux roues (voir reconstitution grandeur nature) ainsi que les pièces de harnachement de deux chevaux.

Les fosses, plus grandes que les tombes ordinaires, étaient munies de deux cavités oblongues destinées à recevoir la moitié inférieure des roues et souvent d’une tranchée réservée au timon. Ces sépultures tant masculines que féminines devaient appartenir aux notables.

La tombe de Warmifontaine (située à l’ouest de Neufchâteau) fouillée en 1992 a livré une garniture de moyeu en fer ainsi que deux pièces articulées qui appartiennent à la suspension du véhicule.

Deux mors de cheval et des boutons de harnachement évoquent les équidés qui devaient tirer le véhicule mais qui n’avaient pas été inhumés avec leur propriétaire.

La présence d’un bracelet en bronze laisse croire que le char de Warmifontaine appartenait à une femme. »

 

 Neufchâteau2.JPGNeufchâteau3.JPGNeufchâteau4.JPGNeufchâteau5.JPG

Char celtique, objets divers retrouvés dans les tombes à char, vases, fers de lance, situles, bracelets…

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

16:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (85/140) : MUNO (Belgique) : Opiniâtreté, jovialité et esprit frondeur

1.jpgEndroits et histoires magiques

 Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 

« Muno est un charmant village blotti aux confins de l’immense forêt ardennaise (d’où, feuille de chêne et gland dans ses armoiries), aux portes de la douce Gaume et encastré dans une boucle de la frontière française », annonce, avec fierté, le site du syndicat d’initiative local.

Muno.jpgLe voisinage de ces trois régions donne à Muno du « caractère » : l’opiniâtreté ardennaise, la jovialité gaumaise et l’esprit frondeur français.

 

D’origine gallo-romaine, l’agréable cité devint propriété d’un comte de la lignée de l’empereur Charlemagne qui,  ensuite, la donna à l’abbaye Saint-Vanne de Verdun, les Bénédictins y érigèrent un prieuré, qui passa sous la férule des jésuites aux XVIIe et XVIIIe siècles. Puis, des brasseurs et agriculteurs occupèrent les lieux, avant que le Prieuré de Muno ne devienne un gîte en 2006, un endroit plein de charme classé aux Monuments et Sites de Wallonie.

Il y a aussi le circuit des édicules (potales, croix, calvaires, ex-voto…) qui s’étire sur quatre entités (Muno, Watrinsart, Lambermont et Blancs-Sarts), la voix ferrée Bertrix-Muno-Carignan aménagée en une longue (sept kilomètres) pisté piétonne, cycliste, cavalière…

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

10:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

17/05/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (83 et 84/140) : MONTHOIS (France) : Une célèbre médaille et MOUZON (France) : L’énigmatique Mathilde dans l’Abbatiale

2.jpgEndroits et histoires magiques

 Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Monthois, moins de 400 habitants (plus de 500 avant la Première Guerre mondiale), fait partie des « Villes décorées de la Croix de guerre 1914-1918 ». Cette distinction militaire récompensa une « conduite exceptionnelle au cours de la Première Guerre mondiale ; elle a également été attribuée aux villes martyres, aux villages détruits ou aux cités ayant résisté héroïquement et elle figure à la place d’honneur dans leurs armoiries. »

C’est le sculpteur Paul-Albert Bartholomé qui réalisa cette distinction. C’est lui qui, aussi, sculpta différents monuments visibles aux cimetières du Père-Lachaise, de Montparnasse, de Montmartre à Paris, aux musées des Beaux-Arts de Lyon, d’Orsay et au Panthéon (monument de Jean-Jacques Rousseau) à Paris, royaux à Bruxelles, dans l’Oise, à Rome…

 Et puis, nous voici au « Pays des Trois Cantons », là, du moins au lieu-dit « Alma », où la Meuse entre dans les Ardennes.

À Mouzon, plus précisément au Mont-de-Brune, il est question de la fin (controversée) de l’indépendance des Gaulois ardennais et de leur chef de file Indutiomar et, au site de Flavier, il s’agit de culte gaulois.

 Qui dit Mouzon, dit, aussi, le célèbre Musée du feutre et de la laine, les fortifications, l’abbaye du XVIIe siècle et ses jardins à la française, mais, principalement, l’église abbatiale Notre-Dame.

 Monthermé4.JPG

 

 

 

L’imposante Abbatiale de Mouzon.

 

Ici, j’ai connu l’une de mes découvertes majeures dans la quête de lieux « insolites, sacrés, merveilleux… » qui, pourtant, ne fait que cinq lignes sur une vingtaine de pages dans la plaquette officielle « L’Abbatiale de Mouzon » éditée par « Les Amis du Vieux Mouzon » !

Joyau de l’architecture ardennaise

 Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut savoir que Mouzon s’appelait autrefois Mosomagum, à l’époque de la domination romaine en Gaule.

Au fil des siècles, la seigneurie de Mouzon prit de l’importance au point que Clovis l’offrit à saint Rémi, son baptiseur.

Il y eut plusieurs édifices religieux dans la cité, mais on ne sait pas à quelle époque remonte l’érection de l’église Notre-Dame. Au temps de saint Rémy ?

Ce que l’on sait, en revanche, c’est que l’église est antérieure à 875. Elle connut maintes vicissitudes (incendie, reconstruction, agrandissement, incendie…) et en 1789, elle devint bien national.

En 1801, elle devint « Temple de l’Égalité et de la Raison », écus et inscriptions nobiliaires étant martelés.

En 1807, la foudre tomba sur elle, il fallut vingt ans de travaux pour consolider les murs et attendre 1867 pour une restauration complète.

Hélas, lors de la Seconde Guerre mondiale, un obus endommagea la grande rose du transept sud, un deuxième creva une voûte, écrasant la chaire de vérité et abîmant les bancs et les stalles.

Une nouvelle restauration s’imposa, et l’éclairage indirect fut installé afin de « mettre pleinement en valeur, dans une féérie de lumière, ce joyau de l’architecture ardennaise » inspiré de la magnifique cathédrale de Laon.

 Mouzon2ft300.jpg

 

 

 

Un édifice sacré inspiré de la cathédrale de Laon.

 

Les deux pouvoirs

 Quelques particularités parmi tant d’autres : des sculptures, des écussons, des statues debout et agenouillées (un abbé évêque tenant une crosse et un chevalier armé d’un glaive symbolisent l’union des deux pouvoirs), une quarantaine de gargouilles aux formes étranges et figures grimaçantes, des corbeaux aux formes variées représentent des têtes d’hommes ou de femmes faisant « d’affreuses grimaces », des têtes d’animaux (renards, chiens), des animaux fantastiques, des chapiteaux décorés, une flore diversifiée (chêne, lierre, trèfle, renoncule), la statue de saint Victor de Mouzon, le cou du martyr portant la trace de son supplice tout en protégeant une colombe. Des yeux de celle-ci tombe une goutte de sang.

 

 « Saint Victor de Mouzon fut martyrisé pour avoir protégé la vertu de sa sœur, sainte Suzanne, pour laquelle le gouverneur païen de Mouzon éprouvait une violente passion. Victor eut la tête tranchée et Suzanne les yeux crevés. »

Mouzon4.JPGMouzon5.JPG Mouzon3.JPG

 

 

 

Un joyau de l’architecture ardennaise.

 

 

« Du domaine des Murmures »

 Depuis plusieurs années, j’assume une chronique radiodiffusée et écrite dans l’émission et la rubrique « Littérature sans Frontières » (web Radio/France). Voici celle consacrée à un ouvrage « marquant » : « Du domaine des murmures ». Le lien avec Mouzon sera directement établi ci-après…

« Du domaine des Murmures », couronné par le Prix Goncourt des Lycéens, est un étrange, violent et troublant roman, mais écrit de manière raffinée par Caroline Martinez chez Gallimard.
C'est, à la fois, l'histoire terrifiante et tellement humaine d'Esclarmonde, une adolescente vivant à la fin du XIIe siècle et qui désire ardemment se consacrer à Dieu.

Néanmoins, son père, châtelain, veuf et ayant perdu plusieurs de ses enfants, décide de la marier à Lothaire, un chevalier sans foi ni loi, fils du seigneur de Montfaucon.

Le jour de ses noces, au lieu de clamer le traditionnel et obligatoire « oui », la jeune fille se tranche une oreille en pleine cérémonie nuptiale sous les yeux ébahis des invités et, même, de l'archevêque venu bénir cette union.
Alors que le sang se répand sur le dallage de l'édifice sacré, un agneau fait son apparition : « C'est un miracle ! » conclut l'ecclésiastique en voyant l'animal se diriger vers Esclarmonde. Une attitude prise comme une sorte d'accord céleste à la volonté de ne s'unir qu'au Christ.
Une Esclarmonde qui va jusqu'à réclamer d'être recluse et, ainsi, terminer son existence en communion avec Dieu, quand bien même elle a été violée avant de rejoindre son « reclusoir » où une tombe a été creusée à ses dimensions.

Mais, dans sa retraite située près du chœur d'une chapelle, elle n'est pas seule. Elle suit les offices par un petit orifice donnant dans la nef et elle reçoit beaucoup de confidences de gens qui l'implorent de prier pour leur salut, entre autres des pèlerins en route vers Compostelle.
Elle est là, posée comme une borne à la croisée des mondes, explique l'auteure.
Et puis, cela bouge dans le ventre d'Esclarmonde et, croyez-moi, on sort sérieusement « secoué » par la lecture de pareil ouvrage ! Mais, tout le monde arrivera-t-il au bout de ce récit dantesque ? »

 Mathilde, la recluse de Monzon

 « Ainsi, à gauche de l’autel, dans le mur nord on remarque une petite salle avec une porte basse et une fenestrelle. Ce logement accueillait au Moyen Âge une « recluse » qui volontairement se faisait enfermer afin de prier et d’être ainsi l’intermédiaire entre Dieu et les hommes. Il reste très peu de « reclusoirs » en France et en Europe. », selon « L’Abbatiale de Mouzon ».

C’est la raison pour laquelle j’ai évoqué mon émotion à cette « découverte majeure » effectuée parmi mes nombreux périples et pérégrinations.

De la bouche d’une paroissienne de Mouzon, j’ai appris que la recluse s’appelait Mathilde et qu’elle possédait un « château » dans les environs de la cité, à dire vrai c’était une imposante demeure.

Mouzon6.JPG

 

Mouzon7.JPG

 

Mouzon8.JPG

 

 

 

 

 

Le reclusoir de Mouzon.

 

« On a découvert son « reclusoir » il y a trente-cinq ans. Il y avait peut-être une pièce adjacente. Était-elle aussi murée ?

On a trouvé une pierre tombale dans la chapelle Saint-Joseph adjacente, celle d’une femme ayant vécu au XIIe siècle. Il pourrait bien s’agir de Mathilde ».

 Mouzon9.JPG

 

 

S’agit-il de la pierre tombale de la recluse Mathilde ?

 Une curiosité de Mouzon

 À l’entrée du « reclusoir », j’ai glané quelques explications « officielles » sous ce titre : « Une curiosité de Mouzon » :

 « Dans l’esprit de nos contemporains, la récluserie est synonyme d’emprisonnement, d’enfermement pour une faute commise, une certaine forme d’expiation…

Dès le 1er siècle, de notre ère chrétienne, des hommes ou des femmes, après avoir vécu une vie maritale décidaient librement et sans contrainte de terminer leur existence, ici-bas, dans la prière, la méditation, le silence et la pénitence.

Leurs vies d’ermites n’avaient qu’un seul but :

La recherche de l’Essentiel, le face-à-face avec Dieu.

Nous voyons, ici, une partie de la cellule, il faut imaginer une pièce plus grande, avec une fenêtre donnant sur le cloître qui permettait au moine portier d’apporter à la recluse le nécessaire pour vivre.

 La fenestrelle, l’hagioscope, qui se trouve à côté de la porte, donnait la possibilité à la recluse de recevoir les intentions de prière des gens et surtout de suivre les offices religieux célébrés dans l’Abbatiale.

 Nous connaissons deux personnes qui ont habité cette cellule : Messamilla, fille d’Hugues le Loup et Mathilde de Villemontry au XIIe siècle (1197). Nous savons aussi que le fils de Mathilde était moine bénédictin à l’Abbaye de Mouzon.

 Cette forme de vie érémitique n’était pas rare, jusqu’au Moyen Âge, on pouvait compter trente cellules de recluse dans la seule ville de Lyon. »

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

18:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)