03/03/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (46/140) : ETTELBRUCK (Grand-duché de Luxembourg) : D’Attila à Patton

 

1.jpgEndroits et histoires magiques

Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)
À l’Office du Tourisme local, on raconte avec beaucoup d’enthousiasme quelques pans de l’histoire d’Ettelbruck et de ses environs :

Deux dents complètes de mammouth longues de deux mètres gisaient vers 1850 dans la terre glaiseuse « bei der Reih Beem », près de la route reliant Ettelbruck et Schieren, à deux mètres de profondeur et à quinze mètres au-dessus du niveau de l'Alzette.
Au contact de l’air les dents se pulvérisèrent ! Vers 1894, une autre dent de mammouth fut trouvée au Bamerthal à Diekirch, également à deux mètres de profondeur.


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On devine la frayeur des gens face à pareil type de monstre…

Le plateau «Kochert - Bucheknapp» situé au-dessus du Grondwee vers Feulen (390 m) s'étend sur une surface de 20 ha. Le plateau était peuplé à la préhistoire comme en témoignent des centaines de pierres façonnées. Les Ancêtres en formèrent des outils de travail, des haches, des couteaux et autres flèches.
Pendant « l'âge de bronze », vers 1.800 av J.-C., le hêtre et le chêne étaient à l'origine de la grande forêt des « Ardennes, Arduenna ou Arda ». La région d'Ettelbruck restait en lisière de cette forêt immense.

Origine indo-germanique…

Cependant, sa terre fertile invita des êtres humains venant du sud-est à s'établir :

« Cultivant la terre, élevant le mouton et connaissant le tissage, fabriquant le verre et des outils en bronze, parlant l'indo-germanique, ces gens semblent également avoir « donné son nom » à notre petite ville: « Atilbriga ». En Celtique « atil » veut dire terre fertile, et le mot « briga » une colonie, une zone de colonisation. Lors de fouilles dans un tumulus au lieu dit « Holstadt » on a pu déterrer un veau et un serpent en bronze. Plusieurs autres tumuli sur le territoire communal contenaient des urnes et des vases, une hache, un crâne.
D'autres tumuli, aujourd'hui rasés, ne rappellent de leur provenance historique que par leur lieu dit: « op der Tomm », « an der Tomm », « Tommendelt ». Tant d'autres noms de notre région semblent avoir la

même descendance celtique, « Hard t» (de Arda), Seitert (Seit-Hardt), Lopert, Kingert, Kochert (celte coiche = colline)…
La désignation « Ettelbruck » est donc d'origine indo-germanique et fait référence à « ATILBRIGA », ce qui signifie «terre fertile».

… et Attila

D'autres chercheurs ont voulu interpréter autrement la désignation « Ettelbruck »:

« Il semble qu'en 451, l'armée des Huns sous leur « chef » Attila (également connu sous le nom « Etzel ») serait passé à son retour de la bataille d'Orléans, de Troyes et de Trèves par notre région.
Le passage des troupes d'Attila aurait donné au pont de la Sûre entre Ettelbruck et Erpeldange le nom « Attilaepons = Attilabrücke ».
Les plus vieux documents officiels retrouvés et reconnus donnent l'indication « Hettilbrucka » en 901, « Etelbrucca » en 1148.
Dès son rattachement à l'abbaye d'Echternach au début du Xe siècle, le petit village comptait une vingtaine de foyers et était situé géopolitiquement dans le « Ardennergau »

Au XIe siècle, Ettelbruck formait avec une population de 300 habitants, le centre de la paroisse, qui comprenait en outre les localités de Grentzingen, Birtrange, Schieren, Welsdorf, Warken, Welscheid et Burden.
La dépendance à l'abbaye d'Echternach resta jusqu'à la Révolution Française. »

Et de poursuivre l’historique mouvementé de la ville :

« Ettelbruck a été détruit trois fois lors des grands feux de 1532, 1778 et 1814. Le feu de 1778 avait ravagé 480 maisons et fût le plus cruel. Afin de venir en aide, l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche-Hongrie accorda l'autorisation au village d'organiser onze marchés mensuels, en complément au marché annuel traditionnel.
En 1907, le Grand-Duc Guillaume conféra le titre de « Ville » à Ettelbruck.
La bataille de Bulge lors de la seconde Guerre Mondiale mit 200 maisons en ruine; toutes les autres furent endommagées. La ville a été libérée le jour de Noël 1944 par la 80ème Division d'Infanterie US. »
Un Monument Patton a été élevé en souvenir du libérateur de la ville. Une immense statue, un char Sherman, un musée (mille photos et documents !) complètent cet hommage.

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Honneur au libérateur d’Ettelbruck.


(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

15:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Merci à la Ville d'Ettelbruck pour l'autorisation de reproduction de la photo du général Patton.

Écrit par : Guelff | 03/03/2016

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