22/05/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (90bis/140) : Oignies-en-Thiérache (Belgique) : Le Village des Veuves

Endroits et histoires magiques

 Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 DSCF1126.JPGVoici ma chronique sur VivaCité au micro de Philippe Delmelle :

 

- Alliant des faits historiques, des légendes, des anecdotes et des informations patrimoniales, vous nous invitez à Oignies-en-Thiérache.

 

- L’histoire écrite de ce village remonte jusqu’au VIIIe siècle quand on apprend qu’il faisait partie, tenez-vous bien, de la célèbre Abbaye de Saint-Germain-des-Prés située dans la banlieue de Paris !

Ceci étant précisé, dans le guide touristique communal, sous le titre « Oignies, le village des ardoisières », j’ai lu ces jolies phrases à l’encontre de cette entité nichée au cœur de l’immense forêt ardennaise : « Oignies, un espace gagné par la forêt, où la couleur des schistes n’a d’égale que celle des frondaisons. Marchez sur la pointe des pieds, décelez l’empreinte du gibier, puis percevez l’écho de ces Ardennais qui fendaient la pierre dans les ardoisières. »

 

- Un village qui était le centre de l’Europe des 15, mais, au juste, pourquoi l’appelait-on aussi « Village des Veuves » ?

 

- L’industrie de l’ardoise était omniprésente à Oignies avec, par exemple, quelque 300 artisans, ouvriers et employés œuvrant dans les ardoisières à la fin du XIXe siècle. À cette époque, il n’y avait pas encore de protection des travailleurs et les accidents et maladies professionnelles, telles la schistose et la silicose, étaient nombreux et beaucoup se soldaient par la mort d’ouvriers dans la quarantaine, d’où la dénomination de « Village des Veuves ». Cette industrie périclita et il ne reste que des vestiges de cette époque.

 

- Tel le site du « Trou du Diable », paraît-il...

 

- Effectivement, c’était une ancienne ardoisière sur la route de Fumay, et, ô hasard qui fait bien les choses, la Cathédrale de Lumière n’est pas très éloignée d’elle.

 

Oignies-en-Thiérache1.JPG

 

 

 

 

 

La Cathédrale de Lumière.

 

- À savoir ?

 

- Sur cette même route se trouve un symbole de l’unité européenne, à savoir, une étoile réalisée en pavés de granit et, au milieu d’elle, il y a la « Cathédrale de Lumière », une œuvre en verre dont chaque branche représente un pays des 15 et la longueur est proportionnelle à sa date d’entrée dans l’Union Européenne. Le tout est entouré de chênes, un arbre éminemment symbolique sur le plan de la puissance.

 

- Pouvez-vous nous rappeler ces pays et ces dates ?

 

- En 1958, il s’agissait des pays fondateurs : la Belgique, la France, l’Italie, l’Allemagne, le Grand-duché de Luxembourg et les Pays-Bas, puis, en 1973, le Danemark, le Royaume-Uni et l’Irlande, ensuite, en 1981, la Grèce, en 1986, l’Espagne et le Portugal, et en 1995 , la Suède, la Finlande et l’Autriche. C’est Bernard Tirtiaux l’auteur de cette « Cathédrale de Lumière », un artisan et, aussi, un merveilleux auteur dont j’ai apprécié les romans historiques « Le passeur de lumière », « Les sept couleurs du vent », « Aubertin d’Avalon »…

 

- D’autres précisions concernant sa Cathédrale de Lumière ?

 

- C’est l’artisan lui-même qui évoque une cathédrale rassembleuse, qui se veut annonciatrice d’un monde plus solidaire, plus égalitaire, plus équitable… « Ma grand-mère me parlait déjà du concept de l’Europe avant qu’il ne soit réellement mis en pratique… », précisa Bernard Tirtiaux.

 

 

Oignies-en-Thiérache2.JPG

 

 

 

 

                                                                           Une cathédrale « rassembleuse ».

 

- Et, on retrouve Toine Culot cher à l’auteur Arthur Masson dont il est question à Treignes…

 

- Sur une pierre prétendue tombale, on peut lire : « Le 1er mars 2002, avec mes amis, j’ai enterré le dernier franc. » Signé : Toine Culot, maïeur de Trignolles.

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

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« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (91/140) : ORVAL (Belgique) : La fée, le trésor du roi de France et Nostradamus

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

Le site d’Orval se situe au fin fond de la province de Luxembourg, à quelques centaines de mètres de la frontière française et de la magnifique Basilique des Champs d’Avioth, et il est surtout connu pour son abbaye, où l’on prie, bien entendu, mais où l’on fabrique également de la bière et du fromage réputés.

L’abbaye se situe dans une région abondamment boisée, particulièrement attrayante sous les couleurs de l’automne, et elle est un indiscutable havre de paix propice aux promenades, aux méditations, aux contacts humains avec les moines et les résidents de l’hôtellerie…

 Je lui ai consacré plusieurs reportages en radio et en télévision, ainsi que de nombreux articles ou chapitres dans mes écrits, tant il y a de sujets à aborder en cet endroit mystérieux et mystique.

En reparler, ici, est un réel plaisir nonobstant le fait que j’y apporte de nouveaux éléments glanés dans la littérature et sur place.

 

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L’Abbaye d’Orval est un site qui mérite une attention soutenue et renouvelée.

 

La fée Mélusine, bâtisseuse

 

Mélusine était une fée qui apportait beaucoup de bonheur : richesse, force et puissance. Protectrice d’une maison noble, elle inspirait aussi des réalisations prestigieuses. Ainsi, elle aurait construit elle-même la chapelle pour la cérémonie de son mariage en une nuit !

Elle faisait surgir, comme par enchantement, un château juché sur une colline, des couvents, des églises, des monastères, des abbayes, dont celle d’Orval, dit la légende… Mère modèle de dix enfants, jolie et aimable femme, elle apportait la prospérité.

On dit qu’elle travaillait la nuit, au clair de lune et avant le chant du coq, mais qu’elle arrêtait sa tâche aussitôt qu’on la surprenait.

C’est la raison pour laquelle certains édifices sont inachevés, ainsi, il manquerait la dernière pierre de la flèche (75 mètres de haut) de l’église Notre-Dame de Niort (France)…

 

Un premier constat de sa présence dans les Ardennes : Mélusine ne dut certainement pas être dérangée dans la construction de l’abbaye d’Orval, tant celle-ci est magnifique, du moins, les vestiges que l’ont peut encore visiter.

 

Orval2.JPG

 

 

 

 

                       Une partie de l’œuvre de la fée-bâtisseuse Mélusine, selon la légende.

 

Mélusine (qui signifierait « merveille ») est entrée dans la légende à partir de contes populaires et d’histoires chevaleresques moyenâgeuses, comme l’attestent de nombreux écrits parmi lesquels « La Noble histoire de Lusignan » de Jean d’Arras (XIVe siècle) et « Le Roman de Mélusine » de Coudrette (tout début du XVe siècle). Elle apparaît aussi dans une poésie d’Émile Verhaeren et même dans le très sérieux dictionnaire « Littré » sous le nom de « Merlusigne », dans d’autres parutions, il est question de Mélusanette, Mélorcine, Mélousine…

 Voici le résumé d’une version, parmi plusieurs, de cette légende :

 « Dans le royaume d’Albania (Grande-Bretagne en celte), devenu « Albion », le roi Élinas, père de Mataquas né d’un premier lit, rencontra une belle jeune femme près d’une fontaine et la demanda aussitôt en mariage. Il s’agissait de la fée Persine.

- Je suis d’accord, mais à une seule condition.

- Laquelle ?

- Celle de ne jamais chercher à me voir lors de mes couches.

- C’est entendu !

 Élinas et Persine eurent trois enfants, des filles : Mélusine, Mélior et Palestine. Ils vivaient heureux jusqu’au jour où, poussé par la jalousie, Mataquas fit entrer son père dans la chambre de Persine occupée à donner le bain à leurs filles.

Du coup, les quatre femmes s’exilèrent sur l’île magique d’Avalon, bien connue du roi Arthur, et Persine fit croire à ses filles que c’était leur père qui les mettait de la sorte dans la misère.

Alors, Mélusine trama avec ses sœurs l’enfermement d’Élinas dans une montagne, endroit d’où il ne pourrait jamais s’échapper.

Cela ne fit pas plaisir à Persine et elle condamna Mélusine à devenir serpente au-dessous du nombril tous les samedis. Mélior, elle, dut garder un épervier dans un château toute sa vie et Palestine fut enfermée sur un mont avec le trésor de son père jusqu’à ce qu’un chevalier la délivre.

Cependant, Persine mit des conditions à la situation de Mélusine :

- Si tu trouves un homme qui désire t’épouser, tu devras l’obliger à ne jamais te voir le samedi.

- Et les autres jours, mère ?

- Tu vivras comme les autres femmes. Tu mettras même au monde une superbe lignée.

- Et si mon mari me regarde le samedi ?

- Tu retourneras dans les tourments jusqu’à la fin de ton existence ! 

 Œil vert, grande oreille…

 Mélusine, qui avait traversé la mer, se promenait dans la forêt de Coulombiers (près de Lusignan et non loin de Poitiers) quand elle rencontra Raymondin, fils et neveu de comtes, à minuit à la Fontaine de Soif ou Fontaine Enchantée. Raymondin était très mal dans sa peau car il était pourchassé pour le meurtre de son oncle, alors qu’il s’agissait d’un accident avec un sanglier sauvage.

Mélusine le réconforta et lui proposa son aide :

- Je peux vous faire innocenter et, même, vous faire acquérir une puissante situation de seigneur !

- Ce serait merveilleux ! Y a-t-il une condition ?

- Oui ! Celle de m’épouser !

- Je crois rêver…

- Il y a, cependant, une autre disposition si vous acceptez notre union.

- Laquelle ?

- De me jurer de ne jamais tenter de me voir le samedi.

- Tous les samedis ?

- Tous !

- Je le jure !

- Tenez, voici deux verges d’or qui ont de grands pouvoirs.

 L’union fut célébrée et leur « Maison des Lusignan » devint l’une des plus illustres de France. Raymondin et Mélusine eurent dix enfants, tous beaux et forts (malgré quelques « détails » pour huit d’entre eux : un œil rouge et un autre vert pour l’aîné, une grande oreille pour un autre fils, une tache velue sur le nez pour celui qui devint moine…), qui s’épanouirent.

La prédiction de leur grand-mère Persine s’avérait donc exacte !

Alors que son mari parcourait la région, Mélusine s’adonnait à l’activité de bâtisseuse et, comme il l’avait juré, il ne la vit jamais le samedi.

Jusqu’au jour où le frère de Raymondin, jaloux, inventa une histoire…

- Ta femme, Mélusine, te trompe et elle fait l’amour avec d’autres hommes !

- Que me racontes-tu ?

- Oui, chaque samedi !

 Raymondin fut plongé dans le doute : « Effectivement, pourquoi ne veut-elle pas que je la regarde le samedi ? »

 Il se précipita vers la chambre de Mélusine, perça un trou dans la porte de bois et regarda !

Alors, il vit sa femme, seule, qui prenait un bain et découvrit que le samedi elle était femme-serpent sous la ceinture. 

 

 

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Illustration du « Roman de Mélusine » effectuée par Guillebert de Metz, copiste et enlumineur du XVe siècle.

Mélusine se lança d’une fenêtre dans les airs en poussant un long cri de détresse… »

 Le fabuleux trésor de Louis XVI

 Dans les environs immédiats de l’Abbaye d’Orval, on peut voir, de temps en temps, des gens affublés de détecteurs de métaux qui sillonnent bois, chemins...

Pourquoi cet attirail en pareil endroit sacré ?

 Remontons dans le temps, plus spécifiquement à la fin du XVIIIe siècle. À cette époque, le roi de France, Louis XVI, était assez rigoureux quant à  la manière de gérer Versailles, le palais où la correction n’avait pas toujours été de mise. Vertueux et même timide avec sa femme, Marie-Antoinette, il n’avait donc pas que des amis et on se moquait souvent de lui.

Et puis, comme une grande partie du peuple n’était vraiment pas satisfaite de ses conditions de vie difficiles, voire misérables, alors que des fortunes étaient encore dépensées à Versailles, des révolutionnaires comptaient bien mettre un arrêt définitif au système royal.

Sentant venir le danger, Louis XVI décida de fuir avec sa famille. Il fit falsifier les passeports de la famille royale et, c’est ainsi que le roi devint Monsieur Durand, la reine Marie-Antoinette voyageait sous l’identité de Madame Rochet, leur fils, le Dauphin, était déguisé en fille…

Il était convenu que Louis XVI et les siens descendraient dans un premier temps à l’abbaye d’Orval. Il y avait même déjà envoyé deux voitures contenant des coffres emplis d’objets précieux. Un véritable trésor !

Le 21 juin 1791, peu après minuit, deux voitures royales quittèrent Versailles pour la Belgique. Vingt-quatre heures plus tard, le convoi fut mobilisé à Varennes et la famille royale n’arriva donc jamais à Orval.

Louis XVI eut la tête coupée le 21 janvier 1793, puis, ce fut au tour de Marie-Antoinette à subir le même sort, le 16 octobre de la même année.

Et les coffres emplis d’objets précieux ? Eh bien, on les cherche encore et certains disent qu’ils sont peut-être engloutis dans l’étang qui se situe en face de l’abbaye, d’autres prétendent qu’on avait vu des moines creuser le sol afin d’y enfouir les coffres…

 

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            Le trésor du roi de France repose-t-il dans l’immense étang de l’Abbaye d’Orval ?

 

Quoi qu’il en soit, l’énigme reste entière, malgré les recherches pleines d’espoir de certains traqueurs de trésors !

 Visite et séjour de Nostradamus

 Brûly-de-Pesche était un hameau d’une vingtaine d’âmes, blotti dans la forêt de Couvin, également proche de la France, et qui, subitement est devenu le centre de la terre.  Comment pareille situation a-t-elle pu se produire ? Certes, il y avait un pèlerinage annuel organisé en l’honneur de saint Méen (VIe siècle), prié pour guérir de la gale ou « Mal de saint Méen », On y venait au pied d’une petite source que l’on disait miraculeuse : « En buvant chaque jour un peu de cette eau lustrale, vous serez guéri des maladies de la peau ou vous les éviterez. »

 Aujourd’hui, des gens vont encore remplir de ce breuvage miraculeux des gourdes et des jerricanes, des bouteilles et des bidons en plastique.

Cette source coule parmi des chênes séculaires, ces arbres adorés des Celtes qui y voyaient l’emblème de l’hospitalité et l’équivalent d’un temple.  De plus, comme dans les environs on trouve l’imposant (4,60 m à la base et 2,30 m de hauteur) menhir « La Pierre qui tourne », certaines gens affirment que ce lieu qui réunit une fontaine à l’eau lustrale, des arbres sacrés et un mégalithe, forme un site sacré.

Alors, le 22 mai 1940, des soldats allemands envahirent ce hameau,  créèrent une zone interdite, les rares villageois furent déportés, de même que tous les habitants des vingt-huit localités environnantes, une piste d’atterrissage pour des avions fut construite dans une prairie, le clocher de la petite église dévolue à saint Méen fut enlevé et remplacé par un immense réservoir pour alimenter les anciens et les nouveaux bâtiments en eau potable.

Quels nouveaux bâtiments ?  Un chalet bavarois, un énorme bunker, alors que l’intérieur de l’église était transformé en une salle de projections pour les actualités. D’autres aménagements furent effectués : construction d’une piscine, d’une terrasse, création d’un parc...

Et, pourquoi toute cette effervescence ?

Parce que Adolf Hitler en personne, le sanguinaire chef nazi, allait débarquer dans le hameau avec ses principaux officiers !

Très rapidement, il réunit les différents dignitaires du Troisième Reich pour une séance de travail consistant à mettre au point une stratégie pour lancer la deuxième vague contre les troupes françaises.

Hitler discutait avec Himmler dans la petite clairière où coulait l’eau miraculeuse à la fontaine. Il lui arrivait de se rendre régulièrement à la piscine de 9 m² construite en retrait de son chalet bavarois et du bunker.

Le 28 juin 1940, soit après un séjour de vingt-deux jours, Hitler quitta Brûly-de-Pesche pour effectuer son unique voyage à Paris.

Mais, pourquoi Hitler, que l’on disait un grand adepte de théories secrètes, occultes, obscures, choisit-il ce modeste hameau pour entreprendre une démarche aussi importante ?

 

Orval5.JPG

 

 

 

 

 

Hitler au cœur d’un hameau situé en pleine forêt.

 

Certains avancent une hypothèse…

 Nostradamus et Hitler

 Entre 1539 et 1544, Nostradamus, astrologue, médecin, célèbre pour ses prédictions et prophéties, était venu visiter la merveilleuse et riche bibliothèque de l’abbaye cistercienne d’Orval. Il passa cinq années à lire et relire certains ouvrages d’un haut intérêt initiatique, assure-t-on.

Ainsi, il s’attarda sur les « Mystères égyptiens » rédigés par le philosophe Jamblique.

Celui-ci avait une manière toute particulière d’entrer en étroite relation avec le « monde invisible » : il se rendait en forêt à la pleine lune, se déchaussait, prenait place sur un siège fabriqué à base de cuivre, siège qu’il avait installé au milieu d’un point d’eau (une mare, par exemple), sur un socle.

Ensuite, il allumait une bougie et trempait ses pieds dans l’eau. Tout en fixant la flamme, il tenait une verge à la main et prononçait des paroles rituelles. C’était sa manière d’entrer en contact avec l’Au-delà.

Ce serait la raison pour laquelle la piscine d’Adolf Hitler creusée à Brûly-de-Pesche contenait un petit socle pour recevoir les fesses du dictateur nazi, prétend-on encore.

 

Hitler connaissait parfaitement bien les prédictions de Nostradamus et sa manière d’aborder le sujet.

Que disaient donc ces prophéties qui intéressaient tant le führer ?

Nostradamus a prétendu que la France serait un jour mise sur les genoux et devrait se soumettre à une secte germanique en un lieu situé aux environs du 50e Parallèle.

Après de nombreux calculs et recoupements, analyses et décryptements, Karl-Ernest, astrologue suisse qui conseillait Hitler, pointa un doigt sur la carte de la Belgique et visa la forêt couvinoise.

Hitler n’hésita pas une seconde et installa son quartier général à Brûly-de-Pesche, persuadé qu’il s’agissait bien de l’endroit indiqué par Nostradamus.

Mais, il a littéralement détourné le dessein de ce site sacré dans des buts nuisibles, carrément meurtriers à l’encontre de la nation française et de ses alliés.

 Alors, comme je l’ai souvent clamé :

 « Certes, l’Histoire a mis de trop nombreuses années à rétablir l’équilibre des forces en présence, mais le fameux « balancier de l’Histoire » est quand même venu frapper de plein fouet le dictateur allemand. Qui sème le vent, récolte la tempête... Son suicide le 30 avril 1945 à Berlin en a été le logique aboutissement. »

 Un val d’or

 Si le site de Brûly-de-Pesche est à présent dévolu à la Mémoire et au martyre de nombreux membres de la Résistance, terminons ce chapitre consacré à Orval par une légende moins dramatique :

 « L’origine du nom « Orval » remonte à la comtesse Mathilde de Toscane (début du XIe siècle), qui, se promenant dans cette belle région boisée, s’était arrêtée près d’une fontaine pour s’y désaltérer.

Elle se pencha au-dessus du plan d’eau, y trempa une main, mais perdit son alliance d’or. Elle implora le ciel pour la retrouver, quand, une truite lui apparut et avait la bague dans sa gueule : « C’est un val d’or, ici ! » clama la comtesse. De val d’or à Orval, la renommée du lieu était née ! ».

 

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                                                                               La Fontaine Mathilde à l’Abbaye d’Orval.

 

Orval, lieu enchanteur ? L’accueil des moines, la visite des ruines et de l’exposition dans les caves voûtées, la nouvelle église, les chants des Cisterciens, l’hôtellerie, le cloître, les environs bucoliques… en font, effectivement, un endroit hors du commun.

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Orval d’hier et d’aujourd’hui.

 

 (*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

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19/05/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (87, 88, 89 et 90/140) : NEUFMANIL (France) : Au pays des canadas, NOUZONVILLE (France) : Porte de la Vallée de la Meuse ; NOVION-PORCIEN (France) : Guerre et Paix et OMONT (France) : Plus petit chef-lieu de

2.jpgEndroits et histoires magiques

Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Neufmanil

 Les habitants de Neufmanil, cité industrielle (ferronnerie, estampage, forge…) située dans la verdoyante Vallée de la Goutelle, sont appelés les « Crayats » du nom de scories de fonderie, parce que les ouvriers qui y travaillaient revenaient couverts de ces résidus.

Originellement, le village portait le nom de Manil, était proche de la voie romaine Cologne-Reims, faisait partie de l’Empire Germanique et ne fut annexé à la France qu’au XVIIIe siècle.

L’église date de 1779, le village est joliment fleuri et possède la particularité d’une gastronomie surtout basée sur les pommes de terre, des canadas ou patates.

Quatre recettes sont au menu proposé par la Commune :

 - Excellente « Salade au lard » ou « paillachie » : pommes de terre cuites à la pelure, épluchées et mélangées dans une salade de pissenlits et parsemée de « quertons » (lardons).


- La « Potée roussie » : fricassée de pommes de terre préparée dans un roux avec saucisse ou porc (côtis de préférence) dite « Cacasse à cul nu » ou potée blanche quand elle est sans viande.


- La « Bayenne » ou « Baïne » : pommes de terre cuites dans une eau garnie d'oignons, puis coupées et servies chaudes avec une vinaigrette bien poivrée et aillée.


- Les pommes de terre à la croque cuites entières sous la cendre ou au four puis servies avec sel et beurre (dites « croques au sel »).

 

Nouzon

 

C’est au XIIIe siècle que le nom de « Nouzon » fut cité dans un texte officiel. Le village vécut quelques calamités, dont la peste et la famine en 1506. Mais, petit à petit, Nouzon allait renaître de ses cendres grâce à une forge, une foulerie (atelier où l’on foulait – pressait – les draps ; fouler le drap le rendait plus ferme, plus serré), une manufacture d’armes, grâce, aussi, à la reconstruction de son église et du presbytère, aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Au XIXe siècle, sous la devise « Tout par le labeur », Nouzon (qui deviendra Nouzonville en 1921 afin d’éviter des erreurs « postales » entre Mouzon et Nouzon !) se spécialisa dans la sidérurgie (wagons, ferrures…) et fut appelée le « Creusot Ardennais ».

Aujourd’hui, la ville est décrite comme la « Porte de la Vallée de la Meuse » et est traversée par la Trans-Ardennes (80 km de promenades) dite aussi Voie Verte, et plusieurs circuits pour VTT.

 Nouzonville1.jpgUne maison d’hôtes s’appelle « Le temps des cerises », il s’agissait de l’ancien Château Grandy.

« Le temps des cerises » est une célèbre chanson écrite en Belgique par Jean-Baptiste Clément (1836-1903) où il s’était réfugié :

 « Quand nous chanterons le temps des cerises,

Et gai rossignol, et merle moqueur

Seront tous en fête !

Les belles auront la folie en tête

Et les amoureux du soleil au cœur !

Quand nous chanterons le temps des cerises

Sifflera bien mieux le merle moqueur !... »

 Chansonnier, communard et montmartrois, il composa également « La semaine sanglante », « Dansons la Capucine »… Fondateur de la Fédération socialiste des Ardennes, il fut décrit comme un beau poète et un prolétaire révolté contre les injustices sociales. « Ce fut une grande figure de l’époque héroïque du socialisme. »

Nouzonville2.jpgLa classe ouvrière de Nouzon ne l’avait pas oublié et lui éleva un buste, tout en fredonnant « Le temps des cerises », selon la petite histoire. La section du Parti socialiste de Nouzonville porte d’ailleurs son nom.


Novion-Porcin

Petite commune de 500 habitants, entre Signy-l’Abbaye et Rethel, Novion-Porcien fait partie des Crêtes Préardennaises.

Ici, depuis des années, il existe une véritable saga « Guerre et Paix », du nom d’un musée du patrimoine militaire.

Inauguré en 2003 sur 5 000 m², comptant quelque 11 500 pièces, ayant des relations avec le Musée de l’Armée de Bruxelles et d’autres musées en Allemagne, son rôle explicatif et pédagogique sur les trois conflits consécutifs vécus dans les Ardennes (guerres de 1870-1871, 1914-1918 et 1940-1945), était indéniable, mais c’était oublier que ce bâtiment fut construit sur une zone humide, d’où des infiltrations, doublées de malfaçons, selon certains spécialistes. Alors, le Musée Guerre et Paix fut fermé, des travaux furent envisagés, la réouverture fut annoncée, puis postposée (pour les « commémorations de 1914-18, par exemple)… au point qu’un Comité de vigilance Ardennes Patrimoine fut créé pour l’occasion ! Au moment de boucler le présent ouvrage, il attend la réouverture en 2014 et le label « Musée de France » dans la foulée.

Omont

Il reste des traces du passé médiéval d’Omont, imposante forteresse, dans ce qui est le plus petit chef-lieu de canton de l’hexagone en termes d’habitants : 93 (publication de 2012), soit 5,18 habitants/km², et en soustrayant quatre personnes occupant des résidences secondaires, la population permanente est de 89 habitants !

Au sommet de l’entité se trouve la pierre tombale du chevalier Jacques de Villiers, gouverneur, et la vue sur les villages environnants est superbe.

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

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