11/02/2016

Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (23/140) : BOURSCHEID (Grand-duché de Luxembourg) : Histoire, loisirs et gastronomie

Endroits et histoires magiques

3.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

Bourscheid, altitude : 500 m, population : 250 habitants, trois pôles : Histoire, loisirs et gastronomie.

Le château fort est situé sur un promontoire escarpé et le début de sa construction date des environs de l’an 1000.
Victor Hugo a visité les ruines de ce plus grand château du grand-duché de Luxembourg, également considéré comme l’un des plus importants entre la Meuse et le Rhin.

PGF ET VICTOR HUGO2.jpgL’écrivain lui a consacré deux textes dans « Carnet de voyage » et fit, aussi, des dessins de cette immense construction médiévale.
Parfois, en compagnie de Juliette Drouet, de l’un de ses enfants ou de proches, il visita à plusieurs reprises le grand-duché :

. En août 1862 : Clervaux, Vianden, Echternach, Larochette, Luxembourg.
. En août 1863 : Mersch, Larochette, Luxembourg, Echternach, Vianden, Clervaux.
. En août 1864 : Larochette, Luxembourg.
. En septembre 1865 : Echternach, Vianden, Bourscheid, Clervaux.
. Durant l’été 1871 : Luxembourg, Vianden, Diekirch.

« Nous errons dans la ruine de Bourscheid. Je la dessine. Elle est admirable.

C’est un énorme arrachement de murs et de tours...

La vue est splendide. »


Bourscheid.jpg

 

 

 

 

Victor Hugo.

Au niveau des loisirs, Bourscheid propose : bains de rivière, canoë, kayak, pêche, promenades, quilles, paragliding, sports équestres et aquatiques…

La gastronomie ? Pas moins de douze cafés, restaurants, brasserie... dans la commune avec, au menu, des produits du terroir, du vin de la Moselle luxembourgeoise ou une bière locale réputée !

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

08:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

10/02/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (22/140) : BOUILLON (Belgique) : Godefroy et le fauteuil magique

Endroits et histoires magiques

1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

Remontons jusqu’au XIe siècle, dans la région verdoyante de Bouillon. La comtesse Ide d’Ardenne se promenait le long de la Semois avec le jeune Godefroy (ou Godefroid ou Godefroi), son fils, sur les bras.

 Bouillon1.JPG

 

 

 

La Semois à Bouillon.

Le buisson miraculeux

Malgré la beauté du paysage et le soleil éclatant d’été, la maman n’était pas très heureuse car son enfant était gravement malade et il dépérissait de jour en jour. Les médecins et des rebouteux les plus sérieux, les pèlerinages dans différentes églises, n’arrivaient pas au bout de la faiblesse du petit enfant.
Soudain, en pleine promenade, un buisson s’ouvrit et laissa apparaître une bergère qui les salua :

- Je vous salue Ide, bonjour petit Godefroy. Quel est votre souhait, Madame ?
- Je suis si malheureuse, car mon enfant se meurt dans mes bras. Pouvez-vous faire quelque chose pour lui ?

À cette question, la bergère répondit en tendant la main vers un buisson d’où apparut une statue de la Vierge. Ide d’Ardenne tomba à genoux :

- Redonnez la santé à mon fils et je vous jure qu’il fera le bien autour de lui !

Bouillon2.jpg

 

 

 

 

Dans cette cavité se trouve le « Fauteuil de Godefroy ».

Quelques secondes plus tard, Godefroy resplendissait de santé ! Il grandit en force et en beauté, apprit le maniement des armes, parla plusieurs langues, évoqua la possibilité de se rendre en Orient pour défendre le tombeau du Christ, devint duc…
Son apprentissage de preux chevalier se déroulait principalement à Bouillon et, souvent, il se rendait au bas d’un immense bloc rocheux, aujourd’hui cette partie du site est appelée « Tour d’Autriche », point culminant du château fort.
Pour découvrir un endroit bien particulier, un passage taillé dans la pierre mène à ce lieu étrange et il ne faut pas hésiter à courber l’échine, à recevoir quelques gouttes d’eau dans le cou, à se protéger du vol de chouettes et de chauves-souris, pour se glisser sur ce qui a été nommé « Le fauteuil de Godefroy de Bouillon ».
À savoir, un siège taillé dans le roc et, qui, en réalité, était un double poste d’observation d’où le duc (ou, plus généralement, l’un de ses gardes) pouvait scruter les routes de Liège et de France.
Il se dit, mais que ne dit-on pas, n’est-ce pas !, que les demoiselles relativement âgées qui s’y asseyent se marieront dans l’année…

Puis, le 15 août 1096, Godefroy de Bouillon prit le chemin de la Palestine à la tête d’une formidable armée, on l’appela la « Croisade des Barons en Terre Sainte ».
Au total, il y eut 600 000 soldats qui combattirent durant trois ans dans des luttes atroces.
Mais, peu après cette croisade, Godefroy mourut à l’âge de 39 ans.

Bouillon3.jpgBouillon4.JPG

 

 

 

 


Godefroy de Bouillon avant qu’il ne prenne le « bouillon d’onze heures ».

On dit qu’il fut empoisonné, d’où le célèbre terme « bouillon d’onze heures », qui signifie un breuvage empoisonné et donné volontairement à une personne que l’on voulait faire mourir.

Perle de la Semois

Bouillon, perle de la Semois, c’est un fascinant voyage dans le temps.

 

 L’imposant château de Bouillon.

 Outre la visite indispensable du château-fort dont les premières fortifications remontent au VIIIe siècle et qui se dresse sur trois pitons rocheux qui surplombent la Semois, édifice considéré comme le plus ancien et le plus majestueux vestige de la féodalité en Belgique, il y a aussi le parcours-spectacle audiovisuel « Sur les pas des Croisés », une fête médiévale, une foire artisanale, le musée ducal, le vol libre de rapaces dans la cour d’honneur, l’Archéoscope, le Scriptura où l’on suit l’évolution de l’apprentissage de l’écriture depuis le Moyen Âge, de la plume d’oie et du roseau taillé à l’ordinateur, en somme…

Au fil des années, des animations ont été organisées : une « Chasse au Trésor », un coin d’histoire fantastique où le suspense est entier…
« Une jeune et jolie princesse, Englandine, fut promise par le Roi à celui qui, parmi les nombreux princes et chevaliers qui la convoitaient, ramènerait une fleur d’or.
Un certain Equibellis partit à la recherche de cette fleur et traversa même un fleuve plein de crocodiles. Finira-t-il par épouser la belle princesse ou bien s’agira-t-il d’un autre prétendant ? »

Bouillon est une entité qui a déjà été fréquentée par des sommités de la littérature comme Verlaine, Rimbaud, Victor Hugo... et, visiblement, les idées ne manquent pas pour divertir et instruire le visiteur.

 

 Bouillon5.JPG

 

 

 

Le Château de Bouillon.

Les étranges Hayons

À quelques kilomètres au Nord-Est de Bouillon, le village « Les Hayons » qui surplombe la Semois, propose un foisonnement de superbes paysages forestiers environnants, des légendes à couper le souffle et un blason aux mêmes couleurs que Bouillon.
Ici (voir le remarquable site leshayons.com), on dit que le nom de « Semois » proviendrait d’un terme préceltique « Sesomiris » qui signifierait une rivière dont le fond est tapissé de cailloux tranchants.
Et, il s’en est passé des choses dans ces lieux…

Plusieurs endroits évoquent un passé lointain plein de mystères et de faits historiques : « Le Hultai » (vestiges d’un camp romain), « Le Saint-Joseph » (menhir et ancienne borne au VIIe siècle), « La Roche Percée », le « Chemin de la Plaine »…

Un petit clin d’œil souligné par leshayons.com : l’horloge du clocher de l’église possède deux fois XI, l’un étant situé à la place du IX ! « Il n’est donc jamais neuf et vingt et une heures dans le village », y dit-on avec malice.
À la « Ferme des Fées », on vous parlera avec enthousiasme des fées, dryades et autres elfes, ces dernières étant nées dans les brumes de la Semois, paraît-il !

Ainsi, aux rocher et plateau « Hultai », les fées se complaisaient entre elles au grand dam des villageois qui les craignaient.
Il est vrai qu’elles n’avaient pas une bonne réputation ou, alors, les parents faisaient peur à leurs enfants de crainte qu’ils ne se fassent mal dans des rochers…
Quoi qu’il en soit, un berger du nom de Colas Tcha-Tcha dont le troupeau dépérissait, conduisit ses animaux sur l’herbe abondante du « Hultai ».
Hélas, il ne savait pas que ce lieu était celui des rassemblements des fées à minuit.

Elles hurlèrent leur colère et parlèrent de vengeance terrible en constatant que leur herbe avait été foulée par les bêtes du pâtre. Elles tentèrent tout (menaces, séduction, envois de fantômes et de monstres…) pour que Colas Tcha-Tcha quitte le plateau avec ses animaux.
En vain ! L’homme, en bon Ardennais (que l’on dit déterminé, voire têtu !, rappelons-le), ne plia pas et il jouait même de la cornemuse pour faire danser les êtres maléfiques !
Eh bien ! Les fées, à bout de nerfs, auraient quitté les lieux tout en laissant des marques de leur désolation tracées avec leurs baguettes magiques sur des rochers…

Une roche porte le nom de Colas en hommage au triomphe du Bien sur le Mal, en somme.

Sorcier sur le Pont de Bouillon

Cependant, une autre version prétend que Colas Tcha-Tcha était le roi des sorciers et qu’il organisait des sabbats sur le plateau du « Hultai », qu’il fut arrêté et brûlé vif sur le Pont de Bouillon, voire que par dépit face à la colère des Hayonnais qui ne bénéficiaient plus de certains services rendus par les fées, le pâtre se serait jeté dans le vide de la roche qui portait son nom.

Bouillon7.JPG

 

 


Pont à Bouillon.


Une autre roche, celle de la « Namousette », rappelle que la fée qui y habitait possédait des pouvoirs énormes.
Ainsi, un jour, elle se mit à cuire des pommes de terre pour préparer le repas du soir, partit à Paris chercher le sel qui lui manquait, et, au retour, constata que la cuisson arrivait tout doucement à son terme.
Elle fut brûlée vive en tant que sorcière…

« J’ai du bon tabac dans ma tabatière » (air ancien)…

Une très ancienne comptine était bien connue des fumeurs de Semois :

« J’ai du bon tabac dans ma tabatière
J’ai du bon tabac, tu n’en auras pas

J’en ai du fin du bien râpé
Mais ce n’est pas pour ton vilain nez

J’ai du bon tabac dans ma tabatière
J’ai du bon tabac, tu n’en auras pas

J’ai du blond, du noir et du gris
Mais je n’en donne qu’à mes amis

J’ai du bon tabac dans ma tabatière
J’ai du bon tabac, tu n’en auras pas. »

Entre Bouillon et Alle, on peut visiter le « Musée du Tabac » à Corbion.
C’est un lieu « authentique », un atelier-musée, de l’artisanat et des machines datant de 1900…, pour rappeler que le tabac Semois fut une activité particulièrement florissante le long du cours d’eau il y a quelques décennies. On évoque même une « épopée » à son sujet !

Bouillon8.JPG

 

 

 


Boutique « La Bouffarde » à Corbion.

Quand bien même le tabac est très néfaste pour la santé et qu’il « tue », c’est l’aspect « produit de terroir » ancien qui est intéressant à (re)découvrir, voire à consommer car la production – beaucoup plus modeste en quantité, bien sûr – se poursuit avec des cigares, cigarillos et des paquets de tabac : Vieux Corbion, Duc de Bouillon, Corbion Sauvage, Ardenna…

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

09:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

09/02/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (21/140) : BOTRANGE (Belgique) : Le « Négus » sur le toit du Benelux

Endroits et histoires magiques

1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)


Situé sur le plateau des Hautes Fagnes, le Signal de Botrange est le point culminant du Benelux (Belgique, Pays-Bas et grand-duché de Luxembourg) avec 694 mètres d’altitude, une tour érigée en 1934 portant la hauteur à 718 mètres.
Le Centre Nature propose une Boutique verte, une plaine de jeux, un café-restaurant, des expositions (Musée Naturama), des animations pédagogiques, c’est, aussi, le départ (et l’arrivée !) de promenades…
Et puis, il y a l’histoire du « Négus » (titre des souverains d’Éthiopie), à vrai dire, il s’agissait de Léon Riquet, un enseignant (mathématiques) qui fut totalement bouleversé à la mort de sa mère : il abandonna sa profession et décida de vivre en ermite au cœur des Hautes Fagnes.

Botrange.jpg

 

 

 

 

 

Le « Négus fagnard » (Document : Panneau didactique titrant « Savez vous que… ? »)

Pourquoi « Négus » ? Parce que, disait-on, son profil rappelait un empereur éthiopien. Il s’installa dans la « Fagne de Fraineux », qui devint la « Fagne du Négus ». Il bâtit une cabane dans les landes, poursuivit ses recherches en mathématiques, y accueillit quelques artistes, écrivains, musiciens, dont le célèbre violoniste Henri Koch, professeur à la Chapelle musicale Reine Élisabeth.
Hélas, la foudre frappa le toit de chaume de sa cabane et il dut construire un second refuge au moment où les soldats allemands envahissaient la région, en mai 1940. Léon Rinquet fut obligé de quitter son « ermitage », les troupes nazies en manœuvres prenant pour cible son habitation !
Il trouva refuge à Hockai et, selon certaines informations, il fréquentait une auberge et y fut même interpellé par les policiers allemands qui eurent le souffle coupé (enfin, tout est relatif !) d’apprendre que le clochard qu’ils avaient sous les yeux était un véritable « docteur en Sciences » ! Après la guerre, il désira construire pour une troisième fois son refuge, symbole de Nature, de solitude et de liberté.
Hélas, sa santé déclinait et il avait dû se rendre à l’évidence face au toit de la chaumière qui s’était écroulé sous le poids de la neige : son rêve ne pourrait jamais être assouvi. Alors, le « Négus », grand amoureux de cette région des Hautes Fagnes, vécut ci et là chez des amis, avant de mourir, en juin 1974, à la clinique de Malmedy.
Son domaine fagnard de quatre hectares fut exproprié pour être inclus dans la Réserve naturelle. Au cimetière de Xhoffraix, son souvenir a été entretenu par ses amis.


L’eau « cuivrée »

Voici un exemple de randonnée « inoubliable » au cœur-même des Hautes Fagnes : « La balade le long du Trô Maret ».
Le Trô Maret est un ruisseau d’eau « cuivrée » (du côté de Spa on parle de l’ « eau rouge » car la couleur rouille de l’eau est due aux suintements carbo-gazeux ferrugineux, les pouhons) bordé de conifères, entre autres, qui se longe grâce à un sentier balisé qui, lors de passages boueux, est consolidé par des palettes en bois des rondins…, alors que certaines traversées du cours d’eau se font sur des troncs d’arbres. Il y a aussi des petits sentiers pierreux et pentus, des lieux sympas pour pique-niquer, la Ferme Libert à l’horizon, la fagne Moûpa, le « Chêne Fredericq », un ancêtre du genre…
« On se croirait dans les Alpes, voire dans la Forêt vierge ! » constata le reporter Mattias Deny dans « Touring Explorer » !


(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

08:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)