01/06/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (112/140) : STOUMONT (Belgique) : Un Site d’Exception

 

 1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 

Le nom de Stoumont (« Site d’Exception » avec ses formidables randonnées, selon l’Office du Tourisme : « Loin de la ville, nos merveilleuses vallées de l’Amblève, de la Lienne et du Roannay, nos forêts, nos prairies composent de magnifiques paysages qui font de Stoumont un site d’exception ») vient du mont « stou », c’est-à-dire fier, haut, élevé. Le village dépendait de la Principauté de Stavelot-Malmedy, puis, au XVe siècle, posséda une cour échevinale.

Devenu une commune, son sceau reprit celui de la famille Froidcour représentant une femme en buste portant un enfant dans les bras. Pour d’aucuns, il s’agit de sainte Anne.

Né (à Stavelot) quelques mois après la Seconde Guerre mondiale, ma prime enfance fut marquée par la reconstruction de toute une région qui avait été sérieusement anéantie par le conflit.

J’ai retrouvé le film « Bataille de Stoumont », un document exceptionnel tourné par un Allemand le 19 décembre 1944, dont voici quelques éléments historiques et des captures d’écran sur Google :

 Stoumont1.JPGStoumont2.JPGStoumont3.JPGStoumont4.JPGStoumont5.JPG

 Stoumont6.JPGStoumont7.JPG

 

 

Source : Oldhickory 30th

 

 

« C'est entre Stoumont et le village de La Gleize que fut arrêtée les 18 et 19 décembre 1944 au cours de la Bataille des Ardennes, la colonne nord (Colonne Joachim Peiper) de l'offensive allemande. D'intenses combats de chars eurent lieu au sein même du village de La Gleize, et des corps-à-corps dans les prairies environnantes. La principale unité américaine engagée fut la célèbre 82e Div. Un tank et un musée situés en face de l'église de La Gleize commémorent cet événement, ainsi qu'une stèle place de l'église à Cheneux. »

 

Pas Bayard

 

Le Pas Bayard de Stoumont est un bloc de quartzite quadrangulaire garni d’une cuvette qui représente, « d’une façon troublante », le pas d’un cheval. Ce serait l’empreinte d’un sabot du Cheval Bayard qui aurait permis aux quatre fils Aymon de franchir l’Amblève en un seul bond.

Ici, aussi, comme à Signy-le-Petit (voir ce chapitre), l’eau qui stagne dans la cuvette aurait des vertus thérapeutiques dans la guérison de maux de la vue et des verrues.

 

Marie et le vieillard « perdu »

 

Marie et Anne avaient conduit leurs vaches à l’étable et regagnaient leurs demeures, quand elles virent au loin un vieillard portant besace et marchant péniblement appuyé sur un bâton.

Il demanda, avec un accent « pas du pays », à Anne le chemin de l’abbaye de Stavelot car il s’était égaré et il commençait à faire nuit, voire il quémanda un abri dans la grange afin de prendre un peu de repos. Elle refusa sèchement !

Le vieillard s’adressa alors à Marie en lui précisant qu’il venait d’Aywaille, qu’il avait confondu Stoumont et La Gleize et qu’il s’était perdu en chemin.

Marie l’invita à se reposer, lui donna à boire et à manger, lui offrit de passer la nuit dans un lit inoccupé à l’étage.

« Ma chère enfant, dit le vieillard, comme vous êtes bonne ! La charité qui n’attend pas la prière est la plus sublime, et voilà plusieurs fois que vous m’offrez sans que je demande… »

Le lendemain, Marie constata que le vieillard avait quitté la demeure sans la saluer, mais elle avisa sur l’appui de la fenêtre un coffret en acajou. Un petit papier y était collé : « Ceci est pour Marie »

Elle souleva le coffret, il était fort lourd. Et pour cause ! Il était rempli de pièces d’or.

Du coup, elle put enfin s’unir à son amoureux Guillaume, union que refusaient jusque là les parents de ce dernier, car Marie était trop pauvre !

Dans la foulée, elle apprit que le vieillard était un riche lord anglais adepte de la pêche dans les Ardennes…

Au cimetière de La Gleize, raconta le conteur Marcellin La Garde,sous une croix de pierre portant un écusson, on pouvait lire :

 

« Ici reposent en Dieu, honoré Jean-Guillaume de Lavaux, dit Delvenne, en son vivant ancien eschevin de la Cour et Justice du ban de Roanne, décédé le 13 avril 1780, âgé de 86 ans, et vertueuse dame Marie Gilloteau, son épouse, décédée le 21 octobre 1784, âgée de 85 ans. »

 

Une humble croix voisine n’indiquait qu’un nom, un prénom et une date. Anne mourut vieille fille…

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

10:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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