24/01/2016

« Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (5/140) : Les Ardennes ou l’Ardenne ?

Endroits et histoires magiques

Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)

Lorsque l’écrivain Frédéric Kiesel évoquait les « quatre Ardennes » (« Le Cercle Médiéval ») le doute ne semblait pas permis : ce territoire couvrant quatre États – la France, la Belgique, le grand-duché de Luxembourg et l’Allemagne – relevait bien du pluriel et paraissait s’imposer. Néanmoins, ce même auteur écrivit des ouvrages où il était question de « l’Ardenne »…

Il y a aussi questionnement lorsque le dictionnaire « Larousse » précise « Ardenne n.f. ou Ardennes n.f.pl. », que le site « Wikipédia » annonce « L’Ardenne (belge) ou les Ardennes (françaises, ou franco-belgo-luxembourgeoises) » et que le « Petit Robert » écrit : « Ardenne, n.f. Région de Belgique, de France et du grand-duché de Luxembourg » et « Ardennes : département du N.-E. de la France, région Champagne-Ardenne. »

Et puis, il y a également les « Ardennes flamandes » situées entre l’Escaut et la Dendre en Flandre orientale. Mais, ici, une explication s’impose : cette région n’a rien à voir avec les Ardennes (ou l’Ardenne…) et elle est nommée de cette sorte du seul fait qu’elle est légèrement vallonnée avec pour point culminant le Mont de l’Enclus et ses 144 mètres.
Mais, il n’en va pas de même partout et un cerf ne retrouverait pas ses petits dans ces définitions, au point que le site internet déjà cité est obligé de mettre certaines choses au point :
« Aujourd’hui, on applique les mots Ardenne(s) et Ardennais dans les dénominations de plusieurs régions naturelles ou administratives qu’il est parfois difficile de ne pas confondre d’autant que les nombreuses tentatives d’appropriations de ce nom connu entretiennent une certaine confusion. »

Un nom connu depuis l’Antiquité !

Origine celtique

À l’origine, le terme « Arduinna » serait d’origine celtique (ou gauloise…).
Les Celtes (nom de peuples qui occupaient de nombreuses parties du monde : Gaule, Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Irlande, Autriche, Danemark, Hongrie, Asie…, bien avant le christianisme), formaient une société divisée en catégories distinctes : les nobles, les guerriers, le peuple et les druides.
Ces derniers étaient des prêtres qui jouaient un grand rôle. Ils avaient même des fonctions de justice et d’enseignement. Certaines légendes et divers clichés firent d’eux des sacrificateurs qui tuaient volontiers des gens, dont des enfants, allongés sur des pierres, des mégalithes, pour les offrir aux dieux.


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Mégalithes.

Ces légendes eurent la vie longue mais, aujourd’hui, on n’y croit plus beaucoup, quand bien même on reconnaît aux Celtes beaucoup d’« ardeur » lors des guerres et batailles qu’ils menèrent à l’occasion de leurs périples.

Mais, à côté de cet aspect, les Celtes sont reconnus comme l’un des plus grands peuples du nord des Alpes, équivalant aux mondes grec et romain, selon des historiens et archéologues contemporains interrogés par la BBC (radiotélévision britannique) : « Ils furent peut-être les pères fondateurs de l’Europe, quand bien même ils étaient divisés en tribus et clans et ne formaient pas une nation ou un empire. »

Un dernier argument en faveur de la culture celte : des archéologues ont retrouvé une statuette votive celtique en pierre, le personnage principal supposé être une divinité féminine, assis, tient sur ses genoux un enfant à l’instar de nombreuses représentations de Vierges Noires (en position assise ou debout) tenant l’Enfant contre elles. Pour l’auteur Jacques Huynen, « ceci nous montre la continuité de la pensée et du symbolisme celtique et druidique dans la civilisation initiatique du Moyen Âge telle qu’elle fut élaborée et dirigée par de grands ordres monastiques bénédictin, cistercien et templier. »

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Vierge Noire – parfois contestée en tant que telle - de Verviers.

Pour en revenir aux Ardennes, les Celtes auraient donc donné le nom d’« Arduinna » à cette gigantesque région, principalement forestière, des bords du Rhin à ceux de la Meuse, de la Sambre, de la Moselle…, « ardus » signifiant mont, colline, hauteur…
Il est également question du terme celtique (ou ligure : la Ligurie est une région du nord de l’Italie) « Ar Duen » ou « Ar Den » signifiant « La Forêt » ou « La Noire », selon les versions, et d’une déesse celte « Ardienna » (ou Arduena, Arduina, Arduenna, Ardvinna, Ardbinna, Ardoina !) qui régnait sur ces immenses contrées boisées.
Une représentation la montre chevauchant un sanglier comme une chasseresse, un peu comme la déesse Diane, déesse de la Chasse et de la Nature sauvage, chère aux Romains.

Pour l’auteur Jean-Luc Duvivier de Fortemps, « Dea Arduinna » était une « déesse gauloise, née de croyances préhistoriques qui incarnait la forêt ardennaise ».

Pour le « Petit Robert », « Ar-Denn » ou « Ar-Tann » signifierait « les chênes » en celtique.

Chapitre2 3.JPGDea Arduinna, montée sur son sanglier, est représentée sur le site des Quatre Fils Aymon à Bogny-sur-Meuse.

En compagnie de Jules César

Il y a, encore, « Arduenna silva », un terme apparu dans un récit de la « De la Guerre des Gaules » de l’empereur Jules César (-101 - -44).
Récit traduit de manière remarquable et disponible dans sa totalité (des centaines de pages !) sur le site « Itinera Electronica » (UCL).
Dans le livre VI, il est question du retour de César en Gaule et de sa marche contre Ambiorix.
Celui-ci était le légendaire chef des Éburons, un peuple de la Gaule Belgique qui était établi entre le Rhin et l’Escaut, dont la capitale était Tongres.
Les Éburons s’étaient soulevés contre Jules César en -53 mais furent néanmoins anéantis.


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Statue d’Ambiorix à Tongres.

Venons-en à la partie du récit qui évoque les Ardennes :
« (…) pour laisser aux barbares quelque appréhension de son retour et arrêter les renforts envoyés aux Gaulois, César fit couper, après que l'armée eut repassé le Rhin, deux cents pieds du pont du côté de la rive des Ubiens (peuples germains occupant la rive droite du Rhin), et élever, à l'extrémité opposée, une tour à quatre étages ; il y laissa pour garde une garnison de douze cohortes, et fortifia ce lieu par de nombreux retranchements. Il en confia le commandement au jeune C. Volcacius Tullus. Comme les blés commençaient à mûrir, il partit lui-même pour la guerre d'Ambiorix, par la forêt des Ardennes, qui est la plus grande de toute la Gaule, et qui, s'étendant depuis les rives du Rhin et le pays des Trévires jusqu'à celui des Nerviens, embrasse dans sa longueur un espace de plus de cinq cents milles ; il envoya en avant Minucius Basilus avec toute la cavalerie, dans l'espoir de profiter au besoin de la célérité des marches et de quelque circonstance favorable. Il lui recommanda d'interdire les feux dans son camp, afin de ne pas révéler de loin son approche ; et lui annonça qu'il le suivrait de près… »
Et, encore, selon Jean-Luc Duvivier de Fortemps, il y avait l’« Ardenne franque » : « espace allant de Douzy aux portes d’Aix-la-Chapelle dans un sens, et de Hotton jusqu’à Prüm dans l’autre. »
Une petite parenthèse : dans le cadre de mes recherches « ardennaises », j’ai pris connaissance d’un site internet (lynxlynx.htm) consacré au lynx (mammifère carnivore de taille moyenne réputé pour sa vue perçante) dans les forêts qui nous préoccupent dans le présent ouvrage.

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Aquarelle d’un paysage ardennais.

Il existe même tout un système de réseaux structurés en Belgique, en France, en Allemagne et au grand-duché de Luxembourg afin qu’y soient signalés des indices éventuels de la présence de ces animaux dans le Massif des Ardennes-Eifel.


En observant un lynx


Il m’a paru intéressant de signaler qu’au-delà de la spécificité de ce site qui est celle de recueillir des témoignages d’observation d’un lynx dans ce massif, ce dernier est décrit sous la forme suivante :
- L’Ardenne belge au centre dudit massif avec trois provinces : Namur, Liège et Luxembourg (60% de la forêt wallonne) : plus de 5 000 km² (2 500 km² de surface forestière), point culminant : le Signal de Botrange avec 694 m ;
- L’Ardenne française à l’ouest : plus de 1 000 km² (700 km² de surface forestière), point culminant : la Croix de Scaille (504 m) ;
- L’Eifel (Allemagne) à l’est : 2 500 km² (avec une estimation de 1 500 km² de surface forestière), point culminant : Hohe hacht (747 m) ;
- L’Oesling (Luxembourg) au sud-est : environ 800 km² dont 300 km² de la surface forestière estimée, point culminant : Kneiff avec 560 m.
Et, pour en terminer avec « Ardennes » et « Ardenne », voici encore quelques éléments de réflexion :
« Les Ardennes : ce pluriel n’est pas si inadapté, car les Ardennes sont multiples », selon l’auteur Bernard Chopplet.
Il s’agit, entre autres, des vestiges de l’une de plus anciennes montagnes européennes datant d’un demi-milliard d’années, selon ce spécialiste. Comme le cheval ardennais qui serait probablement de la race la plus ancienne d’Europe occidentale puisqu’il existerait depuis plus de vingt mille années ! Comme les ardoises ardennaises, les plus belles du monde, dont l’exploitation remonterait au XIe siècle. Sans oublier les fouleurs, les tondeurs, les tisseurs, les forgerons, les bûcherons, les drapiers, les « chaircuitiers » ardennais au savoir-faire exceptionnel, selon ce chantre des Ardennes.
En première conclusion à ce chapitre, je peux dire que, dès ma prime enfance, j’ai entendu parler « des » Ardennes : « Passer des vacances dans les Ardennes », « L’autoroute des Ardennes », « Le département des Ardennes », « La Bataille des Ardennes », « Ardennes TV », « Le circuit de Spa-Francorchamps dans les Ardennes… »… et, ma foi, compte tenu de la diversité des contrées de cette vaste région, le pluriel s’impose dans mon esprit.


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Le terme « Ardennes » est abondamment utilisé au cœur de… l’Ardenne (ici, en Ardenne liégeoise).

Le journaliste Jean-Paul Olivier (France 2), lors du passage du Tour de France 2012 en Belgique, corrobora mon ressenti : « Nous sommes dans les Ardennes, que l’on appelle parfois l’Ardenne… »
Mais, en définitive, est-ce là l’essentiel ? Ne s’agit-il pas, plutôt, de partir à la (re)découverte de « Trésors d’Ardennes » ?

Quelques itinéraires ardennais

Entre autres, concernant les « Itinéraires ardennais » proposés de manière attrayante par le Comité Départemental du Tourisme des Ardennes (françaises), ou la Transardennaise (belge), le Sentier Ardenne-Eifel…, je vous signale :

. La Route des fortifications : de la Vallée de la Meuse à la Vallée de la Chiers, en passant par le Plateau de Rocroi, les amoureux de forteresses (re)découvrent un passé parfois tumultueux : Forteresse de Charlemont (élevée par Charles Quint à Givet), Château-fort (le plus grand d’Europe) de Sedan, Rocroi, ville fortifiée en étoile, Ligne Maginot et son dernier fort à l’ouest à Villy-la-Ferté…

Chapitre2 7.JPG. La Route des Légendes de Meuse et de Semoy (Semois) : en plein cœur des Ardennes, voici des légendes de diables, de fées… Le Château du Diable à Roc-la-Tour, les Dames de Meuse à Laifour, les Quatre Fils Aymon à Bogny-sur-Meuse (ainsi qu’à Dinant…), les Rièzes de Rocroi…

 

Chapitre2 8.JPG. La Route Rimbaud-Verlaine : pèlerinage poétique à Charleville (maison familiale, tombe et musée Rimbaud), à Roche et son célèbre lavoir où Rimbaud aurait été inspiré (« Une saison en enfer ») un écrit ajoute : « Sur ces lieux, Rimbaud a espéré, a désespéré et souffert », au lycée de Rethel où Verlaine enseigna, à Juniville et Coulommes, lieux de séjour de Verlaine…

La relation de Rimbaud et de Verlaine n’était pas de tout repos et eut même des répercussions – qui auraient pu être tragiques – jusqu’à Bruxelles, dont voici le début de l’acte de renonciation de poursuites signé par Rimbaud auprès des autorités judiciaires belges :

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Plaque commémorative au 1 rue des Brasseurs entre Grand-Place et Mannekens-Pis à Bruxelles : « Il faut être absolument moderne »
Ici s’élevait l’Hôtel « À la Ville de Courtrai », où, le 10 juillet 1873, Paul Verlaine blessa Arthur Rimbaud d’un coup de revolver…

« Je soussigné Arthur Rimbaud, 19 ans, homme de lettres, demeurant ordinairement à Charleville (Ardennes-France), déclare, pour rendre hommage à la vérité, que le jeudi 10 courant vers 2 heures, au moment où Mr Paul Verlaine, dans la chambre de sa mère, a tiré sur moi un coup de revolver qui m’a blessé légèrement au poignet gauche, Mr Verlaine était dans un tel état d’ivresse qu’il n’avait point conscience de son action… » (voir, aussi, au chapitre ci-après consacré à Rethel : « Verlaine entre sublime et sordide)

. La Route des Forêts, des Lacs et des Abbayes : promenade magique à La Chartreuse du Mont-Dieu, chez les cisterciens d’Élan et Chatel-Chéhéry, chez les bénédictins à l’abbatiale gothique de Mouzon, dans la forêt de Belval…

. La Route des églises fortifiées de Thiérache : au départ de Charleville-Mézières et sur un parcours de 150 kilomètres, entre forêts de Signy-le-Petit et de Signy-l’Abbaye, châteaux, maisons-fortes, églises fortifiées, donjons, meurtrières…

. La Route du Porcien : itinéraire balisé de 110 kilomètres avec paysages champêtres, habitat rural, fermes, maisons à pans de bois, halle en torchis de Wasigny, étrange église baroque d’Asfeld, château à tours à bec de Doumely…

. La Transardennaise : dans les Ardennes belges, 160 kilomètres en huit jours et sept nuits de randonnée (il y a aussi la formule d’ultra-marathon) organisée par Europ’Aventure (www.europaventure.be).

Au menu : dégustations de spécialités du terroir « au pays des bois, de la chasse, des rivières… ».
Au programme, par exemple : La Roche-en-Ardenne, l’Ourthe, Lavacherie, petit village au milieu des forêts, Saint-Hubert, le Fourneau Saint-Michel, Nassogne, Mirwart, la Vallée de la Haute-Lesse, Redu et ses libraires et bouquinistes, Daverdisse, la Vallée de la Lesse, l’Our, la Semois, Bouillon et son imposant château…

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Forêts, randonnées, traditions…

 

 

 

. Le Sentier Ardenne-Eifel : et, pour ceux qui veulent poursuivre cette merveilleuse randonnée, le chemin va jusque Monthermé (France) afin de rejoindre le Sentier Ardenne-Eifel.
Il y a le tronçon Nord (GR15 Nord) : Monschau, Eupen, Spa, Aywaille, Houffalize, Bastogne, Tintange, Martelange de près de 200 kilomètres.
Le tronçon Sud (Sentier de la Semois GR 16) : Arlon (source de la Semois), Etalle, Chiny, Florenville, Bouillon, Vresse-sur-Semois, Sorendal, Monthermé, plus de 200 kilomètres avec possibilité de liaison avec le GR 12 Monthermé-Moulin Manteau (plus de 40 kilomètres).
Sur ce sentier : Roche de l’Ecureuil, Tombeau du Chevalier ou du Géant, Franhan, Rochehaut, le village haut perché…

. La Voie verte Trans-Ardennes : est le lieu rêvé pour les randonnées non motorisées, donc pédestres, cyclables et équestres.
« Cette voie permet de découvrir les charmes des 83 km de balades sans quitter le fil de l’eau, sur un itinéraire continu et sécurisé, de Givet (frontière belge) jusqu’à Charleville-Mézières (Montcy-Notre-Dame).


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Naturellement ensemble !

Dans l’excellent ouvrage « Les Ardennes » (françaises) publié aux Éditions Noires Terres, voici la composition des Ardennes françaises :
- L’Argonne Ardennaise : le pays de l’arbre roi.
- Les Pays Rethélois : Champagne pour l’Ardenne.
- Les Crêtes Préardennaises : horizons éphémères et ravins secrets.
- Le Pays des trois Cantons : les Marches de la Lorraine.
- Le Pays des sources au Val de Bar : dans les pas de saint Roger.
- Le Pays Sedanais : des horizons héroïques.
- Charleville-Mézières et sa région : le Chevalier, le Prince et le Poète.
- Rièzes et Sarts, Thiérache : le Pays du plateau.
- Vallées de la Meuse et de la Semoy : fer, schiste et forêt…

Une autre information mérite d’être signalée, c’est celle qui fait état d’autres ouvrages des Éditions Noires Terres sur Google avec 1 000 photos (remarquables) des « Ardennes vues du ciel » : grands sites et petits villages, vallées de la Meuse et de l’Aisne, harmonies des couleurs, ruines et collines sculptées, rochers et forêts, églises et fontaines, châteaux et cours d’eaux sinueux…

La Semois ou Semoy mystérieuse

La Semois en Belgique ou la Semoy en France est une rivière typiquement ardennaise, longue de 210 kilomètres, très abondante, qui après avoir quitté Arlon se dirige vers la Gaume et les Ardennes pour se jeter dans la Meuse à Monthermé après avoir fait son entrée du côté des Hautes-Rivières.

 

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La source de la Semois à Arlon et son entrée dans l’Hexagone.

Sous le titre « L’énigmatique Semois bénie des dieux » (« Belgique Mystérieuse » aux Éditions Jourdan), j’avais abordé la symbolique et l’histoire de ce cours d’eau charmant. En voici quelques extraits :

« La source de la Semois était visiblement vénérée par nos Ancêtres, au point qu’un monument à Apollon (dieu de la Beauté, de la Lumière et des Arts) y aurait été érigé, alors qu’à l’heure actuelle les deux bassins sont séparés par le moulage d’une statue romaine montrant un voyageur se désaltérant à ladite source.
Arlon n’a pas la seule particularité qu’un cours d’eau prenne sa source intra-muros, elle possède, aussi, un musée exceptionnel, probablement le plus beau musée gallo-romain d’Europe.

Carrefour entre les cultures germanique et latine comme l’attestent de nombreux vestiges découverts dans le sous-sol de l’antique cité romaine et de ses environs.
Pour ce faire, il est indispensable de se rendre au Musée Luxembourgeois d’archéologie situé non loin de la source de la Semois, comme si celle-ci était bénie des nombreux dieux et déesses qui ont été immortalisés dans la pierre.

Alors, là, c’est à un saisissant parcours dans le monde gallo-romain auquel le visiteur est convié. Un voyage à travers la vie au quotidien, dont on distingue l’ingénieuse machine agricole baptisée « la moissonneuse des Trévires », mais, aussi, des soldats romains, des voyageurs, un philosophe barbu portant ses rouleaux de papyrus et symbolisant la béatitude éternelle dans l’Autre Monde, un couple en promenade, une danseuse bien en chair, des marchands et leurs échoppes, un tisserand dans son atelier, des agriculteurs, l’instituteur tenant une férule avec laquelle il frappait la main des écoliers indisciplinés, le buveur d’eau de la Semois, et, déjà, un percepteur des contributions à l’œuvre !

Les mythes et les légendes ne sont pas en reste dans ce musée lapidaire unique, puisque les figures les plus marquantes de la mythologie (grecque, égyptienne, celte, romaine, indienne, biblique...) représentent, à des titres divers, les relations humaines.
À Arlon, des dieux, des déesses, des animaux..., nous le rappellent : Vulcain, dieu des Arts du feu, Diane, Hercule, dieu de l’Agriculture, du Négoce et des Armées, Neptune, dieu des Eaux, Minerve, déesse casquée, un satyre, une louve, Epona, déesse gauloise et protectrice des cavaliers, des chevaux et des écuries… »

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La Semois avant d’entrer en France.

Les vieilles pierres

« La Cartes des Villages de France » est un sympathique site web (villagesdefrance.free.fr) qui permet, entre autres, « d’aller à la rencontre de ces beaux villages et de déchiffrer la mémoire de leurs vieilles pierres », région par région (vingt-deux au total), département par département.
Pour les Ardennes, voici quelques brefs légendes de photos concernant plusieurs villages dont il est aussi question dans « Le guide alphabétique » ci-après :

. Château Regnault : « Un joli site enserré dans les méandres de la Meuse… »
. Hargnies : « Les rues aimablement fleuries… »
. Vireux Molhain : « L’église (1722) réserve une surprise d’importance : une parure complète et un mobilier en chêne blond d’époque… »
. Signy l’Abbaye : « Ce gros bourg semble flotter entre l’eau et la terre, le long d’une forêt touffue. Le village ressemble à une petite Venise… »
. Omont : « Haut-lieu féodal… »
. Hierges : « Situation pittoresque dans les Vallées du Viroin et de la Meuse… »
. Rocroi : « Cette belle cité possède une histoire des plus mouvementées… »
. Monthermé : « Ce village pittoresque et touristique tire son nom du moine Ermel (Mont Ermel) qui y vivait au VIIe siècle… »


Les Ardennes brabançonnes

Le terme « Ardenne(s) » est encore usité dans d’autres cas. En voici deux aperçus avec les « Ardennes brabançonnes » et l’« Ardenne Bleue ».
Wavre est la capitale du Brabant wallon, entre capitales de la Belgique (Bruxelles) et de la Wallonie (Namur), et celle des Ardennes brabançonnes.
Il s’agit surtout de « Tourisme vert », de vieilles pierres, de patrimoine culturel et architectural sous la forme de châteaux, bâtiments religieux, musées… à Chaumont-Gistoux, Grez-Doiceau, Rixensart, Ottignies, Louvain-la-Neuve, Wavre…

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Wavre est la capitale du Brabant wallon et des Ardennes brabançonnes.

J’ai relevé une bonne centaine de lieux et de sites dans la liste dressée par la Maison du Tourisme des Ardennes brabançonnes ! Je vous propose d’en extraire quelques exemples :

À Chaumont-Gistoux : Musée de l’Horlogerie, l’église Saint-Bavon, l’église Saint-Jean-Baptiste et la maison communale (à Gistoux), la sculpture « La Marelle », le Château Jamar (XIXe Siècle et arbres remarquables), le château d’eau (Art Déco), le site archéologique des Bruyères (époque du néolithique moyen), le menhir « Le Cheval de Goffe » datant de 5 000 ans (à Chaumont), la Roseraie environnementale, la Réserve naturelle de la Champtaine…

À Louvain-la-Neuve : Musée Hergé (Tintin, Milou et Cie à Ottignies-Louvain-la-Neuve), Musée de Louvain-la-Neuve (collections permanentes consacrées aux cinq continents, art contemporain…), Musée du Sport et de la BD, Ferme du Biéreau (XIIe siècle)…

À Rixensart : Château (l’une des plus belles demeures de Belgique), Musée du Tir à l’arc (Mémoire d’un sport national !), Musée du Vélo de course, terrain interactif ludique pour tous…

Le « Grand Tour » : procession de vénération en compagnie d’une châsse (130 kilos), « Mémoire collective » de la province du Roman Païs…, dont l’itinéraire passe par de nombreuses chapelles (Saint-Jacques, Saint-Job, Notre-Dame du Rosaire, de Lourdes, Sainte-Anne, du Wastia, Saint-Joseph…).
La châsse contient des dizaines de reliques : fragment de la Sainte Croix, souvenirs de la Vierge, de sa mère, sainte Anne, de saint Jean-Baptiste, du curé d’Ars, de saint François d’Assise, de Mère Teresa.
Quant au Wastia, il s’agit d’un grand pain béni découpé et distribué à chaque pèlerin : il est réputé pour prévenir de diverses maladies, paraît-il.

À Longueville : ancienne école communale, chapelle d’Arnelle, Ferme d’Arnelle (vestiges historiques du mégalithique), chapelle du Chêneau (située sur le point le plus élevé du Brabant), église Notre-Dame de la Visitation (tour du XIIIe siècle)…

À Wavre : Musée de la Vie locale (le quotidien aux XIXe et XXe siècles), le Musée historique et archéologique (préhistoire, période gallo-romaine, Moyen Âge…), la basilique Notre-Dame (ancienne chapelle « libre » du XIe siècle, lieu de pèlerinage depuis cinq siècles…), la Ferme des Templiers (exploitation agricole datant de 1140, domaine templier jusqu’en 1312, puis propriété des Chevaliers de Malte…)

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L’art dans la rue à Wavre.

L’Hôtel de Ville de Wavre est situé dans l’ancien couvent des Carmes Chaussés.
Carmes Chaussés ?
L’Ordre du Carmel est un ordre religieux catholique. Carmes pour les hommes, Carmélites pour les femmes.
Les « Carmes Chaussés » ou « Grands Carmes » ne vivent pas cloîtrés.


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L’ancien couvent des Carmes Chaussés.

Les « Carmes Chaussés » est un terme attribué aux Carmes qui n’ont pas accepté la réforme qui débuta en Espagne par sainte Thérèse d’Avila et saint Jean de la Croix (XVIe siècle). Les Carmes de sainte Thérèse furent appelés « Déchaussés » à cause de leur volonté de suivre une vie plus conforme à la Règle ancienne du Patriarche Albert, marquée par un fort esprit de pauvreté et de pénitence (Source : Pères Carmes Déchaussés de Bruxelles).

 Au pied de l’Hôtel de Ville se trouve la statue du « Maca ». On voit le jeune espiègle qui tente d’escalader le muret du perron municipal.
Cette sculpture est l’œuvre de Jean Godart et fut réalisée en 1962.
« Le « Maca » incarne l’esprit primesautier et moqueur des Wavriens dont il est le surnom. »

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Le « Maca ».

Il symboliserait également le premier bourgeois de la cité qui reçut la charte de franchises du Duc de Brabant au début du XIIIe siècle.

Il existe une tradition, voire une superstition, à son égard : celui ou celle qui caresse ses fesses serait assuré de vivre une année chanceuse.

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 Traditions et superstitions à Bruxelles et Saint-Denis, comme à Wavre !

Comme celui ou celle qui caresse certaines parties du monument t’Serclaes situé près de l’Hôtel de Ville de Bruxelles ou la généreuse poitrine de Marie-Antoinette d’Autriche, l’épouse de Louis XVI, roi de France, à la Basilique Saint-Denis près de Paris…

« Maca » est aussi le nom donné aux habitants de la ville, du moins ceux nés à Wavre de parents également nés dans la capitale du Brabant wallon et des Ardennes brabançonnes !
Et encore…

L’Espace muséal Toison d’or (vingt et un siècles d’Histoire de l’Europe du Nord-Ouest) à Rosières-Saint-André, le Musée de l’Eau et de la Fontaine à Genval, les châteaux de Vieusart, de Céroux-Mousty et d’Ottignies, le château-ferme de Corroy-le-Grand où une séquence du film « Rien à déclarer » de Dany Boon avec Benoit Poelvoorde y fut tournée, les églises de Dion-Valmont, Corroy-le-Grand, Dion-le-Val, Bonlez, Vieusart, Céroux-Mousty, Limelette (gisant gothique), la Ferme Wieme (XIe siècle) de Dion-le-Mont, la Ferme de l’Herbe (fournil du XVIIIe siècle) à Bonlez, la gare du vicinal à Corroy-le-Grand, la Ferme du Douaire (XVIIIe siècle) et le Bois des Justes (plus de 1 700 arbres sur cinq hectares) à Ottignies, Tour et ferme de Moriensart (XIIIe siècle) à Céroux-Mousty…

Et, comme le signale « La Wallonie des Saveurs », « les Ardennes brabançonnes, c’est aussi un terroir riche de produits de bouche, fruits de la passion des artisans locaux fidèles aux traditions et aux savoirs d’autrefois. »
À ce sujet, la « Confrérie du Stofé » s’intéresse spécifiquement à la « tarte au Stofé », une spécialité à base de fromage blanc.

L’Ardenne Bleue

Il s’agit du Pays de Vesdre, du Pays des Sources, du Pays de Herve et des Cantons de l’Est.
Ici, il est principalement question de mettre en valeur le « Pays du vélo » (www.ardennebleueavelo.be) dans des paysages superbes où prédominent l’eau et ses rus, rivières, lacs, sources, cascades…, une eau considérée comme l’« Or bleu ». Mais, il y a, aussi, le bleu comme le ciel pur des Fagnes et la gastronomie !

Au Pays de Vesdre, Soiron est catalogué comme l’un des plus beaux villages de Wallonie : niché dans un écrin de verdure, dominé par un château magnifique, il propose un séchoir à chardons, un lavoir, d’anciennes maisons, l’église Saint-Roch réputée pour ses splendides boiseries et ses fonts baptismaux du XIIe siècle…
« De succulentes découvertes » titre « La Wallonie des Saveurs » concernant le Pays des Sources : il y en a pour tous les goûts ! Du sucré au salé, bière ou fromage, chocolats ou jus de fruits…, les produits de terroir sont d’une grande richesse gastronomique. Et, de citer : bières Bobeline blondes, brunes ou ambrées, vins aromatisés aux fleurs et fruits comme la Rosée de Spa et la Fleur de Franchimont, pâté aux myrtilles ou aux airelles…

Au Pays de Herve, le « Herve » est le seul fromage belge possédant l’Appellation d’origine protégée (A.O.P.). « La Wallonie des Saveurs » spécifie : « C’est un fromage au lait de vache à pâte molle et à croûte lavée au fumet caractéristique. Ce fromage, doux ou piquant, se déguste simplement avec une tartine beurrée ou garnie de sirop de pommes et de poires, une autre spécialité du plateau que les fermiers du Pays de Herve ont commencé à fabriquer dès le XVIIe siècle. Le sirop, c’est l’or noir du Pays de Herve !
Et puis, il y a un patrimoine exceptionnel : châteaux, traditions et folklore (la Foire aux noix d’Henri-Chapelle), processions ancestrales (à Herve, par exemple), Clermont-sur-Berwinne, village cher aux pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
De passage lors de ma pérégrination compostellane, j’ai écrit ces quelques lignes (« Long est le Chemin de Compostelle » aux Éditions Dédale) :

« La Route Charlemagne.

Dans ce pays des Trois Frontières (Belgique, Pays-Bas et Allemagne), on dénombre vingt-huit châteaux. (…)
Je traverse et retraverse La Gueule qui serpente dans le coin, pour arriver à la Route Charlemagne après avoir emprunté celle des Châteaux et avant de parcourir celle des Vergers.
L’imposant viaduc au-dessus de Moresnet est une injure à la nature. On lui préfère certainement le calvaire de quatorze stations monumentales.
À Lontzen-Busch, ô miracle, la charmante petite église est accessible.
Je caresse la coquille d’un saint Jacques sculpté dans le bois du tabernacle. Au loin, j’aperçois un clocher qui ressemble fort à un casque à pointe de 1914-18. Je dévie de mon itinéraire pour aller jeter un coup d’œil à cette bizarrerie. C’est l’église de Lontzen à l’intérieur de laquelle je découvre des Indiens d’Amérique du Nord emplumés, peints au plafond. Étrange.
Je poursuis vers Liège et, nouvelle heureuse bifurcation, pour me rendre à Clermont. Encore un coup de foudre.
Ce superbe village qui respire la quiétude, possède une église Saint-Jacques (1632) dans laquelle se trouve une relique de l’apôtre, un bâtiment officiel au pèlerin délicatement ciselé dans la pierre, une jolie place avec fontaine. (…)
Selon des historiens, les Seigneurs de Clermont-sur-Berwinne possédaient des droits de justice. Pour authentifier leurs actes, ils utilisaient des sceaux à l’effigie de saint Jacques. Le plus ancien exemplaire qui nous est connu date de 1571 et présente le saint en habits de pèlerin, le bourdon à la main gauche alors que la panetière est accrochée à son côté droit.
C’est lui qui est reproduit dans la pierre du campanile dressé sur la charmante petite place de la cité agréablement fleurie dès le printemps.

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Saint Jacques sculpté à Clermont-sur-Berwinne.

Quant à l’église, outre le médaillon-reliquaire de saint Jacques placé sous sa statue, face à celui de saint Jean, nous pouvons aussi y découvrir le retable de l’autel majeur (1730), un buste de l’apôtre Jacques sculpté dans la chaire de vérité (1764), une dalle funéraire sous laquelle repose Thiry de Couves, bourgmestre de la localité, décédé en 1534, et qui comporte plusieurs signes compostellans, souvenirs d’une probable pérégrination à Santiago de Compostela.

Mais il est temps de partir et de remonter vers la route. Celle qui mène à l’église classée Saint-Georges d’Henri-Chapelle.
Une poutre de bois traverse tout son chœur et contient le Christ entouré des douze apôtres. Une statue de saint Roch, ses coquilles et le chien, se trouvent dans le fond de l’église. (…) »

Pour les Cantons de l’Est, les qualificatifs ne manquent pas : « Étonnamment grands ! », « Terre de randonnées », « Pays de découvertes »…
Il y a, aussi, le somptueux château de Burg-Reuland, le Musée de la Poterie de Raeren, situé dans un château fort entouré de douves, le Musée du chocolat à Eupen, le Malmundarium, centre culturel et touristique interactif installé dans un ancien monastère de Malmedy…

Le Parc Naturel des Deux Ourthes

L’Ourthe occidentale prend sa source dans la commune de Gouvy et file vers Houffalize, l’Ourthe orientale salue Sainte-Ode et Bertogne, pour rejoindre la première vers le site du Hérou, puis, la rivière s’en va vers La Roche-en-Ardenne…

Au cœur des Ardennes, il y a le Parc Naturel des Deux Ourthes (76 000 hectares, 21 000 habitants) avec de nombreuses promenades dont une passe par Journal (« jornal », en ancien français, était une mesure de terre labourable en une journée à l’aide d’un cheval), Mierchamps et ses murs en pierre sèche, Erneuville, Wyompont et leur passé romain…


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Bac à eau de Journal.

 

Six communes sont partenaires de ce parc : Bertogne, Gouvy, Houffalize, La Roche-en-Ardenne, Sainte-Ode et Tenneville.

« La finalité du Parc Naturel consiste à trouver le meilleur équilibre entre la protection de l’environnement et du cadre de vie et le développement et la valorisation des ressources locales, au bénéfice de toute une région », explique-t-on à Millenium.

Et, de partager ce superbe territoire en cinq zones spécifiques :

. Au nord : les Fagnes, le plateau des Tailles, des tourbières…
. Au centre : le site du Hérou au confluent de l’Ourthe Orientale et de l’Ourthe Occidentale, naissance de la Vallée de l’Ourthe, des martins-pêcheurs, cincles plongeurs (passereaux)…
. Vers l’ouest : importants massifs forestiers feuillus, des cerfs, sangliers, chevreuils…
. À l’est : sources de l’Ourthe Orientale, nourrissage des cigognes noires…
. Vers le sud : vallées et vallons autour de l’Ourthe Occidentale, paysages magnifiques…

Le Parc Naturel de Haute-Sûre et de la Forêt d’Anlier

Le Parc Naturel de la Haute-Sûre et de la Forêt d’Anlier possède son lot de légendes, de patrimoine, de Nature : des forges à Habay-la-Neuve et Mellier, d’anciennes ardoisières à Warmifontaine et Martelange, le Château du Pont d’Oye, la Vallée du Lac de Neufchâteau, la « Fontaine aux poissons », une œuvre de Jean-Michel Folon qui se voit au Moulin Klepper, les « Bonhommes de bois » à Lahérie, l’église et la ferme (hôpital au Moyen Âge puis ancien couvent des Récollets) d’Hamipré, une forêt d’Anlier immense (7 000 hectares) qui accueille la cigogne noire et, ce qui ne déplaît pas aux « sorciers et sorcières » (!), la renouée bistorte.

Dans les traditions populaires, il se dit que ses feuilles écrasées auraient des vertus hémostatiques et vulnéraires, les rhizomes utilisés en cas d’aphtes, d’angines et de gingivites, la poudre de racines pour arrêter les saignements, sans parler d’une éventuelle action anti-inflammatoire…

Le Pays des Vallées

Le Pays des Vallées est un vaste territoire divisé en sept « entités » bien spécifiques (www.paysdesvallees.be), certaines font partie intégrante des Ardennes :
- Les Vallées de Forteresses et de Châteaux : Dinant, Hastière, Onhaye et Yvoir.
- Les Vallées des Découvertes : Gembloux, Jemeppe-sur-Sambre, Sambreville et Sombreffe.
- Les Vallées d’Art et de Traditions : Namur, Andenne, Assesse, Fernelmont, Floreffe, Fosses-la-Ville, Gesves, La Bruyère, Ohey et Profondville.
- Les Vallées de l’Ardenne Namuroise : Bièvre, Gedinne, Vresse-sur-Semois.
- Les Vallées des Saveurs : Ciney (là où est né le Blanc-Bleu-Belge), Hamois, Havelange, Somme-Leuze.
- Les Vallées des Eaux Vives : Couvin, Cerfontaine, Doische, Florennes, Philippeville, Viroinval et Walcourt.
- Le Val de Lesse : Beauraing, Houyet et Rochefort.

Le Parc Naturel des Hautes Fagnes

Le Parc Naturel des Hautes Fagnes (www.botrange.be) est une vaste (72 000 hectares) et splendide région avec deux points culminants : Botrange (694 m) et la Baraque Michel (672 m). Le paysage est principalement composé de tourbières et de landes.

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La bruyère chère aux Ardennais.


Enfant, j’y ai cueilli de la bruyère lors de promenades inoubliables, aujourd’hui, on y visite le Centre Nature de Botrange (c’est la Maison du Parc Naturel des Hautes Fagnes-Eifel), point de départ de balades par le Sentier des tourbières. Il y a, aussi, des promenades thématiques (eau, flore, faune, légendes, histoire…), un char-à-banc (style « Chariot de l’Ouest »), une descente en trottinette (vallée du Bayehon…)

Puis, c’est la Fagne wallonne, les onze stations didactiques sur le thème du « Bois mort qui donne la vie », par exemple, la Croix des Russes érigée en mémoire de prisonniers soviétiques lors de la Seconde Guerre mondiale, le Pont (en bois) de la Helle, l’étang du Schwarzbach (Ruisseau Noir)…
Et, comme le lecteur le découvrira dans le chapitre « Le guide alphabétique » ci-après, il existe d’autres parcs naturels, d’autres chemins de randonnées, d’autres « Routes ardennaises », d’autres sentiers et « pays » ardennais…, mais, dans le présent chapitre, il s’agissait avant tout de lui donner un avant-goût, une sorte d’apéritif avant le plat de résistance, si j’ose dire !

Mourir pour renaître

Chapitre2 23.jpgNéanmoins, parmi eux, il est une démarche qui m’est chère : la pérégrination compostellane. En d’autres termes, le Chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
À dire vrai, il y a autant de chemins que de pèlerins (ou randonneurs, ou marcheurs, ou cavaliers, ou joggeurs…) puisque, pour chacun, la pérégrination débute au sortir de sa demeure pour s’en aller en Galice, d’une traite ou en plusieurs étapes fractionnées sur plusieurs années.
De manière « officielle », il y a quatre itinéraires dont les points de départ sont Paris, Vézelay, Arles et Le Puy-en-Velay (en l’an 950, le premier pèlerinage vers compostelle fut organisé à partir de cette ville), avec passage au Col de Roncevaux ou celui du Somport, avant d’emprunter le Camino francès (quelque 800 kilomètres en terres espagnoles). On y ajoute, aussi, un itinéraire à partir de Wissant (ou ses environs) ou Boulogne et qui longe la Manche puis l’Atlantique jusqu’aux Pyrénées.
Pour ma part, avant de m’élancer (deux tiers en marchant et un tiers en joggant, avec, bien entendu, de longues haltes pour le repos et diverses visites) sur le Camino francès depuis Roncevaux, le trajet de ralliement étant effectué depuis Le Puy-en-Velay, j’ai couvert les quatre itinéraires traversant le Nord européen proposés par l’Association belge des Amis de Saint-Jacques-de-Compostelle, dont je devins membre et en suscitant même l’idée de son sigle reprenant la coquille et deux bâtons, emblème lié à la parution de mon tout premier ouvrage « Long est le Chemin de Compostelle », paru en 1990 :
. Itinéraire A : Maastricht (Pays-Bas), Tongres, Saint-Trond, Halle, Jodoigne, Nivelles, Binche, Rouveroy, Vieux-Reng (France).
. Itinéraire B : Louvain (Belgique), Bruxelles, Tubize, Soignies, Mons, Quiévrain, Valenciennes (France).
. Itinéraire C : Aix-la-Chapelle (Allemagne), Clermont, Liège, Huy, Andenne, Namur, Dinant, Givet (France).
. Itinéraire D : Aardenburg (Pays-Bas), Damme, Bruges, Roulers, Menin, Halluin (France).
Au total, j’ai marché ou joggé 2 031 kilomètres, dont une centaine de kilomètres en Bourgogne sur les traces des Compagnons-Bâtisseurs décrits par l’auteur Henri Vincenot et autant de bornes au Pays Cathare, tous des lieux empruntés par des jacquaires, bien sûr.

Une démarche strictement personnelle

Par quelques questions (basiques), voici les enseignements que j’ai retirés de cette démarche :

- Qu’est-ce qui fait marcher autant d’hommes et de femmes, d’adolescents et de personnes âgées, de riches et de pauvres, de pensionnés et d’actifs, de sportifs et de sédentaires - qui forcément ne le sont plus ! -, de cadres et d’ouvriers, de croyants et de non-croyants, depuis plus de mille ans ?
- Pourquoi ce chemin attire-t-il les foules, pareil à un gigantesque aimant qui aurait des effets magnétiques jusque dans les contrées les plus lointaines d’Europe et, parfois, jusque dans d’autres continents ?
- Que s’est-il donc passé chez ces pèlerins pour se dire transformés au point de vivre une autre existence ?
- Qui sont ces gens qui, à l’heure de la conquête spatiale, de la technologie poussée à l’extrême, de la mondialisation et du confort le plus sophistiqué - pour diverses populations -, s’en vont mettre les pieds dans ceux de Charlemagne ?
- S’agit-il toujours de réaliser ce pèlerinage comme un acte de foi ou d’accomplir un vœu suite à un souhait réalisé ou à une guérison obtenue ?


Sans entrer dans de nombreux détails chiffrés, certaines statistiques avancent le nombre de 70% de pèlerins marcheurs, pour 18% de cyclistes et, les 12% qui restent se répartissent en cavaliers, joggeurs et même aérostiers. Les étudiants sont les plus nombreux (50%) à arpenter le Chemin, suivis par les enseignants (12%), les pensionnés (5,6%) et les religieux (5%).

Au-delà de l’aspect religieux - qui n’est pas forcément obligatoire, certains, à mon instar, ont fait Compostelle dans un but culturel, de travail sur soi, de quête spirituelle... -, le chemin recèle un patrimoine de très haute valeur. Ainsi, j’y ai découvert un passé riche de mégalithes, souterrains insolites, puits et sources à l’eau lustrale, d’alignements astronomiques, de Nombres, de géographie mystique, de hauts lieux, de vieilles légendes et de faits historiques avérés, où l’on retrouve des Celtes, Croisés, Templiers, Cathares, francs-maçons, compagnons (en 2004, le Compagnonnage s’est enfin ouvert aux femmes), mais, aussi, des moines, martyrs, mages, ermites, sages..., avec, principalement, ce même et unique fil conducteur qu’est le sacré.
Se pencher sur les multiples mystères qui régissent l’univers, les hommes et les choses, fait partie des grandes interrogations existentielles. Au risque de me répéter, une formation cartésienne et rationnelle n’empêche pas, selon moi, de se laisser appréhender par différents aspects du sacré, de l’ésotérisme (entrer à l’intérieur même du réel) et de la tradition.
La science et la quête du sacré ne sont pas incompatibles, « ce sont deux notions complémentaires, la terre et le ciel », selon Théodore Monod.

Selon de récentes statistiques, on est frappé de constater combien les lieux forts gardent un réel succès de foule, alors que la pratique religieuse est en baisse.

J’ai constaté au moins une chose : de tous les lieux sacrés en péril, le Chemin de Compostelle est probablement celui qui fait l’objet du plus d’attention de la part des autorités, au point que le Conseil de l’Europe en fit un officiel « Itinéraire culturel » (en 1987) et l’UNESCO un « Patrimoine de l’Humanité » (en 1993).


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Certains tronçons des itinéraires compostellans passent par les Ardennes : Gedinne, Vresse, Givet…

Alors, sur un plan strictement personnel, je peux dire que faire le Chemin de Compostelle, ce n’est pas seulement découvrir un itinéraire composé de merveilles architecturales, de paysages bucoliques, et de plonger dans un riche passé historique, religieux ou ésotérique, c’est aussi un très rude parcours qui recèle des passages arides où la grande solitude vous envahit, descend graduellement dans votre cœur.
C’est le temps de la réflexion, des mises au point intérieures, des bilans personnels, parfois des bonnes résolutions. La démarche compostellane peut se révéler un déclencheur initiatique ou une étape dans un cheminement personnel, une sorte d’éveil.

Un grand charme

Et, pour en revenir aux Ardennes, Marcellin La Garde, leur chantre au milieu du XIXe siècle, écrivait ces lignes merveilleuses, que je partage totalement en cet ouvrage :

« Est-il un plus grand charme, - quand on se trouve en présence d’un beau paysage, - que d’entendre le récit des faits qu’il a vus s’accomplir, et qui viennent mêler le riant ou le fantastique, le gracieux ou le terrible à la poésie naturelle de la scène ? »


(*) Au fil des jours, vous pourrez me suivre dans quelque 140 lieux légendaires ou historiques français, belges, luxembourgeois et allemands, repris de mon ouvrage et de mes émissions « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées » (Éditions Jourdan, RTBF, TV5 Monde, Fréquence Terre-Radio France Internationale) sur le blog spécifique :
http://ardennesmysterieusesinsolitesetsacrees.skynetblogs.be/

Et, chaque semaine, en radio avec une soixantaine de sites ardennais français dans l’émission « Nature sans Frontières » sur « Fréquence Terre-RFI » : http://www.frequenceterre.com/

 

 

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