03/06/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (118/140) : TROISVIERGES (Grand-duché de Luxembourg) : Trois vierges contre le démon !

 

Endroits et histoires magiques

 3.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 Cette commune de 3 000 habitants regroupe plusieurs villages autour de Troisvierges : Basbellain, Biwisch, Drinklange, Goedange, Huldange, Wilwerdange et Hautbellain.

Troisvierges est née au cœur de l’immensité ardennaise quand les Romains y tracèrent la route reliant Cologne à Reims.

En 585, il était aussi question de Belsonancum devenu Bellain, qui, au XIVe siècle, se scinda en Basbellain – l’une des plus anciennes paroisses des Ardennes - et Hautbellain.

Le christianisme eut pour centre Basbellain et son édifice consacré à saint Michel, alors que sa voisine était plutôt consacrée au commerce compte tenu de sa situation « privilégiée » par rapport à ladite ancienne route romaine. Trois foires y étaient organisées comme en atteste un document officiel de 1331. Les villages adjacents profitèrent de cette manne.

 

 Troisvierges1.JPGTroisvierges2.JPG

 

 

Vierges et martyres.

 

Auparavant, Troisvierges était uniquement connue sous l’appellation « Ulvelingen ». C’est au XVIIe siècle, que des pèlerins wallons s’y rendaient et allaient prier la représentation des trois vierges Fides, Spes et Caritas, et que le nom de la cité fut francisé.

Foi, Espérance et Charité (les trois vertus cardinales du christianisme) étaient, selon la légende, trois vierges et martyres de l’époque de l’empereur Hadrien (76 – 138). Les invoquer était gage de protection des petits enfants contre les possessions démoniaques.

Au fil du temps, la belle activité commerciale de la région baissa sensiblement et elle devint exclusivement rurale durant plusieurs décennies. Elle sortit quelque peu de l’isolement à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle grâce à la construction de la route Saint-Vith-Wiltz, puis l’avènement du chemin de fer, ligne Luxembourg-Liège-Aix-la-Chapelle, alors la population doubla.

 

Priorité à la prédication

 

Extérieurement, l’église Saint-André, ancienne église des Franciscains, est à la fois modeste et imposante. Construite en pierres ardennaises, son caractère est dépouillé car la priorité donnée par les moines était la prédication plutôt que le clinquant extérieur.

 

 

 

 Troisvierges3.JPG

Extérieur modeste et imposant.

 

 

 

 

 

En revanche, au fil des siècles, l’intérieur s’est enrichi de tableaux, statues, retables, autels, vitraux, d’un calvaire baroque monumental, d’un tabernacle tournant, de stalles, de portraits, confessionnaux, fonts baptismaux (XVIIe siècle)…, sans oublier le cloître cher à toutes les communautés religieuses.

 

Troisvierges4.JPGTroisvierges5.JPGTroisvierges6.JPG

 

 

 

 

Splendide et parfois surprenant intérieur de l’église Saint-André.

 

Sentier et Chemin de la Mémoire

 À Troisvierges et dans ses environs, l’amateur de balades et randonnées est comblé : Sentier des Passeurs, Jardins à suivre, Panorama, Cornelys Millen (Nature Trail)…

Au sujet du Sentier des Passeurs, voici sa splendide raison d’être : « À partir de 1942, la terreur nazie sévit sans vergogne au Grand-duché. Les résistants luxembourgeois, les jeunes réfractaires à l’enrôlement de force et ceux qui offrent asile sont pourchassés impitoyablement. Toujours plus de réfugiés politiques se pressent aux portes des quelques fermes ardennaises qui offrent des cachettes.

Début 1943, des mouvements patriotiques commencent à organiser des filières d’évasion vers la Belgique où le régime militaire allemand est un peu moins strict.

Des sentiers plus ou moins sûrs sont connus de quelques passeurs patriotes, tous des jeunes de la région. Il faut s’imaginer le courage et la maturité de ces jeunes gens au cœur généreux et au caractère bien trempé, qui à chaque opération risquent leur vie et celle de leurs proches pour sauver des fugitifs très souvent inconnus et qui veulent le rester.

Pour sauver de l’oubli ces actes héroïques, un Sentier des Passeurs a été créé qui retrace, dans les grandes lignes, le parcours réel emprunté par les passeurs de la région avec leurs nombreux protégés.

Troisvierges7.JPGLe Chemin du Souvenir suit cette filière de passage bien fréquentée qui avait son départ dans la petite localité de Sassel pour traverser la frontière à un petit ruisseau bien caché et se terminant en territoire belge à un endroit appelé à l’époque « Maison Rouge ». Départ et arrivée à la gare de Troisvierges. »

 

 

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

21:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.