03/03/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (47/140) : EUPEN (Belgique) : La Vierge dans le feuillage et la Route de la Laine

 

3.jpgEndroits et histoires magiques

Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)
Dès le début du XIIe siècle, Eupen entra dans une histoire mouvementée, appartenant, tour à tour, au duché de Limbourg, à la Maison de Bourgogne, aux Habsbourg d’Autriche, puis d’Espagne, à la France, à la Prusse, enfin, à la Belgique. C’est l’une des neuf communes belges de langue allemande.

Musée, chocolaterie (le fameux chocolat Jacques), cortège carnavalesque fort de 3 000 participants, le célèbre Rosenmontag (à dire vrai, il serait plutôt question du « Lundi des Furieux » tant les Eupenois sont mécontents de la période de Carême !), l’église baroque Saint-Nicolas (voir ci-dessous) avec, en face d’elle, une statue en pierre de la Vierge haut placée et entourée du feuillage d’arbres, tout comme une autre statue, celle d’un clown, font partie de l’attrait de la capitale de la Communauté germanophone.


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Non loin de l’église baroque Saint-Nicolas, une reproduction mariale pleine de grâce.

Néanmoins, j’ai relevé des dizaines d’autres « curiosités » dans cette villa attrayante : l’ancien abattoir (style industriel prussien) devenu centre culturel, le Château de Stockem (XIVe siècle), la Maison bourgeoise (XVIIIe siècle), l’ancienne teinturerie (1745), l’ancienne école professionnelle transformée en caserne, l’ancienne filature, les anciens ateliers de tondeurs, une grande quantité de maisons de marchands (surtout du XVIIIe siècle), l’église protestante dite « Église de la Paix », l’ancienne poste, le couvent du Heidberg, les églises du Sacré-Cœur, de l’Immaculée Conception, Saint-Joseph, Sainte-Catherine, la chapelle Saint-Lambert et celle de la Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste, l’abreuvoir pour chevaux, le Château Liberné (origines du XIVe siècle), une colonne néogothique, le site « Moorenhöle » (XIXe siècle) du nom de Théodore Mooren, maire d’Eupen, dont le slogan était : « Un arbre à chaque emplacement libre ! »…

Trois styles pour un édifice

L’église Saint-Nicolas a été construite au début du XVIIIe siècle dans le style Renaissance. La façade fut rénovée, alors que les tours du clocher bénéficièrent d’un nouvel habillage.
Précision sur le site communal :
« On notera plus particulièrement la partie inférieure du clocher sud provenant de la première église construite à cet emplacement au XVIIe siècle et constituant le plus ancien édifice d’Eupen encore conservé.
L’intérieur marie les styles baroques, aixois et liégeois. »

Dans la région eupenoise, soulignons le barrage de la Vesdre, celui de la Gileppe, les Hautes Fagnes, le Centre Nature de Botrange…

 

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L’église Saint-Nicolas est, en partie, le plus ancien édifice de la ville.


La Route de la Laine

Et, encore, un pan historique d’envergure, celui consacré à la Route de la Laine qui passe par Aix-la-Chapelle, Eupen, Euskirchen, Monschau, Vaals et Verviers (Source Route de la Laine) :

« Durant trois siècles, Aix-la-Chapelle, Euskirchen, Montjoie, Vaals et Verviers étaient de véritables forteresses de production de lainage dans notre région. Le résultat : cinq régions et trois pays ont été reliés. L'Eurégio fournissait dans le monde entier!
Maintenant, la production de tissu est une histoire ancienne dans la région de la Meuse et du Rhin. Mais de nombreux monuments et musées nous racontent le passé. La « Maison Rouge » à Montjoie, « L’'Usine de baroque » à Aix-la-Chapelle, le siège de la Communauté germanophone à Eupen, et la mairie de Vaals ont été construits par les drapiers riches pour y habiter et travailler.
La draperie Müller (Musée de l'industrie Rhénane) à Euskirchen, la « Maison Rouge » à Montjoie, le musée du textile à Aix-la-Chapelle et le musée du tissage à Monschau-Höfen nous montrent à côté du centre de la laine et de la mode à Verviers, une époque qui paraît aller au-delà des frontières.
En 2004 un groupe de travail a été établi, pour aller à la recherche de l'histoire de la production des tissus de la laine. Des participants Belges, Néerlandais et Allemands, ont alors commencé la mise à neuf de nos « témoins » architecturaux de la région. Les premiers résultats apportaient un mélange d'attraction historique et culturelle avec une identité partagée dans l'Eurégio. »

Eupen4.gifDe manière plus spécifiquement eupenoise, l’information est la suivante :

« Il est attesté que des draps fins furent confectionnés à Eupen dès l’année 1680. Très vite, leur excellente qualité leur conférèrent une grande notoriété jusque dans les coins les plus reculés du monde de jadis. Cette exportation de draps fut à l’origine de l’immense richesse de nombreuses familles de marchands qui s’étaient installées à Eupen. Cette richesse se reflète déjà au début du 18e siècle dans les nombreuses bâtisses remarquables. Ce qui intéresse ici, ce ne sont pas seulement les superbes façades frontales, mais surtout les bâtiments annexes de cour intérieure, abritant les ateliers, appelés « Schererwinkel » (le coin des ourdisseurs-tondeurs).
Jadis, le drap brut était travaillé ici à domicile, dans le cadre du « système de production décentralisée », c’est-à-dire en dehors des maisons des drapiers. L’apprêt, voire le finissage, décisifs pour la qualité des précieux draps fins, avaient lieu dans le coin des ourdisseurs-tondeurs, mentionnés ci-dessus. Il s’agit là d’une caractéristique spécifique à la production drapière eupenoise dans la période préindustrielle, unique en son genre.
Mais la route de la laine eupenoise comprend aussi l’église du Couvent ainsi que l’église paroissiale Saint-Nicolas, et une visite du cimetière d’Eupen s’impose également. Puis, le point de vue « Moorenhöhe » offre un superbe panorama sur la ville basse et ses nombreux bâtiments historiques d’usine et de manufactures, nés à l’époque napoléonienne. »


(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

15:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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