25/02/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (41/140) : DURBUY (Belgique) : La plus petite ville du monde

 

3.jpgEndroits et histoires magiques

Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

Durbuy, c’est une ville qui, depuis 1977 (fusion des communes en Belgique) regroupe douze anciennes communes, ou, encore, une quarantaine de villages et hameaux. « Il n’y a pas beaucoup de lieux aussi agrestes en Belgique que la petite ville de Durbuy dont l’homogénéité des ruelles est un moment de grâce » et « son château est le nombril de la cité », selon Philippe Farcy (« La Libre Belgique »). Ici, on évoque 10 000 ans d’Histoire :
- La préhistoire grâce aux grottes de Juzaine, Verlaine, Villers-Sainte-Gertrude…, et aux silex de Tohogne et Bomal.
- Le néolithique avec les mégalithes de Wéris et d’Oppagne.
- La féodalité et le Moyen Âge avec leurs tombes franques, le château de Durbuy, le donjon d’Izier, quelques superbes églises romanes (Tohogne, Grandhan, Wéris…) ou gothiques (Notre-Dame de Borlon, Durbuy…).

Durbuy1.jpg

 

 

 

Pierre Guelff (à droite) parmi les mégalithes de Wéris en compagnie d’une équipe de la RTBF-TV5 Monde.

- Enfin, plus proches de nous, voici différents châteaux-fermes (Bomal, Grandhan, Tohogne, Jenneret…) et les petites maisons fleuries et ruelles avenantes de Durbuy qui, en plus, propose quelques curiosités : la confiturerie, la brasserie artisanale, le musée du diamant, le parc des Topiaires, des promenades pédestres, à cheval, en calèche, en kayak…, les cascades, l’illumination des abords du site de l’anticlinal, l’étang artificiel au pied du Rocher de la Falize…
Seulement deux sites totalement naturels de Wallonie sont illuminés : le Rocher Bayard à Dinant et l’anticlinal (en géologie, pli dont la convexité est tournée vers le haut) de Durbuy. Petite parenthèse : le site du château-fort de Bouillon n’est pas considéré comme naturel car il est, même en partie, le fruit d’une activité humaine.
Durbuy, déclarée la plus petite ville du monde, est nichée entre Ourthe et rocher. Cet écrin naturel attire des touristes du monde entier (400 000 nuitées par an) et, de la sorte, s’enorgueillit, aussi, d’être au cœur du Vieux Continent.

Durbuy2.jpg

 

 

Les pierres du Savoir

À quelques kilomètres de l’Ourthe qui coule dans Durbuy, le site mégalithique de Wéris et d’Oppagne est une bonne occasion d’aborder – succinctement ! – ces fameux mégalithes et de ces pierres qui furent utilisées pour construire des édifices sacrés remarquables.
Des pierres, qu’un moine du VIIIe siècle avait baptisées « Pierres du Savoir » : « Tous les arts et toutes les sciences sont inscrits en elles », dit-il. Ce sont des pierres qui « parlent », qui me parlent.
La pierre c’est donc, aussi, le menhir et l’élément qui compose un dolmen (chambre funéraire) et, depuis des millénaires, on prétend que ces pierres exercent parfois un pouvoir magique sur les hommes. À Wéris, catalogué de « Stonehenge belge », j’ai lu cette étonnante citation de Guy de Maupassant : « Je suis croyant, croyant inconscient ; sans religion précise, mais les ayant toutes. Il ne faut jamais plaisanter avec les croyances éteintes, car rien ne meurt. »

Il a été donné de multiples fonctions à différents mégalithes, plus particulièrement à leurs célèbres alignements, dont certains datent de 5 000 à 2 000 ans avant la naissance du Christ.
En voici quelques-unes : labyrinthes, gigantesques sculptures à regarder du ciel, zodiaques, horoscopes, repères, lieux de surveillance, cimetières, pierres vouées aux cultes du soleil et de la lune, monuments antiques dédiés aux cultes des Celtes, restes de carrières, calendriers à ciel ouvert, fondations pour pistes d’envol d’astronefs intergalactiques, symboles phalliques (d’où des rites de fécondité), observatoires astronomiques, stations de visées lunaires et solaires, lieux de cultes du serpent et du dragon, pierres commémorant de grandes batailles du passé, bouleversements dus au déluge, œuvres de lutins et de fées, immenses bouliers et abaques permettant des calculs d’extrapolation, pierres thérapeutiques (contre la fièvre, les mauvais esprits, les maux de dos...), etc.

Néanmoins, les hypothèses les plus sérieuses laissent toujours apparaître le rôle sacré joué par les pierres. À ce sujet, on évoque même la « religion des mégalithes »
Ainsi, une croyance ancestrale voulait qu’on ne mourait que pour sept ans et que la huitième année était celle de la résurrection, ou, du moins, l’année où l’esprit de la personne décédée revenait à la vie. C’est probablement la raison pour laquelle les premiers archéologues qui fouillèrent le sous-sol des dolmens n’y trouvèrent rien de particulier, alors que dans une fosse voisine ils découvraient des ossements.

« À côté de Durbuy se cachent 10 000 ans d’Histoire. Un passé richement illustré par de nombreuses traces issues de toutes les époques de la ligne du temps », selon le site de la Ville de Durbuy.

Les os ne devant pas séjourner plus de sept ans dans le dolmen, on peut logiquement penser - à défaut de preuve irréfutable -, que la « religion des mégalithes » s’apparentait bien à celle de la résurrection.

Des scientifiques de l’université de Rennes synthétisent l’état actuel des connaissances en la matière : « Il est tout à fait vraisemblable que les populations qui ont édifié les mégalithes avaient des systèmes de croyances et de traditions religieuses, rituelles, ésotériques et astrologiques élaborées. »


(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (40/140) : DOUZY (France) : Des bonds encourageants

 

Endroits et histoires magiques2.jpg

Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

Un peu en dehors de ce village du Pays des Trois Cantons, à la Route de Mouzon on trouve un tout petit aérodrome. Particularité : il est l’un des tout premiers à avoir connu la fameuse épopée de l’aviation.
C’est en 1908, que Roger Sommer, pionnier en la matière (et en automobile), fit quelques bonds dits « encourageants » sur une prairie de Douzy à bord d’un biplan de sa propre fabrication.
Un an plus tard, il vola plus d’une heure à une trentaine de mètres d’altitude.
Alors qu’il se dirigeait vers Calais pour tenter la célèbre traversée de la Manche (un vol d’une trentaine de minutes, en principe), le camion de Sommer, qui acheminait l’avion, tomba en panne. C’est Blériot, qui avait eu la même idée, qui entra dans l’Histoire quelques jours plus tard !
Mais, le pilote de Douzy se « vengea » quelque peu contre le sort et il battit le record du monde de durée en vol : deux heures pour 160 kilomètres à quelque 200 mètres d’altitude.
Ensuite, en 1910, il emmena dans son avion douze personnes établissant, de la sorte, le record du poids transporté !
Un musée à Douzy évoque cette époque glorieuse pour l’aviation, dont celle d’un autre pilote ardennais, Henri Louis Brégi, le premier pilote à survoler l’Afrique.

À Douzy (en patois, le village est appelé le « Pays des rallonges » !), où Charlemagne aimait séjourner, on remarque l’église néogothique Saint-Barthélemy et, à ses pieds, un monument commémorant les morts pour la patrie qu’un soldat tout habillé domine de bleu, alors que des obus font office de soutiens à une chaîne d’anneaux…

Douzy1.JPGDouzy2.JPG

 

 

 

 

Église Saint-Barthélemy et le soldat bleu entouré d’obus.

Il y a également, une base de loisirs « Pavillon bleu », une invitation à la pêche, à la baignade, à faire du pédalo, à se lancer sur un toboggan…, alors que, tous les deux ans, au mois de juillet, se déroule le « Douzy’k Festival » (rock) qui attire des milliers de personnes, et que le village accueille le « Centre national de gestion des missions catastrophes naturelles de grande ampleur » (tempête Xynthia, inondations dans le Var…).

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

20:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (39/140) : DIEKIRCH (Grand-duché de Luxembourg) : Ville d’Histoire et d’histoires

Endroits et histoires magiques

1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

Cette cité de quelque 6 000 habitants située entre Luxembourg, la magnifique Petite Suisse Luxembourgeoise (Echternach, la plus ancienne ville du Luxembourg, Beaufort, Berdof, Consdorf), la Sûre, possède en ses murs la seule caserne militaire du grand-duché.
Dès lors, elle abrite aussi le Musée national d’histoire militaire dans les bâtiments d’une ancienne… brasserie.
On y découvre des scènes de la Bataille des Ardennes qui s’est aussi déroulée aux alentours de Diekirch et l’histoire de l’armée luxembourgeoise depuis plus de six décennies. Sans oublier le Conservatoire national de véhicules historiques.
Et puis, Diekirch est réputée pour sa bière à tel point qu’il existe un Musée d’histoire de la Brasserie de Diekirch.

 

 Diekirch1.JPGDiekirch2.JPG

 

 

 


La célèbre bière de Diekirch possède même un musée !

Le Musée d’Histoire(s), quant à lui, propose des objets de la Préhistoire au Moyen Âge dans cinq salles : Une ville se crée (les mémoires d’antan), Habiter et vivre (reconstruire l’histoire dans la peau d’un chercheur), Rencontres (quand l’Histoire se raconte à travers une multitude de petites histoires), Le crois-tu ? (développement de la spiritualité) et Empreinte écologique (un environnement en constante évolution pour survivre et évoluer).

Également à découvrir, l’église Saint-Laurent, dite la « Vieille église », qui est située dans le centre historique de la cité à l’emplacement d’une construction remontant au Haut Moyen Âge. Elle a conservé des fresques des XVIe et XVIIe siècles.

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

20:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)