31/05/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (103/140) : SAINTE-ODE (Belgique) : Nature, terroir et traditions

 

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Quatre sites sont recommandés par le Tourisme local : Champimont, le centre d’interprétation du champignon, l’église romane d’Amberloup, le site des éoliennes et la Chapelle de la Bonne Dame.

 

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Le champignon à Champimont…

 

À ce sujet, voici une légende qui traverse les décennies :

 « Au VIIe siècle, il existe une communauté de vierges installée dans la forêt de Freyr s’étendant de la Barrière de Champlon vers Saint-Hubert, Mochamps… On y trouve des hêtres, chênes, aulnes, des landes sèches et humides, de la tourbe, des cigognes noires, des chouettes, pics noirs, libellules, papillons…

Tous les jours, à la tombée de la nuit, une cloche retentit afin de permettre aux gens égarés de rejoindre la demeure communautaire et y recevoir l’hospitalité. Comme à la Baraque Michel (voir ce chapitre), comme à la Dômerie d’Aubrac (« Cloche des Perdus »)…

Hélas, durant une nuit hivernale, des bandits envahissent le refuge. C’est une véritable nuit d’horreur dont, seule, Ode échappe.

Depuis lors, elle vit en ermite dans la forêt, non loin de Lavacherie où elle se rend parfois pour quémander un peu d’aide.

Un jour, un nouvel arrivé au village, la rabroue. Le soir-même, cet homme tombe totalement aveugle. Il se remémore son attitude à l’égard d’Ode, fait le lien avec son mal et, plein de regrets, s’en va aider la jeune femme.

Aussitôt, elle fait jaillir une source d’eau et dit au villageois : « Tu peux te laver les yeux avec cette eau ! » L’homme retrouve la vue. »

La source existe toujours et l’eau est recueillie dans une cuvette en forme de coquillage. Un sanctuaire rend hommage à la Bonne Dame et l’endroit est l’objet d’une certaine dévotion. Il se dit qu’Ode, devenue sainte, était la tante de saint Hubert, mais ce serait davantage une légende qu’un fait historique.

 

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                                                                                          L’Ourthe à Sainte-Ode.

Concernant le patrimoine religieux, il est aussi recommandé :

 

- Le Domaine de Beauplateau : ancien couvent (1880) détruit partiellement et qui est devenu un Centre d’activité sociale et touristique.

- Le vitrail de l’église de Houmont : réalisé en 1945, il représente l’emblème de la 17e Division Airborne ayant combattu dans la région en décembre 1944 et décembre 1945 lors de la Bataille des Ardennes. C’est le point de départ de la Route du Souvenir de Sainte-Ode (55 kilomètres) retraçant les moments forts de cette formation militaire.

 

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Emblème de la 17th Airborne Division.

 

- L’église de Lavacherie, ses vitraux, son chemin de croix, et une première chapelle (1692) dédiée à Saint-Aubin et à Saint-Antoine de Padoue.

- L’église de Tillet : dédiée à saint Ouen (VIIe siècle), évêque de Rouen, familier de Dagobert et conseiller de la reine Bathilde.

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La jonquille, emblème de Sainte-Ode.

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

08:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (102bis/140) : SAINTE-MARIE-SUR-SEMOIS (Belgique) : Joyaux naturels

 

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Je garde de Sainte-Marie-sur-Semois, le souvenir ému de longues promenades à vélo à l’adolescence traversant ce joli village, et Tintigny, Étalle (« Le pays des sources et des quatre fils Aymon », voisin immédiat des Ardennes du Sud), la Forêt d’Orval…, là où onze joyaux naturels sont proposés par le Syndicat d’initiative du Grand Étalle :

 

  1. Les Abattis : zone humide parmi les plus remarquables, joyau de la vie sauvage.
  2. Les Roselières : spectacle mystérieux des champs, de roseaux, de joncs, de massettes…
  3. Chouettes Effraies et autres rapaces : même les clochers des églises ont été aménagés pour les accueillir !
  4. Marais de Vance : nos ancêtres les exploitaient pour la litière et la tourbe de chauffage. À présent, place à une flore et à une faune exceptionnelles.
  5. Site de l’Ilé : promenade nature par excellence.
  6. Centre de recherche et d’initiation à la Nature : musée d’histoire naturelle, Sainte Marie sur Semois1.jpgclasses vertes…
  7. Les Sources de Valvert : « L’eau à l’état sauvage ».
  8. La Cranière : sources pétrifiantes, flore rare et curieuse.
  9. Vallée de la Rouge Eau et du gros Ruisseau : richesse botanique formidable…
  10. Carrières fossilifères : avec leur « immortelle des sables ».

 

  1. La forêt gaumaise : hêtres, chênes, chevreuils, sangliers, renards, randonneurs…

 

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Le chêne : lien entre la Terre et le Ciel, selon les Celtes.

 

Pour en revenir à Sainte-Marie-sur-Semois, à l’entrée du cimetière on voit une pierre tombale de quatre cents, scellée dans un mur. Elle provenait de l’église locale. Le « Gisant de Malberg » (seigneur du XVIe siècle) servit de base à des fonts baptismaux.

Un peu plus loin, on distingue des pompes classées, des fontaines, l’église de style néo-gothique, la Croix des Libertés ou Franche Croix érigée en 1462, le calvaire.

Ici, l’histoire raconte qu’un sans-culotte eut les pieds broyés, en 1793, au moment où il abattait cette croix (qui fut redressée).

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

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30/05/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (101 et 102/140) : RUMIGNY (France) : Village de savants et SAINT-AIGNAN (France) : Druidesses et fées

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Outre l’église Saint-Sulpice (monument historique) située sur une motte et possédant des fonts baptismaux datant du XIIe siècle, Rumigny est connu pour sa demeure fortifiée moyenâgeuse « Cour des Prés » qui accueillit, au XIXe siècle, le savant Édouard Piette, l’un des principaux fondateurs de l’archéologie préhistorique. Rumigny vit aussi, en 1713, la naissance de l’astronome Nicolas de La Caille, celui qui, en 1752, fut le premier à mesurer la distance entre la Terre et la Lune.

 Édouard Pierre est né en 1827 à Aubigny-les-Pottées, également dans les Ardennes, et est décédé à Rumigny quelque quatre-vingts ans plus tard et une vie bien chargée ! Jugez-en.

Avocat puis juge de paix dans le Nord, dans le Gers, à Angers, son temps libre était consacré à la géologie, une passion qui le mena à l’archéologie préhistorique, à l’Antiquité : fossiles, nécropoles gauloises et mérovingiennes, grottes, pierres gallo-romaines, sculptures, statuettes, tumulus…

Grâce à sa méthodologie scientifique et à son refus de vendre ses découvertes, il se composa une importante collection disposée dans une aile du château de la Cour des Prés, acquis par son grand-père.

En 1902, le Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye hérita de ce trésor fabuleux, dont le célèbre « Dame de Brassempouy », « Dame à la Capuche », en stéatite datant de 21 000 avant Jésus-Christ.

Quant à Nicolas de La Caille (1713-1762), après des études à Mantes, Paris…, il fut nommé maître ès arts, ensuite bachelier en théologie, devint élève de l’astronome Cassini, puis professeur de mathématiques, entra à l’Académie des Sciences…

Il mesura, observa, construisit (un observatoire astronomique en Afrique du sud, par exemple), fit des relevés multiples, nomma des constellations et des corps célestes (étoiles, astéroïdes, cratère lunaire…)…

Un télescope de l’île de la Réunion et une rue de Paris portent son nom.

 

 

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Nicolas de La Caille.

Saint-Aignan est situé à une dizaine de kilomètres de Sedan et il s’y racontait des histoires assez édifiantes. Jugez-en.

Le « Bois de la Cucue » était connu pour être une carrière de pierres utilisées pour la construction des maisons, des ponts, des églises… et elle aurait été occupée par d’anciennes druidesses devenues des fées.

Cette carrière était composée de failles assez profondes. Elles communiquaient avec des salles d’où s’échappaient les vapeurs et odeurs des repas préparés par les fées, disait-on.

Deux autres anecdotes étaient racontées à Saint-Aignan et dans ses environs. La première : à la « Queue de Cheveuge », un souterrain passait sous la forêt. Son entrée était située dans les ruines du château et le châtelain y aurait été enterré vivant. La deuxième : alors qu’un sort avait été jeté sur tout le bétail du village, les vaches moururent le même jour et furent également enterrées en cet endroit.

 

Ces anecdotes ont-elles un rapport quelconque avec le fait que le Canal des Ardennes (près de 90 km de Vieux-lès-Asfeld à Dom-le-Mesnil) emprunte un raccourci à Saint-Aignan à travers un… tunnel ?

À voir : oratoire et vestiges d’un château, le lavoir « christianisé » et l’église étant inscrits aux Monuments historiques.

 

 

 

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

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