04/06/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (130/140) : WIBRIN (Belgique) : Graine de voyou !

 

Endroits et histoires magiques

 3.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 À la Maison du Tourisme de Houffalize-La Roche, on présente de manière particulièrement bucolique le village de Wibrin : « En frôlant les rochers qui bordent la route, vous apercevrez peut-être un rouge-gorge rondelet qui a cherché, dans les cavités, l’endroit idéal pour élever sa nichée. Plusieurs découvertes telles que des tombelles et des haches de silex laissent penser que les hameaux de Petite-Mormont, Grande-Mormont ou Wibrin furent occupés très tôt dans le temps. »

 

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Pendants d’oreilles en or datant du Ve avant Jésus-Christ, retrouvés à Wibrin

 

Ce petit village aurait été habité par les sorcières qui appréciaient particulièrement les vallées et la forêt environnantes, dit-on.

Ici, on se souvient encore avec précision d’une autre histoire, véridique celle-là !, au point qu’une reconstitution estivale est organisée. C’est celle de Magonette et de Géna.

 

Célèbres bandits ardennais

 

C’est en prison que Henri-Joseph Theis dit « Magonette », Ardennais pure souche puisqu’il est né à Wibrin (en 1790), et Jean-Henri Géna, de cinq ans son cadet, originaire des environs de Durbuy, donc Ardennais comme son futur compère et complice, et détrousseur de cadavres sur le champ de bataille de Waterloo après la débâcle de Napoléon, se rencontrèrent au début du XIXe siècle. Le premier pour avoir volé des foulards, le second un cheval.

Ils ne firent pas long feu derrière les barreaux puisqu’ils s’évadèrent, se réfugièrent dans les bois de la région avec, probablement, l’aide de membres de leurs familles.

Alors, ils hantèrent une partie des Ardennes (« Espèce de Magonette ! » était devenu une injure ou équivalait à « Graine de voyou ! » lancé par les parents à leurs enfants désobéissants) et commirent une multitude d’agressions pour s’alimenter et voler de l’argent, parfois avec l’appui d’habitants qui se changeaient en indicateurs, receleurs, voire protecteurs, et, le pire, ils tuèrent un gendarme.

Ils furent capturés, renvoyés en prison, jugés et guillotinés à Liège. Ils furent parmi les derniers décapités en Belgique. Cet engin de mort est exposé au Musée de la vie wallonne à Liège, comme un autre au château des Comtes à Gand... où, paraît-il se débat encore l’épineux sujet de la peine capitale.

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Guillotine.

 

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

18:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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