27/05/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (97/140) : RETHEL (France) : Verlaine entre sublime et sordide

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 « Paul Verlaine enseigna à Rethel. » « Verlaine écartelé entre le sublime et le sordide… » En repérages pour le présent ouvrage et des chroniques radiodiffusées, j’ai découvert quelques textes et informations le concernant au Musée des Lettres et des Manuscrits (Paris et Bruxelles) :

 « La société n’accepte pas les troubadours, au mieux elle les tolère. Incompris, damnés, familiers de l’abîme, trimardeurs (vagabonds) de la détresse humaine, vagabonds existentiels, jongleurs de rimes et cracheurs de mots : poètes maudits. »

 « Sur fond de psychodrame éthylique permanent… les orages sont aussi violents avec Arthur Rimbaud, son amant qui « s’encrapule », qu’ils peuvent l’être avec Mathilde, son épouse. Mal dans la vie, faible devant l’appel de l’absinthe et de la chair, il bat Mathilde enceinte de son fils… »

 « Verlaine et Rimbaud : semelles de vent, semelles de plomb, gais et vagabonds, chevaliers errants de la rime… recherchant le paradis en enfer. »

On sait que la liaison entre Verlaine et Rimbaud ne fut pas de tout repos. Des coups de feu furent tirés, Verlaine fit de la prison et on retrouva même une porte de cellule de prison de son époque exposée à « Verlaine emprisonné » au Musée des Lettres et des Manuscrits !

 

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Pierre Guelff et une porte de cellule à l’époque de Verlaine.

 « À Bruxelles, le 10 juillet 1873, Paul Verlaine tire deux coups de feu sur son amant Arthur Rimbaud au terme d’une querelle d’ivrognes et d’un moment de désespoir qui aurait pu le conduire au suicide. Condamné à deux ans de prison, le poète reste pendant 18 mois séparé de sa jeune épouse, de son fils et de son amant. Sevré d’absinthe, il se « réunifie » en prison et compose ses plus beaux vers : des poèmes de captivité qu’il cherchera à publier dans un ensemble cohérent titré « Cellulairement ».

(…) L’exposition exprima les conséquences de l’affaire de Bruxelles sur l’œuvre poétique et sur la spiritualité de Verlaine. L’historien français Jean-Pierre Guéno s’était attaché à décrire et à illustrer toutes les cages qui enfermaient le poète maudit et qui allaient faire vibrer son âme : sa prison de pierre, sa prison existentielle, sa prison familiale et sa prison sentimentale. « Verlaine emprisonné » était, en fait, la petite musique de l’âme de l’homme universel, de l’homme double écartelé entre la fascination de l’enfer et la nostalgie du paradis perdu. »

 Un criminel abruti

 En octobre 1877, soit quatre années après l’affaire de Bruxelles et d’autres tourments, Verlaine fut engagé comme professeur à Rethel. Il y enseigna le français, l’anglais, l’histoire et la géographie.

En 1878, il essaya de faire fléchir Mathilde qui avait demandé le divorce, en vain. Alors, il noua une « amitié équivoque » avec l’un de ses élèves, Lucien Letinois (18 ans). Le 4 septembre 1879, il fut renvoyé de Notre-Dame de Rethel. En mars 1881, Verlaine acheta une ferme à Juniville (voir ce chapitre) et s’installa avec les parents de Lucien !

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Paul Verlaine.

 

Le 8 janvier 1896, Paul Verlaine est mort dans le dénuement le plus complet après avoir connu quelques succès littéraires et beaucoup de déboires : il tenta d’étrangler sa mère (celle qui avait gardé dans des bocaux d’alcool les fœtus de ses deux fausses couches !), fut condamné pour coups et blessures, se retrouva divorcé de Mathilde, devint ulcéreux, miséreux, secouru par l’État, quelques femmes et écrivains…

 Bref, Verlaine vécut une existence peu banale ! Un de ses professeurs n’avait-il pas écrit : « Je ne me serais jamais douté qu’il pût y avoir quelque chose dans cette tête hideuse qui faisait penser à un criminel abruti… »

 Mazarin, Sorbonne, Jouvet…

 Rethel (quelque 14 000 habitants avec l’agglomération) possède des liens profonds avec l’Histoire et certains personnages.

Outre Verlaine, Rethel a accueilli en ses murs Jules Mazarin (1602-1661), cardinal, diplomate, homme politique de la papauté, de Louis XIII, de Louis XIV, successeur de Richelieu, au point que Rethel porta tout un temps le nom de « Duché de Mazarin », alors qu’un village de quelques dizaines d’âmes situé non loin de là, Sorbon, est célèbre pour avoir vu la naissance, en 1201, de Robert de Sorbon, le fondateur de la Sorbonne (Université de Paris).

 

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Effigie du fondateur de la Sorbonne sur une plaque signalétique.

 

Et puis, il y a encore Louis Jouvet (1887-1951), l’inoubliable comédien, qui passa une partie de son enfance avec sa mère (il était orphelin de père à l’âge de 14 ans) chez un oncle, pharmacien à Rethel, alors que Louis Hachette, fondateur de la réputée maison d’édition française y vit le jour en 1880, et, avant lui, en 1788, Boucher de Crèvecœur de Perthes, considéré comme le « Père de la Préhistoire » (« Antiquités celtiques et antédiluviennes »)…

 Une cité de Rethel située sur l’Aisne (rivière de 353 km, confluent de l’Oise) et principal port du Canal des Ardennes (88 km, 44 écluses, datant du XIXe siècle), qui a connu maintes invasions autrement moins pacifiques que le passage des automobilistes se dirigeant vers la Bourgogne, par exemple : Attila en 450, la Guerre de Cent ans, la Guerre contre Charles Quint, la Guerre de la Fronde, l’Occupation russo-prussienne, la Guerre de 1870, la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale !

 « L’incontestable merveille », selon Verlaine, qu’est l’église Saint-Nicolas (XIIIe siècle) a survécu (à coups de restaurations) à divers de ces tourments : ordres dorique (le plus ancien des ordres d’architecture de la Grèce antique), ionique, corinthien double nef, majestueux portail latéral…

À Rethel, il y aussi le sentier nature le long de l’Aisne, la Promenade des Isles (quelque 500 arbres), le boudin blanc imaginé par un certain Chamarande, mousquetaire déplacé à Rethel pour calmer son esprit bagarreur et qui, faute d’assassiner ses semblables, inventa la recette de cet aliment fort prisé par les Rethéloises et Rethélois, au même titre que la fêté dédiée à sainte Anne, mère de la sainte Vierge et patronne de la cité, au cœur de l’été.

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

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« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (96/140) : RENWEZ (France) : La forêt magnifique et la chèvre d’or

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 « Dans les Ardennes, la forêt est une source de prospérité et d’attractivité qui couvre un tiers de leurs 5 246 km², soit 150 000 hectares », selon la publicité touristique locale. À ce propos, à Renwez, en plein milieu des bois, se situe le « Musée de la forêt » inauguré en 2004 : 11 hectares de surface forestière et un chalet sur pilotis, sept salles de muséographie électronique, des dizaines de mannequins sculptés dans le bois rappelant le travail des bûcherons, débardeurs, forestiers, des marionnettes, une collection de quelque 4 000 outils, 250 machines, des voitures de transport, des machines à vapeur, des expositions thématiques (sur les champignons, par exemple), des concours de bûcherons, et un coin gastronomique où l’on peut déguster le cochon « Ardennes de France » ! Oui, la forêt mérite bien pareille reconnaissance !

 

 

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Magnifique forêt ardennaise.

 

D’ailleurs, Jules Michelet (1798-1874), historien célèbre, auteur d’ouvrages consacrés aux mystères de la nature et à l’âme humaine, séjourna à de multiples reprises dans la maison familiale de Renwez, bourg où sa mère naquit et où le frère de cette dernière fut le maire.

 

Il est vrai que la forêt ardennaise (qui n’est pas seulement la « pourvoyeuse » des sapins de Noël – 3,2 millions exportés annuellement par la Wallonie ! -) est un « véritable or vert », comme le soulignait le magazine « Bio Info » au sujet de la forêt wallonne s’étendant sur près de 30% du territoire de cette région : « Un or vert pour tous ceux qui dépendent de l’exploitation du bois, mais un or vert aussi pour le tourisme. » Trois massifs (La Grande Forêt d’Anlier, la Grande Forêt de Saint-Hubert et la Forêt du Pays de Chimay) devraient aussi porter cette nouvelle philosophie tournée vers l’écotourisme, comme c’est le cas à Renwez dont l’initiative en la matière remonte à une bonne décennie.

 

La chèvre aux cornes d’or

 

À une douzaine de kilomètres de Charleville-Mézières, plus spécifiquement à Ochamps, selon une légende ancienne, les chèvres broutaient l’herbe, non loin des bois, sous la haute protection d’une chèvre aux cornes d’or. Un jour, un braconnier sans scrupule, lui tendit un piège et elle se laissa prendre. Un loup dévora le troupeau qui était resté sans défense, racontait-on dans les chaumières.

 

Dans l’une de mes chroniques radiodiffusées, j’ai abordé le thème de la chèvre d’or. En voici quelques extraits :

 

- Mais, tout d’abord, quel est cet animal ?

 

- C’était un animal fabuleux dont la légende remonte au haut Moyen Âge, c’est-à-dire bien avant l’an 1000, et qui vivait en Provence, certains auteurs la faisant voyager jusque dans des contrées plus au nord.

 

- Qu’avait-il de particulier cet animal ?

 

- Son pelage, ses sabots et ses cornes étaient recouverts d’or pur.

 

- D’où vient cette légende ? Y a-t-il, comme pour de nombreuses légendes, des faits historiques sous-jacents ?

 

- Il faut remonter aux invasions sarrasines en Provence, durant les VIIIe, IXe et Xe siècles pour situer ces faits. En résumé, il faut savoir que du côté d’Arles, de Nîmes, d’Avignon, des célèbres Dentelles de Montmirail, d’Orange, de Marseille, des Baux-de-Provence, ce furent des décennies de pillages, de tueries, jusqu’au jour où toute la noblesse provençale s’unit et forma une puissante armée qui fit tomber l’envahisseur. Mais, avant de fuir, leur chef cacha l’immense trésor de l’accumulation des pillages au fin fond d’une grotte.

 

- … dans le Val d’Enfer des Baux-de-Provence, dit-on.

 

- Du moins, le croyait-on, car on le cite aussi à d’autres endroits. Ce trésor était gardé par une chèvre, car, visiblement, le chef maure, qui espérait venir rechercher le fabuleux trésor, n’avait pas confiance dans les êtres humains et une chèvre cela ne parle pas, même sous la torture ! Mais, dans sa précipitation, compte tenu des événements, le Sarrasin brisa un sac de poudre d’or qui se répandit sur la chèvre qui, alors, devint la Chèvre d’or.

Cette légende et ses variantes ont traversé les régions de manière fulgurante et, c’est ainsi que la rumeur populaire, les troubadours et le folklore annoncèrent des chèvres d’or, gardiennes de trésors mirifiques, en Algérie, dans la Vallée du Rhône, dans les Cévennes, en Espagne, dans les Ardennes…

- Y a-t-il une sorte de morale à ce mythe qui perdure donc dans le folklore ?

 

- Un jour, un homme aurait trouvé ce trésor et il lui aurait parlé comme à une personne : « Ah ! Cette fois je te tiens satané trésor ! ». Jamais on ne retrouva trace de cet homme car il avait oublié le précepte de cette légende : « Celui qui ouvre la bouche pour émettre des paroles « déplacées » ne réussira jamais ! ».

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

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Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

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24/05/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (95/140) : REDU (Belgique) : Le livre en fête

Endroits et histoires magiques

 3.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 

 Redu1.jpgRedu est ce village blotti entre chênes et hêtres de la Vallée de la Haute-Lesse, qui inspira le célèbre poète Pétrarque de passage dans la région en l’an 1333, au point qu’il en conçut « Il Canzionere », l’un de ses principaux ouvrages : « Au milieu de ces bois désolés et sauvages où ne vont qu’en tremblant même les hommes d’armes

Je passe, moi sans peur, jamais rien ne m’alarme

Sauf le soleil d’amour à qui je rends hommage. »

 Après la Seconde Guerre mondiale, Redu, comme la plupart des petites entités ardennaises, devint un village-mouroir : secteur agricole en bute aux diktats administratifs, d’où l’exode de jeunes vers les métropoles et leurs miroirs aux alouettes (600 habitants en 1910, 500 en 1961, 380 en 1981), population vieillissante, menace d’un projet de barrage sur la Lesse, d’où l’intention de noyer l’une des plus admirables vallées du pays sous quelque cent millions de mètres cubes d’eau...

Heureusement, la résistance citoyenne vint à bout de ce projet aussi pharaonique qu’inutile (pour preuve, il est tombé... à l’eau !), et les habitants de Redu et leurs amis se rendirent compte, alors, de l’intense bonheur qu’ils avaient à habiter ou fréquenter un coin aussi bucolique.

Ainsi, en 1983, Noël Anselot, journaliste, subjugué par la métamorphose d’un petit village gallois « perdu », Hay-on-Wye, transformé en capitale mondiale du livre d’occasion, en parla à différentes personnalités de Redu ou à certains de ses confrères, dont Gérard Valet, journaliste français (il travailla à Europe 1) à la RTBF, d’autres sources prétendent que c’est l’inverse : Valet en parlant à Anselot..., peu importe !, puisque le miracle se produisit, le petit village ardennais « perdu » devint, au fil des années, l’incontournable « Village du Livre » à la renommée internationale que l’on connaît actuellement.

 

« Lesse tes pas... »

 Parmi ces pionniers, il y eut cinq, puis dix, ensuite une vingtaine de bouquinistes, libraires, artisans..., et un certain André Colpin, papetier, qui enchantait les visiteurs en faisant fonctionner ses presses, bains, cuves et produisait son célèbre papier levé, dans sa manufacture d’estampes et papiers.

Qui, en Belgique et ailleurs, qui est passé par Redu, ne possède pas chez soi un bout de « parchemin » et une petite citation du genre de celle du Tombeau d’Hiram : « Il faut savoir aller solitaire sur la grand route... Il faut donner sa fraternité à tous et ne demander celle de personne » ?

Parmi les innombrables superbes textes proposés, celui d’Esther Mary Walker intitulé « Prière des Anciens » est un must :

 « Bénis ceux qui comprennent

mon pas hésitant et ma main qui tremble

Bénis ceux qui savent qu’aujourd’hui mes oreilles

vont peiner pour entendre et mes yeux pour voir

Bénis ceux qui acceptent aussi

mon esprit qui travaille au ralenti

Bénis ceux qui détournèrent les yeux

quand j’ai renversé mon café ce matin

Bénis ceux qui, en souriant

s’arrêtent un moment pour bavarder avec moi

Bénis ceux qui ne disent jamais

« C’est la troisième fois

que vous racontez ça aujourd’hui »   

Bénis ceux qui ont le don

de me faire évoquer les jours heureux d’autrefois

Bénis ceux qui font de moi un être aimé

et non pas un abandonné

Bénis ceux qui devinent que je ne sais plus

comment trouver la force pour porter ma croix

Bénis ceux qui adoucissent par leur amour

les jours qui me restent à vivre

en ce dernier voyage vers la Maison du Père. » 

 Si, aujourd’hui, André Colpin s’est retiré dans un moulin d’un coin du Pays de Bergerac, lui qui écrivait volontiers « Lesse tes pas te conduire à Redu. Tu y es toujours le bienvenu ! », il doit être particulièrement heureux de savoir que la Redu buissonnière dont il était un chantre, se porte et se comporte bien.

Plusieurs animations s’étirent sur l’année (Nuit du Livre, Journée Mondiale du Livre, Week-end des Métiers du Livre, Fête du Livre, Festival des légendes ardennaises, Foire aux vins, atelier de calligraphie, stage de reliure artisanale…) et attirent des dizaines de milliers de personnes (200 000 en 2012, venant du monde entier) dans ces maisons typiques transformées en autant de bouquineries et librairies (vingt-quatre pour des kilomètres de rayonnages), certaines spécialisées en polars, BD, arts, religions, philosophies, politique, sciences, techniques, marine, ésotérisme..., mais, aussi, chez des artisans proposant des faïences, reliures et dorures, céramiques, eaux-fortes, gravures, cadres, voire du « Pain de Redu », alors que quelques tavernes et restaurants assurent l’intendance.

Vous l’aurez compris, je suis amoureux du livre, de Redu, et du Village du Livre de Redu, où, en tant qu’auteur, j’ai toujours été bien accueilli pour des dédicaces (Librairie Ardennaise, Temps Livre…)

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Pierre Guelff dédicace sous l’œil de Télé Lux.

 La Fontaine salée

 Dans les environs de Redu, plus précisément dans un vallon et non loin de la route qui mène à Neufchâteau, on découvrit une source d’eau contenant des « sels guérisseurs », mais elle ne fut pas exploitée car son débit était trop faible.

Cela n’empêcha pas Jésus et saint Pierre qui appréciaient les Ardennes, comme on l’a vu en début d’ouvrage, de s’y arrêter. L’apôtre désira s’y désaltérer, mais l’eau était trop salée à son goût.

Alors, Jésus lui montra le chemin vers Daverdisse et lui dit : « C’est la fête au village, tu y trouveras certainement à boire. »

Quelques heures plus tard, Pierre revint, toujours aussi assoiffé : « Tous les villageois sont atteints de dysenterie ! »

Jésus lui proposa de retourner au village, d’arpenter les rues et ruelles et de clamer : « Que la dysenterie passe ! »

Pierre repartit et annonça à la population qu’il agissait de la sorte sur ordre de son maître, Jésus.

Néanmoins, dans sa précipitation, Pierre oublia de guérir les gens du moulin, lieu situé à l’écart de Daverdisse.

 

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Jésus et saint Pierre auraient foulé ce sol ardennais…

Jésus s’y rendit lui-même, fit laver corps, linge, maison, moulin… avec l’eau froide d’une autre source.

Tous les habitants, comme ceux du village, furent sauvés ! Une fontaine et la paroisse de Daverdisse furent alors consacrées à saint Pierre.

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

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