29/02/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (44/140) : ESCOMBRES-ET-LE-CHESNOIS (France) : La Belle et le berger, le sorcier et le diable

 

Endroits et histoires magiques

2.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)


Quelque 300 personnes habitent cette commune située dans l’arrondissement de Sedan et cataloguée de « cadre enchanteur dans des paysages sauvages boisés ». Et, à Escombres-et-le-Chesnois, certaines d’entre elles connaissent encore ces deux légendes que racontaient les Anciens.
La première était présentée sous le titre « : « Deux ombres qui se battent ».
À savoir, que la fille du châtelain était tellement jolie que son géniteur l’enfermait. Alors, un berger s’adressa au sorcier local car il avait une ardente envie de regarder la jeune fille, ne fût-ce qu’une seule fois. Pour ce faire, il vendit même son âme au diable. Et, la belle lui apparut et, sans prononcer le moindre mot, elle disparut ! Le berger se sentit floué et il tua le sorcier.

Depuis lors, dit la légende, durant les sombres nuits d’hiver, on entend crier, appeler, supplier et pleurer du côté de la forêt : l’assassin (car il avait préparé son geste !) et sa victime se cherchent et se battent dans l’ombre.

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Le diable acheta-t-il l’âme d’un berger dans ce « cadre enchanteur » ?

Autre version : le seigneur était particulièrement laid et méchant et il enferma sa fille, très belle et tellement gentille, dans la « Forteresse ». Un berger, qui était de mèche avec un sorcier, désira délivrer la jeune fille du joug paternel. Il fut trompé et il tua le sorcier, puis se pendit.

Quelle que soit la version, au lieu-dit « La Forteresse », on a découvert des monnaies anciennes, des morceaux de métal, des ardoises, des tuiles, des pierres…, provenant d’anciennes demeures et cela pourrait correspondre à une construction fortifiée.
Non de loin de là, l’autre lieu-dit « Le Jardin de la Forteresse », où « la terre serait plus noire et fertile qu’ailleurs dans la région », serait l’emplacement d’un ancien cimetière…

Et la deuxième légende ? Il se prétend qu’à un lieu appelé « Vivier des Sarrasins », de gentils nains faisaient la fête toutes les nuits et n’utilisaient que de la vaisselle en or. Depuis des siècles, cette dernière était à la fois un apparat et une source d’épargne financière.
Provenait-elle de « La Forteresse » ?

 

 


(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

14:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (43/140) : ÉREZÉE (Belgique) : Patrimoine et terroir

 

Endroits et histoires magiques

1.jpgAujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

Nombreux thèmes à caractère culturel, historique, écologique… proposés à Érezée et dans se environs par les autorités communales :

. Le Tramway touristique de l’Aisne : exploitation de l’ancienne ligne vicinale ardennaise dans des véhicules d’autrefois (certains sont centenaires !) pour un voyage qui, entre autres, longe l’Aisne et permet de découvrir flore et faune typiques des Ardennes.

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« Au départ de la gare dotée de toutes les commodités modernes et dans laquelle se trouvent une cafétéria et un musée, des véhicules vous emmèneront pour une balade dans la nature à travers des paysages vallonnés épargnés par le temps » (Documents TTA)

. À Sadzot : plaque commémorative à la mémoire des villageois et soldats américains tombés lors de la Bataille des Ardennes en décembre 1944.
. Le Château d’Erpigny datant du XVIIe siècle et appelé « Fief aux oiseaux ». Pourquoi cette appellation ? Parce que, au Moyen Âge, ce château relevait de la garde des oiseaux de proie destinés à la grande vénerie des forêts royales et domaniales, ainsi qu’à la guerie (droit royal de percevoir des coupes de bois, amendes, confiscations…).
. Home Philippin à Amonines : hospice fondé en 1869.
. L’église Saint-Jean-Baptiste de Fanzel est perchée sur une butte.
. La glacière de Fisenne a été construite en 1910 et ensuite adaptée en abri pour chauves-souris.
. Le Château de Blier dont certaines parties remontent au XVIe siècle. La tour principale porte le blason de la famille Blier et sa devise : « Virtute et fortuna » (« Par la vertu et la fortune »)
. Le Château de Fisenne avec son haut donjon, aux imposantes murailles, date, en partie, du XVIIe siècle.
. Le Château-ferme de Fanzel fut construit par les moines de Stavelot et on y venait payer la dîme.
. Le Château-ferme de Soy possède un logis gothique du XVIe siècle, le premier château datant du XIIe siècle. Une prison y était adjointe (au nord) car c’était, aussi, le siège d’une haute cour de justice.
. Le Moulin Hesbois à Fisenne dont la présence fut attestée en 1314.
. La place d’Érezée : splendide espace arboré avec un kiosque, une pompe munie d’une vasque en forme de coquille (XIXe siècle).


(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

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« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (42/140) : ÉCORDAL (France) : Statue parlante, 13 et alchimie

 

3.jpgEndroits et histoires magiques

Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

Quatre légendes pour le prix d’une dans cette commune de quelque 300 habitants !

Sabbats et Apocalypse

1. Dans les bois d’Écordal, une statue de pierre représentant un saint « inconnu » était vénérée. Un jour, un étranger à la région jeta son dévolu sur une fille du pays. Elle l’emmena devant la statue et demanda au saint s’il approuvait la future union. La réponse fusa : « Non ! ».
Le garçon s’éclipsa aussitôt et on apprit qu’il s’agissait d’un voyou qui faisait beaucoup de ravages dans la vallée mosane.

2. En pleine nuit d’été et lorsque la lune brillait, une sorte de brouillard s’élevait d’un pré (Jacques ?) d’Écordal et enveloppait le passant. Alors, celui-ci voyait sa silhouette. S’il s’arrêtait, elle s’arrêtait, s’il marchait, elle marchait, s’il se courbait, elle se courbait…

3. Dans un autre pré (Jean-Leroy ?), l’herbe était toujours verte, quelle que soit la saison et formait un cercle de treize mètres de diamètre. C’était le signe du sabbat, paraît-il.

À dire vrai, le nombre treize possède bien d’autres « symboles » : dès l’Antiquité, il est considéré comme de mauvais augure. À la Cène, les convives étaient treize à table, la Kabbale dénombra treize esprits malfaisants, le treizième chapitre de l’Apocalypse est celui de l’Antéchrist et du Malin…
Néanmoins, durant l’Antiquité il était aussi question que le treizième membre d’un groupe était considéré comme puissant, à l’instar de Zeus, alors que la Mort, treizième arcane majeure du Tarot signifie un recommencement…

4. L’armée du roi Henri IV serait venue détruire le château de Momby le jour du mariage de la fille du châtelain et n’aurait pas hésité à incendier

toutes les fermes des environs. Seul un bouc (« saint et divin pour certains, satanique pour d’autres ») parvint à s’enfuir de l’immense brasier. Depuis cette époque de la Guerre de religion, il paraît que le bouc danse sur un air de violon joué au milieu du bois par un musicien totalement invisible. Totalement ?
« Quand apparaissent le brouillard et la nuit, ceux qui apercevaient l’animal s’enfuyaient et étaient retrouvés noyés dans des marais. »

Alchimie de couleurs

Ce qui est certain, à côté de ces légendes, c’est qu’à Écordal se situe le dernier « Moulin à Couleurs ».
« Depuis 150 ans, les techniques utilisées pour fabriquer des pigments naturels n’ont pas changé », selon le quotidien L’Union-L’Ardennais.

On extrait de la terre dans des carrières de crêtes régionales, on la chauffe durant une dizaine d’heures, elle devient rouge puis, par la magie de variations de températures et l’ajout d’autres terres, on obtient une palette de 85 teintes. « Pénétrer dans cette fabrique est un voyage au pays des couleurs. »

Particularités signalées par le journal régional d’information : les pigments d’Écordal colorent des appâts de pêche aux plus grandes marques de cosmétiques, tout en étant utilisés sur un plan artistique (rénovation du Château de Versailles, des fresques de la Villa Demoiselle à Reims, du Château de Sedan, de vitraux…), décors de films, coloration de savons, parfums, maquillages, peinture à l’eau, à l’huile, cire, gélatine, béton teinté, pavés colorés, enduits de façades...
Cette entreprise serait donc la dernière fabrique de terres colorantes naturelles en France.

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Rénovation ardennaise au Château de Versailles.

 

 

(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
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