04/06/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (125/140) : VIROINVAL (Belgique) : Un courant d’émotions, d’idées et d’ardeurs

Endroits et histoires magiques

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Viroinval (Vallée du Viroin), centre géographique de l’Union européenne au temps où elle était composée de quinze pays (voir ci-dessous), est également formé de huit communes : Nismes, Dourbes, Olloy-sur-Viroin, Treignes, Mazée, Vierves-sur-Viroin, Oignies-en-Thiérache et Le Mesnil.

Les autorités locales précisent : « Viroinval, un courant d’émotions », « Viroinval, un courant d’idées, un flot d’ardeurs, une cascade de sensations dévalant les pentes entre Calestienne et Ardenne. »

Au micro de Philippe Delmelle sur VivaCité (RTBF-Radio), j’ai présenté deux de ces communes.

 

Oignies-en-Thiérache : Le Village des Veuves

 - Alliant des faits historiques, des légendes, des anecdotes et des informations patrimoniales, vous nous invitez à Oignies-en-Thiérache.

 

- L’histoire écrite de ce village remonte jusqu’au VIIIe siècle quand on apprend qu’il faisait partie, tenez-vous bien, de la célèbre Abbaye de Saint-Germain-des-Prés située dans la banlieue de Paris ! Ceci étant précisé, dans le guide touristique communal, sous le titre « Oignies, le village des ardoisières », j’ai lu ces jolies phrases à l’encontre de cette entité nichée au cœur de l’immense forêt ardennaise : « Oignies, un espace gagné par la forêt, où la couleur des schistes n’a d’égale que celle des frondaisons. Marchez sur la pointe des pieds, décelez l’empreinte du gibier, puis percevez l’écho de ces Ardennais qui fendaient la pierre dans les ardoisières. »

 

- Un village qui était le centre de l’Europe des 15, mais, au juste, pourquoi l’appelait-on aussi « Village des Veuves » ?

 

- L’industrie de l’ardoise était omniprésente à Oignies avec, par exemple, quelque 300 artisans, ouvriers et employés œuvrant dans les ardoisières à la fin du XIXe siècle. À cette époque, il n’y avait pas encore de protection des travailleurs et les accidents et maladies professionnelles, telles la schistose et la silicose, étaient nombreux et beaucoup se soldaient par la mort d’ouvriers dans la quarantaine, d’où la dénomination de « Village des Veuves ». Cette industrie périclita et il ne reste que des vestiges de cette époque.

 

- Tel le site du « Trou du Diable », paraît-il...

 

- Effectivement, c’était une ancienne ardoisière sur la route de Fumay, et, ô hasard qui fait bien les choses, la Cathédrale de Lumière n’est pas très éloignée d’elle.

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La Cathédrale de Lumière.

 

- À savoir ?

 

- Sur cette même route se trouve un symbole de l’unité européenne, à savoir, une étoile réalisée en pavés de granit et, au milieu d’elle, il y a la « Cathédrale de Lumière », une œuvre en verre dont chaque branche représente un pays des 15 et la longueur est proportionnelle à sa date d’entrée dans l’Union Européenne. Le tout est entouré de chênes, un arbre éminemment symbolique sur le plan de la puissance.

 

- Pouvez-vous nous rappeler ces pays et ces dates ?

 

- En 1958, il s’agissait des pays fondateurs : la Belgique, la France, l’Italie, l’Allemagne, le Grand-duché de Luxembourg et les Pays-Bas, puis, en 1973, le Danemark, le Royaume-Uni et l’Irlande, ensuite, en 1981, la Grèce, en 1986, l’Espagne et le Portugal, et en 1995 , la Suède, la Finlande et l’Autriche. C’est Bernard Tirtiaux l’auteur de cette « Cathédrale de Lumière », un artisan et, aussi, un merveilleux auteur dont j’ai apprécié les romans historiques « Le passeur de lumière », « Les sept couleurs du vent », « Aubertin d’Avalon »…

 

- D’autres précisions concernant sa Cathédrale de Lumière ?

 

- C’est l’artisan lui-même qui évoque une cathédrale rassembleuse, qui se veut annonciatrice d’un monde plus solidaire, plus égalitaire, plus équitable… « Ma grand-mère me parlait déjà du concept de l’Europe avant qu’il ne soit réellement mis en pratique… », précisa Bernard Tirtiaux.

 

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Une cathédrale « rassembleuse ».

 

- Et, on retrouve Toine Culot cher à l’auteur Arthur Masson dont il est question à Treignes…

 

- Sur une pierre prétendue tombale, on peut lire : « Le 1er mars 2002, avec mes amis, j’ai enterré le dernier franc. » Signé : Toine Culot, maïeur de Trignolles.

 

Treignes : Village champion du monde !

 

- Aujourd’hui, Pierre Guelff nous invite à  le suivre à Treignes, le village des musées…

 

- Pour un village de quelque sept cents âmes, on y compte quatre musées et, comme il est clamé sur place, le village a probablement le rapport musées par habitants le plus élevé au monde ! Et, ajoutez-y encore la Villa Gallo-romaine et des fours à chaux.

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L’un des trois personnages de la Toinade.

 

- Quelle est la première visite à laquelle vous nous conviez, Pierre ?

 

- À l’Espace Arthur Masson.

 

- Un écrivain de terroir comme vous les appréciez !

 

- Je ne vous le fais pas dire ! Si comparaison n’est pas raison, Arthur Masson est dans la lignée des Daudet, Pagnol, Signol, Michelet… sauf que lui évoquait des sagas wallonnes avec Toine Culot, son personnage principal, et non provençales ou bretonnes. Il se définissait de la façon suivante : « Troubadour de la bonne heure, chantre des humbles beautés de mon pays, jongleur de Wallonie. »

Ceci précisé, l’Espace Arthur Masson est une place qui accueille, entre autres, la Maison de Trignolles et un parcours-spectacle avec l’atmosphère ardennaise de 1930 à 1960, l’École d’Autrefois, celle de 1932, avec son règlement interdisant aux élèves de cracher à terre, d’introduire dans l’oreille le bout d’un porte-plume ou d’un crayon, d’essuyer les ardoises en crachant dessus, de tenir dans la bouche des pièces de monnaie, etc.

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Une classe de 1932.

 

Quant à la fontaine, elle évoque trois personnages de la Toinade issus des sagas de l’auteur. Des expositions thématiques ont également lieu, avec celle, par exemple, de la reconstitution de la pièce principale de la famille Culot.

 

- Et la deuxième étape ?

 

- Il s’agit de l’Écomusée, une sorte de trait d’union entre le passé, le présent et l’avenir avec ses métiers traditionnels, des centaines d’outils, de machines, etc. Avec, également, des expositions thématiques, comme « Marmites, cocottes et Cie » !

Puis, troisième étape, le Musée du Chemin de fer à vapeur. Je me souviens que, quand j’étais enfant, il y a six décennies, j’empruntais ce type de transport et, c’est avec une certaine émotion que j’ai retrouvé des locomotives et des voitures à voyageurs dont les banquettes en bois avaient plein de charme, à défaut du confort de nos TGV et en sachant qu’il fallait quasiment une journée pour rejoindre les Ardennes où j’habitais à Ostende !

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Un jour pour rejoindre la Mer du Nord depuis les Ardennes !

 

- Et le quatrième musée ?

 

- C’est celui du Malgré-Tout ! Ici, on vous invite à remonter le temps jusqu’à l’Homme de Néanderthal et à la période gallo-romaine. Et, à l’extérieur, on visite le Parc de la Préhistoire.

 

- Pour en revenir à Arthur Masson, je sais que vous voulez le citer pour terminer notre chronique…

 

- Effectivement, j’ai retrouvé dans les archives du journal « Le Soir » sa définition de l’humour…

 

- Nous vous écoutons !

 

- « Dire d’un homme qu’il a de l’esprit n’est pas toujours un compliment, car cela peut signifier qu’il en a trop ou qu’il en use mal. Dire d’un autre qu’il est humoriste est autrement sympathique ! »

 

Il est défendu de…

 

 Avec l’aimable autorisation de l’Espace Arthur Masson de Treignes (www.espacemasson.be), voici la reproduction du texte affiché dans l’école de 1932 :

 

 

 

Aux élèves des écoles

 

IL EST DEFENDU

 

  1. De cracher à terre ;
  2. De mouiller ses doigts dans sa bouche pour tourner les pages des livres et des cahiers ;

 

  1. D’introduire dans son oreille le bout d’un porte-plume ou d’un crayon ;

 

  1. D’essuyer des ardoises en crachant dessus ou en y portant directement la langue ;

 

  1. De tenir dans sa bouche les porte-plumes, les crayons, les pièces de monnaie, etc.

 

Voulez-vous savoir maintenant pourquoi ces défenses vous sont faites ?

Demandez-le à vos maîtres qui vous donneront les explications nécessaires.

 

Souvenez-vous enfin que vous ne devez pas seulement obéir vous-mêmes à ces prescriptions, mais que vous avez encore le devoir de les faire connaître à tout le monde.

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Défendu de cracher à terre à l’école de Treignes !

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

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