03/06/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (120/140) : VERVIERS (Belgique) : L’eau, la Vierge et Victor Hugo

 

Endroits et histoires magiques

 3.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Dans cette ville, « où il fait bon vivre », trône l’une des plus mystérieuses Vierges Noires, du moins intitulée comme telle en Occident.

Néanmoins, avant de retrouver cet objet d’une énigme fabuleuse, allons à la découverte de Verviers, une très ancienne ville puisqu’on y découvrit des vestiges du paléolithique et du néolithique, et les néanderthaliens qui y vécurent, il y a cent mille ans, habitèrent principalement la vallée de la Vesdre. Plus tard, les peuplades celtiques, germaniques et gauloises envahirent les mêmes contrées. Et, Victor Hugo ne resta pas insensible à cette région…

 Avec un « s » en plus !

 Trois théories s’articulent autour de l’origine du nom de la ville :

 

  1. Verviers proviendrait de « Virovirius », nom d’un personnage qui aurait vécu en Sommeleville, où la tradition place une villa gallo-romaine.
  2. « Viroviacus », composé de « Virovius », nom d’un personnage et du suffixe « acus », qui traduit une idée d’appartenance, serait à l’origine du nom de la ville, selon une autre source décrite sur le site de Verviers.
  3. Il y avait autrefois, au Marquisat de Franchimont, un village appelé « Crotte ». Il était situé vis-à-vis de la montagne de Hombiet, sur la rive gauche de la Vesdre. Ce village ayant été détruit pendant les guerres des Sarrasins, les habitants commencèrent à défricher les bois, où se situe aujourd’hui Verviers, et y bâtirent des maisons.

Le bois s’appelait « Vieux chêne » en raison des arbres qui y poussaient. On dit que ce fut un évêque de Liège qui, admirant la beauté et la verdure de cet endroit, défendit d’encore l’appeler « Vieux chêne » mais bien « Alt und grün » ce qui signifie « vert et vieux ». Mais le patois wallon remplaça l’allemand et l’endroit prit le nom de « Vert et Vieux » d’où émergea d’abord Vervi puis Vervier… Le « s » ne fut ajouté que bien longtemps après, selon Jean Le Mercier, qui fut administrateur de la cité au XVIe siècle.

 

Le passé industriel de Verviers, avec ses mines de fer et son traitement de laines anglaises, remonte au Xe siècle, alors que trois siècles plus tard, l’industrie drapière commença à se développer. Au XVIIe siècle, les draps verviétois étaient exportés vers l’Italie, la Hongrie, la Turquie…

En 1795, le Pays de Liège fut annexé à la France et cela provoqua l’arrêt total des affaires. La misère s’installa. Heureusement, sous l’Empire la draperie verviétoise reprit son essor. Ensuite, avec la collaboration de Cockerill, ce fut l’envol du machinisme industriel. Verviers fut même la première ville qui fabriqua un métier à tisser la laine et de vastes entreprises s’installèrent dans la vallée de la Vesdre. En 1843, une ligne de chemin de fer y fut construite, alors que le barrage de la Gileppe fournissait l’eau nécessaire aux lavoirs.

Quelques décennies plus tard, l’industrie textile connut un dramatique déclin faisant place à d’autres secteurs : matériel médical, fibre de verre, machines-outils, alimentation (le célèbre chocolat Jacques, par exemple, avant le transfert de l’usine à Eupen), papeteries et, aujourd’hui, c’est l’eau, sous maintes formes, qui tente de faire oublier le passé glorieux de la cité.

 

Capitale de l’Eau

 

À la Place Verte, en plein centre de Verviers, une fontaine, dite secrète, fonctionne depuis 2002. Alimentée par sept pompes, comportant vingt jets moussants, soixante-neuf jets verticaux, quatre-vingt-quatre spots multicolores, il s’agit, selon ses concepteurs, de renforcer le label verviétois de « Capitale wallonne de l’Eau ». Cette fontaine est considérée comme un « joyau aquatique ».

Mais, Verviers compte d’autres fontaines : « David », de la « Gare », « La Grâce », « Mallar », « Ortmans », « Les Busettes », « Rio+10 », des « Raines », le Perron datant du XVIIIe siècle…

 

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Que d’eau à Verviers !

 

Et puis, il y a la « Maison de l’Eau », musée interactif mettant en évidence quatre aspects : « L’eau dans de beaux draps », « L’eau toute puissante », « Je suis rivière » et « L’eau capitale ».  « Pas d’étoffes ni de beaux draps sans la Vesdre et ses affluents… », d’où « Aqualaine », centre touristique de la laine. Verviers n’est-elle pas fille de Vesdre ?

Alors qu’au « Polygone de l’Eau » il est question de gestion, de métiers, de technologie, un Manifeste belge de l’Eau a été édicté sous forme de neuf priorités :

 

  1. L’eau est un bien commun.
  2. Prise en charge collective du coût de l’accès à l’eau pour tous.
  3. Gestion démocratique de l’eau.
  4. Partager l’information sur l’eau.
  5. Améliorer l’état des ressources.
  6. Politique de prévention.
  7. Citoyenneté de l’eau.
  8. Revalorisation de l’eau du robinet.
  9. Solidarité mondiale autour de l’eau.

 

 

Patrimoine de lutte contre le Mal

 

 « Les Bons Pères » - des Franciscains de la branche des Récollets – vinrent s’installer à Verviers au XVIIe siècle, alors que le protestantisme gagnait du terrain dans la région. Ils y construisirent un couvent (1631-1634), firent l’acquisition de plusieurs immeubles, ouvrirent un collège, érigèrent une église (1646-1650).  

Cet édifice, en retrait par rapport à l’alignement actuel, comportait une niche installée dans la façade. Elle accueillait la Vierge et l’Enfant.

Ici, les légendes et des faits réels se chevauchent pour offrir une histoire magnifique…

 

Mais, en préambule à cette évocation, voici quelques propos tenus par l’abbé Jo Bodeson :

 

« Le miracle de N.D. des Récollets » manifeste, selon l’interprétation originelle, la miséricorde d’un Dieu dont les hommes ont masqué le vrai visage en faisant de lui un Dieu intransigeant, moralement, et impitoyable dans son jugement. Un Dieu duquel on se tient à l’écart.

La Vierge des Récollets est prophète de ce beau visage de Dieu dont les textes bibliques nous font part.

Verviers ! Ancienne cité mariale !

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 De l’abbé Bodeson dans « Notre-Dame des Récollets » : « Elle est prophète de ce beau visage de Dieu… »

 

Voici près de trois siècles qu’une dévotion rendue à Marie, Mère de Miséricorde, a marqué la population chrétienne de notre région.

Et si, aujourd’hui, certains l’ont perdue de vue, parce que la vie populaire ne se limite plus au patrimoine de la seule ville où l’on habite, cela n’empêche pas l’image de la Vierge Noire des Récollets de se trouver à Rome, par exemple, où elle a pris place sur la façade de l’église Saint-Julien des Belges depuis le couronnement de 1892 ; ou bien à Moscou même, où des Belges, attachés à l’ambassade l’ont choisie pour soutenir leurs prières.

La Vierge Noire, dans son histoire, est porteuse d’un patrimoine de lutte contre tout mal : un patrimoine d’exemples et de prières exaucées.

Puissions-nous retenir de la Vierge Noire son titre de Mère de Miséricorde. »

 

Une fausse Vierge Noire ?

 

Il y a un siècle, plus précisément en 1913, l’abbé F.X. Georges écrivait le texte suivant sous forme de mise en garde :

 

« La statue de Notre-Dame des Récollets est appelée Vierge Noire, mais elle n’est pas de bois ; elle est de grès. Elle n’a pas une provenance légendaire ; elle a été placée sur la façade après avoir été sculptée, à Verviers, au XVIIIe siècle, dans deux blocs de pierre du pays par un religieux récollet anonyme et que l’on croit d’origine italienne.

Elle était peinte, d’après les témoignages, en teintes peu originales dont les traces ont été redécouvertes lors du décapage de la statue en 1855. Exposée au nord-ouest, les intempéries l’ont marquée jusqu’à la construction de la chapelle qui l’abrite. Les fumées de cierges y ont mis leur part. La chapelle servit de forge durant l’occupation française ; ce qui n’arrange rien en ce qui concerne la propreté de la statue. En 1810, l’incendie de l’église l’épargnait, non sans la noircir à son tour, on s’en doute. Bref, le curé Meunier décida de la restaurer.

Et comme on l’appelait communément déjà, la Vierge Noire, en 1856, on trouva bon de la recouvrir d’une couche uniforme de couleur noire. Il n’y a pas de mystère ni de légende. La pierre a son histoire. »

 

Mais, il y aurait eu quelques miracles dans la cité lainière belge ! Ainsi, on aurait amené des enfants morts sans avoir été baptisés, comme l’atteste un registre (1720-1724) faisant état de 396 enfants présentés à Notre-Dame des Récollets. Chaque cas d’enfant était consigné dans ce document tenu par le curé, qui écrivit, par exemple : « J’ai donné attestation d’avoir permis d’inhumer l’enfant mort-né qui ayant été apporté devant l’image miraculeuse de Notre-Dame de Miséricorde honorée dans la chapelle des P.P. Récollets de cette ville, doit avoir donné des signes de vie, ensuite baptisé sous condition. »

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Une Vierge prêtant à polémique.

       

Un étrange bouleversement

 

Un fait bien précis et incontestable, paraît-il, au sujet de cette statue a été repris dans diverses archives : le 18 septembre 1692, vers 14 heures, les Pays-Bas, le Pays de Liège, une partie de l’Allemagne…, furent secoués par un tremblement de terre.

Plusieurs témoignages attestèrent de manière formelle ce séisme de la fin du XVIIe siècle :

 

« Ce tremblement menaça de tarir les sources minérales de Spa, dont une, la Géronstère, disparut momentanément… L’eau du Pouhon demeura trouble pendant quelques jours. »

 

« Plusieurs personnes ont été blessées et tuées à Liège… Beaucoup de cheminées, sommets de maisons, tours…, se sont renversés. »

 

« À Soiron, l’épouvantable tremblement de terre abattit des maisons et des cheminées. Le Château de Soiron est irréparable. »

 

« Le 18 septembre 1692, vers deux heures et demie de l’après-midi, se produisit à Verviers un gros tremblement de terre qui abattit plusieurs cheminées. On ressentit encore une forte secousse vers quatre heures. »

 

« Ce fut ce jour et à ce moment qu’arriva ce prodigieux changement à l’image de Notre-Dame au portail des Récollets. »

 

En quoi, justement, consista ce changement impressionnant ? Dans un écrit daté de 1697, Jacques Silvius, gardien des Récollets, a opéré des comparaisons :

 

- Avant le tremblement de terre du 18 septembre 1692 : la statue de la Vierge Noire et de l’Enfant avait une position bien précise. À savoir, la main et le bras gauches de la Vierge étaient tendus vers la gauche. La Mère du Christ tenait dans cette main, dont les doigts n’étaient pas séparés, un sceptre. La main et le bras gauches de l’Enfant, étaient tendus dans le même sens, attitude quasiment parallèle à celle de la Vierge. La main et le bras droits de Jésus étaient tendus dans le sens opposé. L’Enfant était debout. Marie et Jésus portaient le regard droit devant eux.

 

- Après le tremblement de terre du 18 septembre 1692 : la position de la statue avait changé, et c’est celle que nous connaissons à l’heure actuelle. Ainsi, le bras gauche de Marie s’est courbé vers sa poitrine en même temps que le bras droit de l’Enfant. La main droite de Jésus repose sur la poitrine de sa mère et la main gauche de celle-ci soutient de la pointe des doigts la main droite de l’Enfant. Le corps de Jésus est à demi tourné vers sa mère. Il la regarde dans une attitude un peu contorsionnée, assurément peu naturelle pour les canons de la sculpture de l’époque.

 

Une enquête

 

L’Église, bien entendu, ordonna une sérieuse enquête sur ce prodigieux changement, car s’agissait-il réellement d’une intervention surnaturelle ou d’une quelconque supercherie ?

Les documents de l’époque sont formels : à travers 104 témoins crédibles, sous la foi du serment, dont certains consignés devant notaire, tel le témoignage du peintre de la statue, Jean le Sanglier en date du 20 août 1696, le doute ne fut pas permis : « Il y eut un changement de position dans la statue de Notre-Dame des Récollets de Verviers, lors du tremblement de terre de 1692. »

De plus, ces témoignages s’accompagnèrent parfois de la description, particulièrement précise, de guérisons miraculeuses…

 

Plusieurs hypothèses furent soulevées pour tenter d’expliquer le « miracle » de la Vierge Noire de Verviers : changement opéré de manière naturelle, supercherie, signe de Dieu…

S’il est difficile de croire qu’une statue scellée à quatre mètres de hauteur puisse instantanément modifier son allure, qu’elle soit transformée ou remplacée en un laps de temps aussi court et, juste à ce moment précis du tremblement de terre alors que les gens sont traumatisés et apeurés par le séisme, le changement relève alors de l’« incroyable ».

 

« Il serait hypocrite pour notre époque scientifique, de hausser les épaules devant un tel phénomène. Le but du miracle est de manifester l’action de Dieu. Dans celui-ci, c’est par Marie que Dieu manifeste sa bonté », expliqua l’abbé Bodeson.

 

À Notre-Dame des Récollets, on explique la signification du miracle de la (belle) manière suivante : « Lors du tremblement de terre du 18 septembre 1692, Marie saisit la main de l’Enfant comme pour apaiser le bras vengeur de son Fils prêt à frapper la terre. »

 

Quoi qu’il en soit, au-delà de la croyance populaire au « miracle de Notre-Dame des Récollets de Verviers », les autorités ecclésiastiques admirent l’authenticité des faits suivants :

 

- en 1694, le vicaire général de Liège Faes, fit bénir la statue le jour de Pâques ;

- en 1697, Monseigneur Bernard de Hinnisdael, évêque coadministrateur de Liège, permit de célébrer la solennité des prodiges ;

- en 1698, le pape Innocent XIII approuva la confrérie de Notre-Dame de Miséricorde et lui accorda des indulgences ;

- en 1739, le pape Clément XII, en commémoration du miracle,  accorda des indulgences aux fidèles visitant le sanctuaire de Verviers ;

- en 1892, le pape Léon XIII fit couronner la statue.

 

La Vierge des Récollets, transférée de la façade dans une chapelle afin de la protéger des intempéries et des convoitises en 1700, fait toujours défiler de nombreuses personnes soucieuses de l’implorer et d’obtenir une grâce : « Merci à Marie qui nous a réunis », « Merci à Notre Dame qui m’a délivré », « Merci à Notre Dame qui a sauvé notre enfant », « Merci, ô, Notre Dame. J’ai revu mon fils », « Notre Dame m’a rendu mon fils. Merci », « Jamais invoquée en vain »…

 

Une Vierge des Récollets qui, sur place, récolte une moisson de qualificatifs élogieux : « Vase spirituel, Vase honorable, Maison d’or, Arche d’Alliance, Tour d’ivoire, Tour de David, Temple de sagesse, Miroir de justice, Vierge clémente, Vierge puissante, Vierge fidèle, Rose mystique, Etoile du matin, Vierge vénérable, Vierge très prudente, Cause de notre joie… », comme en témoignent de très nombreux ex-voto que j’ai pu lire au cœur de l’édifice sacré, là où il est encore indiqué que le « miracle » de Notre-Dame des Récollets et un véritable « signe de Dieu » pour notre époque.

 

Monuments remarquables et gastronomie

 

Verviers, capitale wallonne de l’eau, parce que, aussi, l’eau de la Vesdre donnait à la laine un toucher unique, c’est, encore, l’Hôtel de Ville de style Louis XVI avec la devise « Publicité, sauvegarde du peuple » écrite au fronton à l’initiative du bourgmestre Pierre David, au lendemain de l’indépendance de la Belgique, afin de clamer et d’officialiser le fait que les séances du conseil communal étaient enfin devenues publiques, gage de démocratie.

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Verviers, capitale de l’eau.

 

Il y également le Calvaire du Fiérain (XVIIe au XVIIIe siècle) formé de sept stations, le Canal des Usines, déviation de la Vesdre, qui aurait été créé en 1100 et fut durant des siècles l’artère vitale de la cité lainière. Depuis l’été 2000, un « Nouveau Canal des Usines » a été intégré au paysage urbain et est enjambé par trois passerelles et le Pont-aux-Lions.

Ensuite, en fin d’année, il y a lieu de vivre l’animation du « Bethléem verviétois », crèche-village considérée comme l’ultime témoignage d’un folklore authentique datant probablement du XVIIe siècle, retraçant l’histoire de la Nativité.

Mais, il ne faut surtout pas quitter Verviers sans avoir dégusté sa fameuse tarte au riz, dont un site, celui du Tourisme local, donne même la recette pour une tarte de 22 cm : une abaisse de pâte feuilletée laminée à 1,5 mm, un mélange de 600 gr de riz au lait, de deux œufs et de 50 gr de crème fraîche, cuire le tout vingt à vingt-cinq minutes à 220°.

Il existe même une confrérie « La Seigneurie de la Vervi-Riz » pour vous en parler davantage !

 

L’hommage de Victor Hugo

 

Visiteur attentif et critique de la Belgique, Victor Hugo a visiblement été séduit par la région baignée par la Vesdre et ses environs :

 

« La Vesdre est une rivière-torrent qui descend de Saint-Cornelis-Munster, entre Aix-la-Chapelle et Düren, à travers Verviers et Chauffontaines, jusqu’à Liège, par la plus ravissante vallée qu’il y ait au monde. Dans cette saison, par un beau jour (le 4 août 1838), avec un ciel bleu, c’est quelquefois un ravin, souvent un jardin, toujours un paradis.

Entre Chauffontaines et Verviers la vallée m’apparaissait avec une douceur virgilienne. »

 

Effectivement, comme on le clame à la Maison du Tourisme, le Pays de Vesdre, c’est un accueil chaleureux à maints niveaux, outre ceux déjà décrits ci-avant :

 

. Culture et patrimoine : le Centre touristique de la Laine au Château de l’Industrie, la Fondation Hardy, auteur distingué par l’Académie Française, à Dison, l’Historical Museum d’Ensival « pour ne jamais oublier les souffrances et les vies perdues pour notre liberté commune lors de la guerre 40-45 », le Musée d’Archéologie et du Folklore (ensemble mobiliers des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, dentelles…), Musée des Beaux-Arts et de la Céramique dans l’ancien « Hôpital nouveau » datant de 1661…

 

. Nature et évasion : multiples promenades balisées, sites remarquables, dont le Barrage de la Gileppe, le village de Limbourg (voir ci-dessous), le charmant village de Soiron (château, anciennes maisons de « renaissance mosane », imposante église Saint-Roch…)…

 

Limbourg : le village médiéval d’en Haut

 

Pour une « classique » visite touristique, voici la description sommaire de ce village : ancienne plate forme, ville à la campagne, place Saint-Georges (patrimoine majeur) et son atmosphère du XVIIIe siècle, ruelles pittoresques, place recouverte de galets de la Vesdre, église Saint-Georges, gothique du XVe siècle, remparts.

 

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Limbourg : une ville à la campagne.

 

Dans « Belgique Mystérieuse, Insolite et Sacrée » (également aux Éditions Jourdan), j’avais davantage personnalisé cette visite…

 « Aux environs de l’an 1000, à Limbourg « d’en Haut » fut érigé un château qui dominait toute la vallée. Bourg puissant, mais particulièrement secoué par des incendies, invasions, dévastations, reconstructions, sa réputation de forteresse imprenable fut parfois ternie.

N’empêche, il nous en reste un patrimoine exceptionnel, naguère fréquenté par des grands du monde, tels le Comte de Médicis et l’empereur Joseph II, descendus à l’auberge « La Croix d’Or ».

 

On déambule encore sur les gros pavés retirés du lit de la Vesdre qui coule au pied de la colline, dans des ruelles pittoresques menant au tilleul bientôt tricentenaire. On y pendait des condamnés qui avaient passé leurs dernières heures dans une petite prison creusée dans le rocher.

On admire, outre des pierres tombales se trouvant à côté de l’église, une imposante dalle funéraire dont l’inscription est en néerlandais, des balcons en fer forgé, des clés de voûtes armoriées, l’église gothique du XVe siècle, la crypte étant disposée à flanc de colline.

Sur l’immense Place Saint-Georges et dans ses environs, on voit le Grand Puits, élément important au moyen âge en pareil lieu, creusé en 1500-1501, dont la grande pompe fut inaugurée en 1791, la Fontaine de la Vierge du XVIIe siècle, ainsi qu’une table de pierre. Au XVIIIe siècle, elle supportait une haute croix de pierre, aujourd’hui disparue, mais certains disent qu’il s’agissait plutôt d’un dolmen (penchons éventuellement pour un menhir, car un dolmen est un monument funéraire quand même assez imposant par sa taille) ou d’un pilori dénommé « Table de supplice », là où on rouait de coups les condamnés. Il est vrai que, non loin de là, se dressait l’  « Arbre espine » ou arbre de justice. Abattu au XVIIIe siècle, il fut remplacé par les vingt-six tilleuls de ladite place.

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À Limbourg-Haut, c’est à une merveilleuse plongée au moyen âge à laquelle le visiteur est convié.

 

Plus loin, deux tilleuls ont été plantés à l’ouest du bourg, sur les remparts. Il s’agit des « Arbres Bragard » du nom de celui qui les planta. C’est quasiment à leurs pieds que se tenait au lieu « L’Agasse » le marché des pourceaux.

 

Comme on le voit, le tilleul est omniprésent à la ville haute historique. Cet arbre n’avait certainement pas été planté par hasard en cet endroit isolé, puisqu’on lui connaissait déjà des vertus adoucissantes, combattant les affections de la peau, les maladies épidémiques, les vertiges, les œdèmes, la paralysie…

 

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Un patrimoine exceptionnel.

 

 De plus, comme certaines croyances circulaient beaucoup en ces temps médiévaux, on dit que l’ombre du tilleul était bénéfique aux épileptiques, que la personne qui portait un sachet de son écorce broyée était à l’abri des chutes, des insolations, des intoxications alimentaires et autres. Et puis, autre croyance non négligeable, la jeune fille qui appréciait la tisane de tilleul était assurée de marier un bel homme ! »

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

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