26/03/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (59/140) : HAYBES-SUR-MEUSE (France) : Le mari violent et le saint pleureur

 

2.jpgEndroits et histoires magiques

 

Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

 

Le nom de Haybes apparut pour la première fois dans un document officiel le 9 juin 919 et, depuis lors, que d’événements dans cette cité qui est devenue, au fil des siècles, Haybes-sur-Meuse, Haybes-la-Rose, Haybes-la-Jolie !

Au Xe siècle, un immense château avec tours fut construit sur une île face au village, en 1311, le seigneur Gilles, sire de Haybes, accorda aux habitants le droit de faucher et de pacage (lieu où l’on emmène paître le bétail), les ardoisières furent exploitées dès le XVIIe siècle et firent la gloire de l’endroit…

Deux légendes restent taillées dans la pierre au sujet de cette très pittoresque cité.

 

La Roche de Madame de Cormont

 

Personnalité locale, Madame de Cormont vécut aux XVIIe et XVIIIe siècles et demeurait dans un château, disparu, sur les hauteurs du village.

Un jour, son époux lui proposa une chevauchée commune ce qui, dans son chef, était inhabituel.

Que se tramait-il dans l’esprit du sire de Cormont ?

Au moment de franchir la porte du château, il éperonna violemment le cheval, qui bondit, et Madame de Cormont fut projetée contre une poutre et tomba. Alors que le châtelain déguerpissait à toute allure, la victime fut soignée avec grande attention par les habitants.

Elle décéda en 1729 et légua tout son or aux pauvres de l’entité et ses terres aux moines de Fumay.

Ceux-ci lui élevèrent une chapelle en forêt le long du Sentier de Cormont.

Elle fut brûlée à la Révolution mais il se dit qu’au moment du brasier, la figure de Madame de Cormont, protestant contre ce saccage, se grava sur un rocher.

 

Pour accéder à « La Roche de Madame Cormont », il faut emprunter le sentier « Ardoises et légendes » au départ de la Maison des Randonnées de Haybes (rue Dromart). Outre cette pierre légendaire, le point de vue est splendide.

 

La Pierre Saint-Martin

 

Saint Martin (315/316-397), ancien militaire devenu artisan de l’apostolat rural en Gaule (plus de 4 000 lieux sacrés portent son vocable !), qui se rendait à Charleville, passa à Haybes où des villageois lui demandèrent de bien vouloir leur ramener des bouteilles et des noix.

Sur le chemin du retour, un orage pareil à une tempête se leva et, dans un fracas assourdissant, brisa l’attelage et toute la marchandise du futur canonisé. Il y vit un signe de Dieu, tomba à genoux sur un roc, pleura sept années d’affilée !

 

Cette pierre porterait encore l’empreinte du saint et une cavité formée par ses centaines de milliers de larmes !

Le roc est toujours visible sur le Chemin de la Pierre Saint-Martin non loin du Moulin Labotte, mais il a été retourné lors de travaux forestiers…

Signalons encore le carnage opéré en 1914 par les Prussiens : des dizaines de personnes massacrées, dont des enfants et des gens âgés, six cents demeures détruites…

 

Haybes-sur-Meuse.jpg

 

 

 

 

 

Saint Martin.

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique : 

http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs...

 

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

 

 

 

16:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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