22/02/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (38/140) : DAVERDISSE (Belgique) : La Nature dans toute sa splendeur

Endroits et histoires magiques

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Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

Daverdisse, Tellin, Libin et Wellin sont les communes qui composent, avec les villages de Redu, Gembes, Haut-Fays, Porcheresse…, le magnifique Pays de la Haute-Lesse. En d’autres termes, c’est la Nature dans toute sa splendeur !
Pour s’en convaincre, il faut arpenter le Sentier des Nutons (nains ardennais légendaires), la voie (lente) entre Daverdisse et Wellin, le Petit Bois de la Gypsine (ancien arboretum)…

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Splendeur ardennaise.


Amoureux inconditionnel du jogging et de la marche de randonnée, j’ai été gâté en ce Pays : une vingtaine de parcours balisés pour un total de quelque 125 kilomètres portant les noms de « Boiserie », « Les deux-rives », « Le Maquis », « L’Ermite », « Le Gros Bois »… et proposant des « curiosités locales » en nombre, tels les « Pont des Barbouillons », « Pont des Cochettes », « Pont de Fays », « Pont des Gades » (vient de « gattes », chèvres, qui broutaient dans les prairies voisines), d’anciens moulins, les « Trou et Pont de l’Ermite », Chapelle Sainte-Agathe, Fontaine des Buttays, le Musée du Sabot, une ancienne pompe à eau, d’anciens châteaux…

 

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Des coins « merveilleux » au fil des promenades.

La Ferme de Mohimont (vers la Fagne Chaumont en quittant Daverdisse) dont l’existence remonterait au XVIIIe siècle, a accueilli Pierre-Napoléon Bonaparte, le neveu de l’empereur et cousin de Napoléon III, de 1838 à 1848. Il y vécut en compagnie de Rose Hesnard.
À la Révolution de 1848, il retourna en France puis revint dans la région de Nassogne en 1870 après l’assassinat du journaliste Victor Noir.
Ce dernier avait été tué à l’âge de 21 ans d’un coup de feu tiré par un proche de Napoléon III, ce qui indigna la population et rendit davantage impopulaire le Second Empire.
J’ai visité sa tombe au cimetière du Père-Lachaise à Paris où son gisant est l’objet de certains… attouchements.
Effectivement, les femmes stériles ou en espérance d’être mères caressent les parties génitales du bronze par superstition : par ce geste, elles pourraient attendre un ou des enfant(s), dit-on !

 

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                                                      Patine des parties génitales de Victor Noir.


Un geste humain

Les habitants de Porcheresse sont appelés des « gadots » (chevreaux en wallon). Le village est connu pour son Musée du Sabot situé dans l’ancienne école communale (la fabrication des sabots à Porcheresse aurait été enseignée par des soldats napoléoniens déserteurs) et sa pompe à eau du XIXe siècle, actionné l’Almache (voir ci-dessous), ou « machine à élever les eaux », qui remontait l’eau potable à près de cinquante mètres pour approvisionner l’entité (jusqu’en 1952).
En août 1914, le village fut pratiquement brûlé dans sa totalité par l’armée allemande. Néanmoins, dans cette sauvagerie, un acte « humain » est à souligner : une des maisons fut sauvée par un soldat allemand qui y avait renseigné la présence d’une personne âgée incapable de fuir.
Près d’une trentaine de maisonnettes furent construites par le Comité de Secours et d’Alimentation du Luxembourg et baptisées « Maisons du Comité ». Il en reste une vingtaine.

 

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Porcheresse.

L’Almache est une petite rivière qui coule dans cette région magnifique. Elle prend sa source à Baillamont, salue Naomé, Graide, Porcheresse, Gembes et se jette dans la Lesse à Daverdisse.
Cette rivière a la particularité de porter plusieurs noms (Halmache, Mache, Ruisseau de Gembes, Ruisseau des Rives) et de côtoyer des lieux légendaires tels le Trou de l’Ermite, grotte où vivait un homme solitaire qui avait sauvé plusieurs Ardennais de la peste, et la Roche du Curé, là où se cacha un curé durant la Révolution française.
Concernant la grotte située dans le bois de Gembes, l’ermite en question avait été consulté par deux frères en 1636 et, après certaines réticences de sa part, il leur indiqua quand même une plante qui pouvait les sauver !

Il y a également lieu d’honorer la mémoire de martyrs au Monument du Maquis (Vallée de la Rancenne), quinze maquisards étant tombés sous les balles allemandes.

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

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« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (37/140) : COUVIN (Belgique) : Abîme et comte de la Houssette

Endroits et histoires magiques

3.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

J’ai consacré diverses chroniques radiophoniques à Couvin et à sa région. Plutôt que de longis discours, en voici le contenu sous forme de questions et de réponses ! J’étais au micro de Philippe Delmelle, animateur à VivaCité (RTBF-Radio).

- Au carrefour de la Fagne, des Ardennes et de la Calestienne, voici Couvin et, nous n’en doutons pas, comme il en a souvent l’idée, une légende sera racontée par notre chroniqueur Pierre Guelff…
- Couvin est située sur un très ancien site, dont la Caverne de l’Abîme est l’un des fleurons. On y découvre une falaise de plus de cent mètres de long et le plus grand abri sous roche de Belgique, paraît-il. La caverne nous ramène à l’Homme de Néandertal !


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Un très ancien site…


- C’est-à-dire ?
- Des dizaines et des dizaines de milliers d’années avant notre ère, dans ce cas-ci il serait question de 35.000 à 45.000 ans. On y retrouva des outils en pierres taillées, des os de mammifères et même une dent de lait appartenant à un enfant néandertalien, avancent les scientifiques. Cette caverne servait encore de refuge sous les Romains et au Moyen Âge. Une immense marmite se trouve à un étage inférieur.
- Une marmite ?
- Il s’agit d’une dépression cylindrique, ici appelée « Salle de l’Arche ». Ceci précisé, sachez encore que Couvin fait partie des six communes de la Vallée des Eaux Vives avec Cerfontaine, Doische, Philippeville, Viroinval et Walcourt et, bien entendu, il y circule encore de nombreuses légendes et autres traditions populaires. Hélas, trois fois hélas, le site de l’ « Abîme » ne se visite pas pour l’instant, c’est une question de propriétaires, paraît-il, mais il se distingue de la rue de la Falaise, l’une des plus anciennes artères de la cité. En revanche, quel bonheur d’arpenter la « Vieille Ville » qui lui est proche. On y découvre une jolie promenade parmi des lieux et des maisons du XVIIIe siècle, une halle classée, le couvent des Récollectines de 1657, des calvaires, une fontaine…

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Un fabuleux site provisoirement (?) inaccessible.

- Vous avez évoqué des légendes. Que nous proposez-vous à ce sujet ?
- La légende du comte à la Houssette de Chimay.
- Houssette ?
- C’était une paire de bottines habituellement portée par le comte qui allait souvent à la chasse aux bêtes fauves, nombreuses dans les forêts de la région. C’était un homme peu respectueux d’autrui et, un jour, des Couvinois en colère, l’enfermèrent secrètement dans un lieu sombre. Chaque jour, il y recevait sa ration d’eau et un bout de pain. Il resta sept ans et, à l’exception de ses ravisseurs, personne ne savait où il était.
- Jusqu’au jour où…
- … un berger s’amusant avec une arbalète, visa une étroite ouverture dans la cachette, réussit son coup et, ensuite, alla récupérer sa flèche. Ô surprise !, il y avait un homme en guenilles qui croupissait à cet endroit…. C’est ainsi que le comte lui demanda d’avertir sa femme qui le pleurait comme un mort au château de Chimay. Couvin fut assiégée et le comte libéré. Personne ne le reconnut tant il avait maigri et ses vêtements étaient en lambeaux, jusqu’au moment où il fit entendre sa voix…
- Que dit-il ?
- Il cria, voire hurla : « Couvin ! Couvin ! Couvin tu m’as couvé, jamais plus ne pourra ! »
- Sa vengeance dut être terrible !
- Selon la légende, il détruisit le château mais épargna la ville !

Et encore…


Surplombant l’Eau Noire et ses pêcheurs, la « Vieille Ville » offre un splendide parcours rappelant que Couvin était une châtellenie de la Principauté de Liège.

 

 

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Un splendide parcours au cœur de la « Vielle Ville ».

Parmi une vingtaine d’indications, on trouve la Porte du Bourg, la Rue des Béguines, le Jardin du Couvent, le Couvent des Récollectines 1657, le Chemin du Castel, la Fausse Porte 17e, le Bourg d’en Haut, la Maison Pocet, bailli, les Halles, la Maison Wilmart, prémontré, la Porte de la Falise, la Maison de la Vacherie, maïeur, 18e siècle, la Ruelle du Four, l’Hôtel de Ville 1737/1836 (devenu Centre culturel), la Maison Bosquet, juris consulte, 1785…

À la Maison du Tourisme, on me fournit d’autres indications :

- Le Grand Pont : en octobre 1764, après une pluie d’orage qui dura sept à huit heures, les digues des étangs supérieurs furent emportées. Le Grand Pont, construit en deux arcades, ne laissait qu’un petit passage : l’eau vint à grossir, les voûtes et les parapets servirent de digues à la rivière jusqu’à ce qu’il fut emporté. Le pont fut reconstruit avec une arcade de trente-huit pieds.

- L’Eau Noire : la rivière joua un rôle primordial avec le rocher dans l’implantation de la ville. Son parcours sinueux était jalonné de trois îlots garnis de jardins et de vergers, également occupés par des moulins, dont celui de la Falise, le moulin des pauvres qui sera détruit en 1887.

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                                                                                           L’Eau Noire.

- L’Escalier : la cité possédait un château fort et quelques accessoires de défense, dont la rue de l’Escalier présente des vestiges.

- La Fausse Porte : cadrée par l’ancienne habitation du Père récollet, confesseur des Récollectines, la Fausse Porte donnait accès au château et
servait de poste de garde. Elle fut construite au XVIIe siècle. Le quartier « du bout d’en haut » devint un quartier ouvrier fort peuplé et typique. La création de « poêleries couvinoises » est, bien sûr, à l’origine de cette expansion.

Des personnages bizarres et monstrueux

Comme la commune de Couvin est à cheval sur trois ensembles géographiques, la Fagne au nord, la Calestienne au centre, et les Ardennes au sud, je m’autorise, donc, à déborder quelque peu dans la région et présenter au lecteur un aspect folklorique qui fut, également (durant l’été 2013) l’objet d’une chronique sur VivaCité :


- Pierre Guelff, auteur aux Éditions Jourdan, va nous conter une étrange légende qui se raconte au Pays de Couvin où il est question de personnages bizarres et monstrueux, les « Leus »…
- Cette légende remonte au temps où Frasnes-lez-Couvin possédait un important château fort, de mystérieux tunnels, que le village était séparé en deux parties sous les noms d’Argoulet, en haut de la colline, et des Breux, dans le bas. Plus loin, il y a la Grotte Neptune.
- Et, tous ces lieux étaient habités par des êtres bizarres, selon la légende.
- Non seulement bizarres, mais ils étaient craints par les voyageurs, les pèlerins et les commerçants.
- Pourquoi ?
- Tout d’abord, je précise qu’il ne s’agissait pas de ces aimables, quoique taquins, nutons, lutins et autres farfadets, relativement copains-copains avec les humains, mais d’êtres maléfiques qui agressaient leurs proies comme des loups. Des agressions terrifiantes allant souvent jusqu’à la mort de leurs victimes. Beaucoup de monde pensait qu’il s’agissait de monstres sortant des entrailles de la terre par les grottes.
- Comment étaient-ils décrits ?
- Ils mesuraient moins d’1,50 mètre de haut, étaient velus, couverts de poils roux, leurs sourcils étaient touffus, les visages étaient partagés en deux parties inégales, les bouches charnues, ils portaient aussi d’imposantes moustaches. On dit qu’ils ne riaient pas, mais qu’ils ricanaient en laissant apparaître d’imposantes canines.
- Pour mieux dépecer leurs victimes, je suppose !
- Oui, des victimes qui étaient mangées crues et leur sang bu à profusion, ajoute cette terrible légende. On disait, aussi, qu’ils adoraient une déesse orientale nommée « Ghul », une créature monstrueuse du folklore persan qui pouvait aussi bien se changer en femme qu’en hyène avide de chair et de sang.
- D’où les massacres dans cette région couvinoise…


- Il paraît que les gens du bas du village, habitués aux rituels sauvages, ont fini par, eux aussi, boire le sang qui coulait jusqu’à eux et même à en faire du boudin !
- Comment tout cela s’est-il arrêté, Pierre ?
- Au fil du temps, comme beaucoup d’hommes, l’appât de l’or et de l’argent intéressa davantage ces monstres sanguinaires. Ils furent donc attirés par les bourses et les marchandises des voyageurs fortunés, ayant déjà tellement écumé la région. Les massacres s’estompèrent et s’arrêtèrent car, outre une évolution des mœurs, les mesures de sécurité s’avérèrent plus efficaces. N’empêche, le surnom de « Leu », ou « Loup », est encore collé aux habitants de Frasnes. Pour preuve, la Maison des Jeunes locale s’appelle « Les Leus » !
- Heureusement, des jeunes qui n’adorent plus la déesse « Ghul » !

 

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                                           Frasnes-lez-Couvin : tradition, folklore, légendes…

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

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« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (36/140) : COO (Belgique) : Un petit Niagara et les loups féroces

Endroits et histoires magiques

1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

Située entre Trois-Ponts et La Gleize, la cascade ce Coo sur la rivière Amblève, est la plus importante chute d’eau en Belgique.
Elle est célèbre pour sa chute de quinze mètres de dénivelé et le fait que l’on peut atteindre les hauteurs du village en télésiège, d’où l’on aperçoit le « Lac de Coo », à savoir le bassin inférieur de la centrale hydroélectrique unique en Belgique, et, aussi, la splendide Vallée de l’Amblève.
Ce sont les moines de l’Abbaye de Stavelot qui creusèrent la grande chute afin de protéger le village de Petit-Coo. Mais, à côté de cette cascade « artificielle », il y a la naturelle, plus petite.
Les deux se retrouvent finalement dans le même tourbillon, le temps d’une séparation de quelques secondes, puisqu’elles proviennent du même méandre de l’Amblève.

Que l’on évoque le temps, celui de ma jeunesse, dans les années ’50, il y avait la cascade et une buvette, c’est tout. À présent, un complexe d’attractions multiples (Plopsa Coo) attire des milliers de visiteurs en saison.
Il faut dire que les activités récréatives ne manquent pas : karting, mini-golf, kayak, Grand 8, bob-luge sur une piste de 850 mètres, tronc d’arbre qui plonge dans la rivière sauvage, parc à gibier avec spécimens de la faune ardennaise (sangliers, daims, biches…), vélos volants, fontaines dansantes, labyrinthe, petits lapins, carrousel, scooters, château gonflable, auto-école, plaine de jeux, Tour de guet, pré des animaux, boutiques…

 

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Un cadre naturel enchanteur et de multiples attractions (Plopsa Coo).

 

La Fontaine aux Loups

Non loin de la cascade, en se dirigeant vers Spa par Roanne, « La Fontaine aux Loups » aurait été l’objet d’une bien triste saga…

Lors d’un rigoureux hiver, celui de 1760, Antoine Gillet, père de Louise et de Thérèse, était allé à Verviers pour y traiter des affaires.
Il était parti depuis plusieurs jours et n’était toujours pas revenu, au grand désespoir de Thérèse, alors que, malgré cette situation inhabituelle, Louise s’apprêtait à partir au bal où l’attendait Bertrand, son fiancé.
Un bal donné par Gilles Benoît à l’occasion du mariage de sa fille unique. Bertrand, effectivement, y attendait Louise et il ne voulait danser avec aucune autre fille.
« C’est l’amour de Louise qui le pousse à agir de la sorte ! » lança une commère.

Puis, apprenant que des loups rôdaient dans les parages, Bertrand voulut organiser leur chasse. Personne ne le suivit. Il s’en alla tout seul, mais armé. Durant ce temps, Louise se mettait en route pour le bal.
« Père a peut-être été à Herve et non à Verviers ! » dit-elle à sa sœur, effondrée, pour justifier son départ pour la fête.


Quelques instants plus tard, Bertrand arriva à la maison des Gillet. Il n’avait pas croisé Louise.
« Les loups ! Les loups ! » hurla le jeune homme.
Thérèse et lui partirent à la recherche de Louise et, dans la foulée, du père Antoine. Au bout d’une courte marche pénible, ils entendirent un râle : dans un coin, près d’une fontaine, deux animaux monstrueux terminaient de déchiqueter le corps de Louise. Bertrand s’évanouit.
À la fonte des neiges, on trouva, dans les Fagnes, les ossements et des lambeaux de vêtements, ceux d’Antoine Gillet. Il avait aussi été la proie de féroces loups.

La morale de cette légende : « Le Ciel, en faisant mourir Louise d’une façon identique à la mort de son père, a voulu la punir de son égoïsme et de son manque d’amour filial. »

Thérèse épousa Bertrand et la « Fontaine aux Loups » devint un but de pèlerinage. Les femmes de la contrée y faisaient boire l’eau fraîche et limpide à leurs enfants afin de leur donner du courage dans l’existence et, aussi, davantage d’amour pour leurs parents !
Certains disent qu’on y vient, également, pour guérir les maladies infantiles, selon le site « Lumière de Dieu » !

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

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